FKA Twigs: « Magdalene »

.Cela fait maintenant trois ans que Tahliah Debrett Barnettavait disparu du monde de la musique hormis le « single »  « Good To Love » paru en février 2016 qui fut le dernier signe musical de celle qui se fait appeler FKA Twigs. Depuis son premier album LP1 et à l’occasion du festival We Love Green, on a retrouvé l’anglaise sur scène où elle présenta quelques nouveaux titres, annonciateurs de ce second album : Magdalene.
« 
Cellophane », premier « single » extrait de ce nouveau disque, avait déjà été dévoilé et il s’agit d’une superbe et délicate plage où, accompagnée ‘un piano minimal et d’un beat, elle déploie sa voix sur différentes variations. Osée et éblouissante , c’est aussi une ode enivrante à l’amour. Celle-ci vient clôturer cet opus tant attendu. FKA Twigs avait auparavant travaillé avec Arca, mais cette fois c’est Nicolas Jaar qui s’est collé à la production. Ce choix n’est guère étonnant quand on connait les productions du DJ Chilien. Celui-ci aime déstructurer et casser les rythmes. Et tout cela ne pouvait que parfaitement coller avec l’univers de l’anglaise.
« 
Thousand Eyes » inaugurera l’album en adressant une envolée sonore prodigieuse sur laquelle se pose la voix quasi religieuse de Tahliah Debrett Barnett. « Home With You « qui lui emboîte le pas s’apparenterait par contre davantage à une Lana Del Rey possédée, alors que pour « Sad Day » la vocaliste chante d’une voix fluette et plus posée sur une montée progressive synthétique et va se finalement perdre dans un tourbillon de beats.

Vous l’avez donc compris le monde musical de FKA Twigs est riche et varié. Celle-ci reste terriblement mystérieuse et multi-facettes, aussi bien musicalement que visuellement. Si la pochette de LP1 était un dessin de l’artiste, cette fois c’est une peinture presque Lynchienne qui vient orner celle de Mmagdalene. A l’exception du très dispensable « Holy Terrain », l’album est une vraie réussite. La voix quasi religieuse d’auparavant, trouve sa place dans le logiciel de FKA Twigs fait de religion ou tout au moins une croyance qu’elle soit occulte ou ésotérique. « Mary Magdalene » en est une illustration. Son intro résonne de sons de harpe et de xylophone qui rappellent immédiatement Björk, avant de s’enfoncer dans des ténèbres où les beats percutants de Nicolas Jaar trouvent une place de choix. Continuant sur sa lancée l’anglaise entonne un « Fallen Alien » renversant. Magdalene singularisera un certain répit avec « Day Bed » et « Cellophane », calmant là un peu tous ces éléments malaxés de façon très désynchronisée depuis le début du disque.
FKA Twigs signe un retour brillant. La désormais trentenaire n’a pas simplifié les choses avec ce second essai qui au final est probablement un cran au-dessus du déjà très réussi
LP1, une gageure dont peu peuvent s’enorgueillir.

***1/2

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