Japanese Wallpaper: « Glow »

ll y a beaucoup de bonne musique pop en ce moment mais il se trouve que presque rien de ce qui sort n’a le privilège d’être diffusé sur les radios commercieles. Il faut donc regarder plus loin pour en dénicher de véritables joyaux. Mais si on regarde assez loin, on ne pourra pas ne pas tomber sur cette petite merveille australienne.

Pour les non-initiés, Japanese Wallpaper est essentiellement un jeune homme, Gabriel Strum. Son premier album, Glow, nous introduit une dream-pop décalée, accrocheuse et aérienne, bien qu’un peu plus langoureuse parfois en matière de ton (« Ready/Waiting », « Cocoon »). Mais c’est cette juxtaposition qui va donner à ce disque une ambiance dynamique et multidimensionnelle.

Le disque sera pourtant à son meilleur lorsqu’il évoluera en mode up-tempo (« Caving In », « Imaginary Friends »). Dans ces moments-là, l’album ne peut que nous faire sourire intérieurement et vous rendre heureux d’être en vie. Dans ses moments les plus sombres, il berce l’auditeur dans une rêverie douce et mélancolique, en particulier la chanson-titre, qui clôt également les débats.

Des groupes comme celui-ci prouvent qu’entre de bonnes mains, la musique pop peut être intéressante et immersive et nous prodiguer des moments de grâce qui restent avec et en nous pour de longs moments après que les dernières notes se soient évaporées.

Dans un monde parfait, c’est ce qui serait en rotation rapide sur les radios grand public du monde entier.

***1/2

Cigarettes After Sex: « Cry »

Le groupe de pop ambient américain Cigarettes After Sex a une façon très simple de faire les choses. Leur EP de 2017 était éponyme, et cette parution s’intitule Cry – un mot chargé du poids de tous nos sentiments;bref, rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît avec Cigarettes After Sex.

Le premier disque avait eu l’avantage de la nouveauté saisissante, Cry, luiest plus doux et plus vulnérable, mais cela ne veut pas dire que le sensuel n’est pas là. La musique a été composée en 2017, peu après la sortie de Cigarettes After Sex. Le leader et fondateur Greg Gonzalez, le batteur Jacob Tomsky et le bassiste Randy Miller ont décampé à Majorque, et à l’intérieur d’un manoir, ont laissé le rythme de l’île espagnole guider leurs premières sessions. Les paroles, cependant, n’ont été écrites par Gonzales que quelques années plus tard, renforcées par un nouvel amour. Avec des guitares qui traînent derrière un écho très faible voire faiblard et la voix de Gonzalez que l’on sent dans le creux de l’estomac, Cry est un album qui ne peut être pris au pied de la lettre.

Le morceau d’ouverture « Don’t Let Me Go » est empreint d’une différence et d’une réciprocité, les premiers soubresauts de la guitare de Gonzalez évoquant le Floating Into the Night de Julee Cruise. « Viens à moi maintenant, ne me laisse pas partir, reste à mes côtés », chante doucement Gonzalez dans son inimitable chant satiné. Mais les choses deviennent un peu plus complexes. En entrant dans « You’re the Only Good Thing in My Life », on s’attend à une chanson d’amour poétique, mais on obtient un morceau profondément sensuel qui peint une belle image physique de l’amour. Tout est très imagiste avec Gonzalez – il écrit en images parce qu’il se sent en images, créant de belles vignettes des banalités d’être avec quelqu’un aimé.

Pendant ce temps, « Hentai » parle de « faire l’amour », pas de baiser, et la voix de Gonzalez chuchote que penser à lui peut être dangereux, voire mortifère. De la même manière, « Touch » n’est pas d’une sensualité béate mais se montre déchirant, au point de toucher un accord viscéral qui fait pleurer. Pleurer fera pleurer, parce que Gonzalez sait ce qu’il fait. Cry est cathartique et époustouflant, il éveillera vos sens et ceci est à ne pas manquer.

