L.A. Salami : »Walkabout »

Bienvenue dans la tête de Papalious Stokely. Ce personnage désabusé — un hétéronyme cousu et enfilé il y a longtemps par L.A. Salami lui-même pour se cacher derrière sa fiction — est en effet au cœur de Walkabout, un microalbum sous la forme d’une dissertation en sept parties du subconscient sur la vie, la mort, le temps et la déchéance. Dans une grande ville sans nom de ce monde où la joie est une vraie rareté, Papalious erre, attentif au particulier comme à l’universel.

Comme d’habitude, L.A. Salami frappe fort et bien : ces courtes séquences en spoken word sur une trame expérimentale aux motifs répétés (jazz, blues, rap) forment une poésie noire extrêmement dense, éloquente et perspicace. Divertissante, même. Arriver à traduire ainsi l’absurde et l’amertume de notre époque en un rire jaune, alors qu’on pourrait très bien pleurer, témoigne d’un talent certainement unique.

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