Danko Jones: « A Rock Supreme »

Dixième album du trio, A Rock Supreme  est doté d’une pochette réussie et est un bon album de rock’n’roll. Avec ce qu’il faut de guitare et un basse/batterie toujours impeccable. La base rythmique empruntée à AC/DC (« I‘m in a Band », « We’re Crazy » » et les hommages sous-entendus à Kiss et à Motörhead ne sont pas réduits à peau de chagrin. Non, de ce côté-là, pas de soucis.

Le problème est que Danko Jones a du mal à renouveler des riffs déjà entendus maintes et maintes fois dans ses précédentes productions, et quand le chanteur explore de nouveaux horizons vocaux(« Dance Dance Dance », « Fists up High), il nous rappelle qu’il n’est pas Caruso. Si bien qu’après plusieurs écoutes, ce sont les titres inspirés de ses meilleurs brûlots des disques précédents qui font mouche « I’m in a Band », « That Girl »). En fait, le Jones qu’on apprécie en général est celui au ton monochorde (« Burn in Hell ») qui va vous prendre prend aux tripes.

A Rock Supreme est un opus entraînant et rythmé, fait par ou pour les passionnés de rock qui tabasse et qui sent la sueur. Une recette n’est modifiable que si elle est stérile; libre à chacun de décider si il préfère réécouter les premiers albums du bonhomme.

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Ali Barter: « Hello, I’m Doing My Best »

Avec son premier album A Suitable Girl sorti en 2017, Ali Barter semblait bien partie pour devenir l’un des plus beaux secrets trop bien gardés de la scène australienne. Son nouveau disque peut espérer dépasser les frontières de son pays puisqu’il bénéficie aujourd’hui d’une distribution internationale.

Son panel musical s’est, de ce fait, élargi et pas seulement d’un point de vue géographique. On pourrait, en effet, parler de montée en puissance car, si son premier album revisitait avec brio l’indie rock des années 90, avec une vision très féminine et affirmée façon Liz Phair, Hello, I’m Doing My Best fait exactement la même chose, mais en plus grand et plus fort. A programme : distorsion et gros riffs de guitares accompagnés de sa voix plus haut perchée que jamais. Peu d’artistes prennent, de nos jours, le parti de se référencer à une musique qui n’est plus dans l’ère du temps ; les solos de « History Of Boys » voudront, à cet égard, nus ramener à la période du le premier album de Weezer.

Hello, I’m Doing My Best va naviguer en plein power pop, ce qui, en outre permettra de nous gratifier de chansons addictives mais, cerise sur le gâteau, de nous présenter pune collection de titres au ton très autobiographique qui retracent ses différentes relations. On aura droit ainsi à des allusions pertinentes et matures à son corps, à ses instincts, à la sobriété et ses anciens vices, ainsi qu’aux personnes qui lui sont chères. On pourra, à ce sujet, mettre en exergue le très tranchant « Ur A Piece Of Shit » qui se déploie sans filtre et qui est comme une illustration significative de la moue désinvolte qu’elle affiche sur la couverture du disque.

On ressent d ’ailleurs comme une envie d’en découdre et une ambition décuplée. Chaque morceau est très direct et marche à l’instinct, celui d’une sensibilité musicale de singer songwriter sous un costume de rockeuse enragée. Cette formule lui permet de faire mouche à de nombreuses reprises. C’est certain, elle n’a pas besoin de dire qu’elle fait de son mieux pour arriver à ses fins et séduire son audience. Ce nouvel album lui offre l’occasion de s’exprimer haut (« January ») et fort (« Big Ones ») et d’attirer sur elle une attention plus que méritée. En bref, un vrai disque de rock comme on en entend trop rarement et dans lequel elle fait bien plus que son mieux.

***1/2

James Blunt: « Once Upon a Mind »

Avec Once Upon a Mind, James Blunt retourne vers la formule qui a créé son succès dans les années 2000, tout en tentant de rester actuel. Mais quelques ingrédients manquent à la recette, et le résultat manque de saveur.

En fait, le tout sent un peu trop le réchauffé. Cela ne signifie pas que l’écoute des 11 chansons est désagréable, loin de là. Il n’y a rien à détester. Mais il n’y a presque rien, non plus, à adorer.

Quelques titres se démarquent : « Monsters », « Halfway mais le plus gros des morceaux de ce sixième opus ne fait souvent ni chaud ni froid. On sent dans les mélodies que le James Blunt de l’album Some Kind of Trouble tente un retour.

Le Britannique a pris la (bonne) décision de délaisser les tons électroniques de son précédent essai pour revenir vers les chansons douces tournées à la sauce populaire. S’il n’y a aucune complexité à la plupart des mélodies, les paroles, joliment composées, parviennent à rendre plus intéressantes certaines ballades.

La voix du chanteur de 45 ans n’a pas changé. Même lorsqu’elle est moins juste, on sent que ce n’est qu’au profit de l’émotion, qu’elle ne cherche pas à être parfaitement contrôlée. On se sent (presque) mal de parler encore de « Goodbye My Lover », « You’re Beautiful « et « 1973 », mais James Blunt semble vraiment avoir atteint le pinacle de sa carrière à ses débuts, avec ses trois premiers albums.

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