***1/2

Land Of Light: « The World Lies Breathing »

En 2012, Jonny Nash et Kyle Martin sortaient un incroyable album sous le pseudonyme de Land Of Light. L’opus randait hommage aux classiques de Cafe Del Mar par Vangelis, Eric Serra et Double / Dancing Fantasy – avec les valeurs de production d’une opulente session où figurait le Bryan Ferry des années 80. Peindre des images sonores d’endroits comme l’île des Larmes et l’avant-poste de Bell Rock. Sa suite, The World Lies Breathing, est maintenant disponible.

Au cours des sept dernières années, le monde a respiré et bougé, tout comme Jonny et Kyle. Ce nouveau registre reflète les changements d’approche, d’instrumentation, d’intérêts et d’expérience. Au lieu de nocturnes et d’hommages aux partitions de films d’art et d’essai et aux communications innovantes, leur collaboration réactivée s’aligne davantage sur le minimalisme hyperréaliste, épars et moderne des Visible Cloaks – et sur le Kankyo Ongaku japonais qui les inspire ;les notations singulières des vagues de Hiroshi Yoshimura.

Tout se passe comme si on apportait un microscope à leurs enregistrements précédents,un zoom avant et un voyage fantastique dans l’espace moléculaire entre les deux. La refonte du familier en extraterrestre. Étirer et tordre ce qui auraientt pu être des gouttelettes d’eau, les faire pétiller et bourdonner. Le son organique encouragée ainsi à chanter et résonner comme le ferait un bol tibétain. Drone métallique, brillance sonique, les cordes pincées émettent d’étranges notes isolées en cascades au travers d’averses d’éclats au ralenti. Les atmosphères se forment sans hâte à partir de bourdonnements statiques et subliminaux à ondes courtes. Les circuits bavardent et chantent enfin comme des insectes initant à la médiation musicale et à cartographier calmement le vide.

***1/2

Der Himmel Über Berlin: « Chinese Voodoo Dolls »

Avec ce nouvel album, leur quatrième, Der Himmel Über Berlin ont affiné leur style. Loin des flamboyances du rock gothique à la Corpus Delicti (ou plus récemment les Nairod Yarg) et à quelques encablures des lamentations batcave (Cinema Strange), ils ont choisi le son death rock, dans la lignée des deux premiers Christian Death.
Alors que ce genre tourne parfois en rond, Der Himmel Über Berlin réussissent à lui donner du souffle et, en conséquence, à se donner un visage bien plus identifiable que surses précédentes livraisons. Les sept titres de cet opus (et un interlude, « Fogmachine ») sont variés sur le plan musical et mélodique. Si la voix de Teeno Vesper a ses propres limites (inhérentes aussi au genre, mais les différentes approches et les sursauts de rage lui donnent un écho particulier – écoutez par exemple les prouesses sur « Sister Paranoia »), les compositions, elles, tiennent cette fois bien haut le flambeau.
Les effets parsèment le disque, comme le placement d’un sample, ou la multiplication des pistes, ce qui donne de la réussite à « Totentanz », proche des débuts de Morthem Vlade Art.

L’ajout de chœurs féminins et un nappage synthétique apportent de la profondeur quand il le faut (« Salvation ») alors que la basse sait se faire bien plus enjoliveuse, puisant dans le goth-rock ce qui se faisait de mieux (lancement de « Revenge » avant mise sur orbite). Plus frontal, le groupe porte de nombreux masques et réussit à faire sonner un vers pourtant déjà bien inscrit dans les mémoires (« Dead Bodies Everywhere »).
« Too many Voices »est un titre que l’on jurerait écrit il y a trente ans. Élégant et racé, il emmène loin, rappelle fortement Rozz Williams ; ce n’est pas un hasard s’il a été choisi pour clore l’album et donner envie de le remettre en lecture. Le démarrage avait été bien agressif avec « Blind Empire », guitares qui accrochent, gimmicks énervés pour amener et ponctuer le refrain. Der Himmel Über Berlin réussissent sacrément bien, là où les Eat Your Make Up peinaient autrefois à installer cette stabilité dans le haut niveau. Démonstration faite : cette fois, c’est du tout bon.

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Dirty Sound Magnet: « Transgenic »

Par opposition aux couleurs chatoyantes qui orne sa pochette, ce trio suisse œuvre dans des nouvelles teintes et celles-ci sont plutôt sombres, se référant à une scène psychédélique qui cherche à se démarquer des années 60. Il en résulte un album aux préoccupations très actuelles (« Hashtag Love », le diptyque « Social media boy » / « Social media girl », « Transgenic ») à l’avenant de leur proposition musicale qui retient du passé l’esprit aventureux plutôt que la fidélité absolue à l’idiome exubérant tel qu’il est fantasmé. Pour autant point de virage électro à l’horizon mais un bricolage malin et ingénieux, œuvre d’un trio de freaks/geeks qui aurait mis la main sur le stock de pédales d’effets du voisin.

A la fois classique dans la trame (on y entend guère que de la guitare, de la basse et de la batterie) mais totalement original dans la forme le trio entraîne l’auditeur sur des sentiers escarpés, de la distorsion à tous les étages, dont on ressort étourdis par l’audace formelle du trio, son sens de l’écriture mais aussi cet art de vitrioler ses compositions à grandes lampées de sons sortis d’on ne sait où, signant l’œuvre d’un trio de cerveaux vrillés. Ainsi est annoncé un vent nouveau soufflant sur la scène psychédélique.

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Jimmy Eat World: « Surviving »

Chez Jimmy Eat World, chaque nouvel album semble être une réaction à son prédécesseur. Clarity était une réaction à Static Prevails, Futures une réaction à Bleed American, on pourrait continuer tout au long de leur discographie que cela fonctionnerait sans souci. Du coup, Surviving est une réaction, et même un compagnon de route de l’excellent et très sous-estimé Integrity Blues en 2016. Du coup, et sans surprise, Surviving est un album plus direct et in your face, rempli de guitares et de morceaux qui ne s’étendent pas. Integrity Blues prenait son temps, demandait plus de temps pour être appréhender, et déployait des atmosphères juste magnifiques. Cette nouvelle livraison ne perd pas de temps. Le groupe sait où il veut aller, y va, et envoie le bois. Ce dixème album n’est pas surprenant, on reconnaît facilement leur patte, et puis la voix de Jim Adkins est quand même identifiable dès les premières paroles. Et puis avec 37 minutes au compteur, on va à l’essentiel. Pour autant, dès les premières mesures du morceau-titre, on est sous le charme de ce refrain catchy et familier à la fois. « Criminal Energy » continue sur cette lancée avec son petit solo dans l’intro, sort les muscles et encore une fois, pas besoin de 10 000 instruments pour rendre une chanson intéressante, le groupe a un sens du songwriting affûté et c’est une évidence. S’en suit, « Delivery », l’un des plus beaux morceaux de Surviving, un mid-tempo à tomber, où cette émotion à fleur de peau vous mettra le frisson, et aurait carrément pu se retrouver sur Bleed American ou Futures (oui à ce point). Le reste se déroule dans nos oreilles, de la ballade plus électro « 555 », l’influence Weezer sur « One Mil », le saxophone sur l’irrésistible « single » « All The Way (Stay) », le très Foo Fighters « Diamond », ou encore le Futuresque « Love Neve » et la superbe ballade « Recommit ».

Le dernier morceau aura toujours une place et un impact particuliers et sera le moment de bravoures de l’album et Jimmy Eat World se montrera à nouveau le maître incontesté des clôtures de disque monstrueuses. « Congratulations »ne fera donc pas exception à la règle : atmosphérique et toutes guitares dehors, un final que l’on n’imaginait pas sortir de leur répertoire (on se croirait chez les Foo Fighters ou Queens Of The Stone Age sur les dernières minutes). Comme quoi, on peut avoir sorti 10 albums, et toujours évoluer par petites touches. Surviving est une pièce de choix supplémentaire dans une discographie de qualité et franchement irréprochable. Pas surprenant, pas leur meilleur album, mais un très bon disque, accrocheur, court et intense. A ne pas manquer.

***1/2

FEET: « What’s Inside Is More Than Just Ham »

FEET nous dévoile son premier album, What’s Inside Is More Than Just Ham un disque dont la sortie a été reportée et qui est le fruit de trois ans de travail.

Attendu donc avec impatience What’s Inside Is More Than Just Ham est composé de dix chansons qui ont la sonorité ropre au quintet mais s sans perdre en originalité. Il y a quatre chansons que l’on connait déjà puisqu’elles sont sorties en « single » avant l’album. On est néanmoins très contente de les entendre, surtout « English Weather » dont on connait les premiers accords par cœur.

Le groupe explore des rythmes différents dans l’album, ce qui permet d’exclure tout ennui à l’écoute. Dès le premier morceau il y a des variations de rythmes qui surprennent. D’ailleurs, il commence doucement mais très vite on retrouve l’énergie caractéristique du groupe de Coventry. « Dog Walking », « Wiggy Pop » et « Chalet 47 « sont plus calme que le reste de l’album, la dernière évoquant les vacances et suscitant envie de danser.

Les paroles des chansons restent toujours axées sur la banalité de la vie quotidienne et se mêlent avec fluidité aux parties instrumentales. La voix unique de Jeep, le chanteur, est toujours aussi agréable à écouter et fera bon ménage avec la part belle laissée aux instruments. What’s Inside Is More Than Just Ham est un opus bien construit et remarquablement équilibré ; peut-être pas le nec plus ultra mais le mieux étant l’ennemi du bien, pourquoi s’en priver ?

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Warmduscher: « Tainted Lunch »

Composé de membres des formations dei Insecure Men, Paranoid London, Fat White Family et Childhood, Warmduscher reviennent avec ce troisième album Tainted Lunch, toujours sous la houlette de Dan Carey, et qui monte encore d’un cran dans le déjanté particulièrement addictif.
Ici, toujours le même principe : celui de ne strictement pas en avoir. Nous arrivons tout de même à démêler ce joyeux sac de nœuds en identifiant ce qui fait en partie le son de chacune des formations : rock garage bien hallucinogène, electro vintage et autres beats funky.
Que dire des invités de haute volée: Iggy Pop introduit en bonne et due forme le disque en nous énonçant clairement ses « Rules Of The Games ». L’iguane de son timbre toujours étonnamment sexy pose le décor, et il est alors impossible de ne pas suivre cette recommandation.
Le titre suivant offre un enchaînement quasi parfait : « Tainted Lunch » débute sur un pur morceau punk, aussi court qu’efficace. S’en suivent les deux singles révélés depuis cet été et qui représentent la quintessence de l’album : « Midnight Deeper » puise dans les influences métal chères à la fin des 80s, d’où sûrement la référence dans la vidéo au meilleur (ou pire) de Spinal Tap. « Disco Peanuts », quant à lui, prendra le parti du beat electro crade et libidineux à souhait. Les cris rauques de fin de titre sont dignes d’une interdiction aux moins de seize ans, autant vous dire que l’appel à la débauche est ici assumé.


« Feel It Don’t Spill It », « Grape Face » et « Blood Load » persistent dans le rock garage qui nous rappellent les influences des éléments fondateurs, ici Lias Saudi et Saul Adamczewski qui ne cessent d’enfanter des projets brillants et de les abandonner aussi rapidement car il y a toujours d’autres fleurs à butiner.

La caution hip-hop bien 80s nous est délivrée avec « Dream Lotion » qu’on croirait tirée d’un des premiers albums de Run DMC. Le second invité est Kool Keith, le rappeur-producteur new-yorkais sur un « Burner » très réussi et qui sonne même trop sérieux par rapport au reste du tracklisting. En particulier quand ce morceau est suivi par la bouillie sonore et gutturale de « Chimp ».
« Precious Things » nous balladera enfin au rythme d’un rock mariachi qui fleure bon le désert californien et « Tiny Letters », qui clôture le disque, s’assimile à une chanson d’amour faussement motown et tellement à contre-pied de tout ce qui a précédé qu’elle demeure fatalement dans les esprits.
Le voyage est chaotique, l’auditeur est baladé de-ci de-là pour son plus grand plaisir. Rien de comparable à cet ovni crade et sublimement azimuté, qu’on adorera autant qu’on détestera tant ici le compromis est impossible.

***1/2

Ruby Haunt: « The Middle Of Nowhere »

Voilà un disque aussi lent que la chute de la neige ; voilà, sans doute, la meilleure image pour décrire la musique de Ruby Haunt. Le duo d’amis d’enfance commence à enregistrer à peu près vers 2015 et ne cesse depuis, avec une régularité tout à leur honneur, de sortir disques et eps à un bon rythme, en maintenant la qualité, l’inspiration et bien plus encore.

Un album sortit en août mais qui aurait bien pus le faire quelques mois plus tard, alors que va sévir  l’hiver ; en effet, tout ici, évoque le brouillard, le froid, la neige, le calme d’une rue au petit matin quand il à gelé. On y parle de la perte de repère de l’adolescent, du questionnement qui recouvre tout les autres, un peu d’amour, beaucoup de mélancolie et de tristesse.

C’est un disque qui doit prendre le temps de s’écouter au calme, qui se veut contemplatif, en émotions froides et chaudes qui vivent dans la langueur et la longueur. C’est infiniment beau et triste, parfaitement triste… et tristement parfait.

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The Monochrome Set: « Fabula Mendax »

Depuis leur reformation au début des années 2010 à la suite de la grave crise de santé de l’auteur-compositeur et chanteur en chef Bid et de son retpur à la vie, le Monochrome Set pparaît comme un phénix dans le petit monde du rock british. Deux splits et deux reformations successives ont permis au groupe de monter en puissance tant dans son environnement musical que dans son écriture, nous offrant à chaque disque un univers bien particulier dont on se demande à chaque fois où il puise toute cette inventivité.
2019 n’échappe pas à la règle et
Fabula Mendax nous propose ainsi de pénétrer le monde d’Armande de Pange, fausse contemporaine de Jeanne d’Arc au 15ème siècle.
Les dix titres de l’album nous entrainent au travers de contrées plutôt sombres et mystérieuses, où la musicalité se veut baroque et très orchestrée de par l’usage de cordes, instruments à vents divers et variés, et de chœurs féminins tout en subtilité prenant place dans cette pop 60s acidulée et colorée.
Le titre d’ouverture « 
Rest, Unquiet Spirit » avec son intro à guitare digne d’un troubadour en goguette plante le décor. Les premiers instruments exotiques font leur apparition, les chœurs à la tonalité empirique donnent une patine déjà très majestueuse alors que nous n’en sommes qu’au tout début.
C’est ainsi que titres atypiques emplis de musique à l’inspiration gothique voir mystique cohabitent avec petites perles pop typiques du son du groupe depuis ses débuts. Guitares folk, petites mélodies au synthé et percussions faisant la part belle aux cymbales rappellent que The Monochrome Set sont là pour nous faire voyager, et la cohérence dans l’enchaînement des morceaux nous permet de nous laisser guider en toute confiance.


« 
Throw It Out The Window » et « My Little Reliquary « nous replongent dans la nostalgie des tubes pop parfaitement calibrés qui passent tous seuls. « Eux Tous » et « Darkly Sly » s’ancrent quant à eux dans cette mystique étrange et terriblement romantique portée par la thématique de l’album. Le timbre de voix profond et pur de Bid sur ce dernier titre nous évoque une prière, glissant sur une mélodie dénudée qui frôle la sacralité.
Sur « 
Summer Of The Demon », Bid conte une aventure qui nous entraine dans des contrées vierges et sauvages, les envolées orchestrales ainsi que les chœurs féminins donnant de la grandeur au tout.
Le blues prend le dessus sur les titres
I » Can’t Sleep » et « Sliding Icicle », toujours avec cette mélodie au synthé si délicieusement 60s. Le périmètre d’action de The Monochrome Set ne connait aucune limite, offrant une diversité qui ne sonne jamais incohérente.
Le titre « 
La Chanson De La Pucelle », belle référence à notre héroïne nationale morte sur un bucher du fait des anglais, clôture le disque de façon particulièrement mélodieuse, le chant tout en justesse et en puissance proclamant que le matin s’annonce clair et brillant et qu’après les ténèbres viendra forcément la lumière.
The Monochrome Set, malgré une discographie très fournie depuis leur rereformation en 2010 (six albums studio), ne souffrent nullement d’un quelconque syndrome d’essoufflement, réussissant à nous offrir à chaque opus des petits bijoux, toujours sous l’influence majeur de cette pop-folk sophistiquée à l’orchestration très riche.

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