Cigarettes After Sex: « Cry »

Le groupe de pop ambient américain Cigarettes After Sex a une façon très simple de faire les choses. Leur EP de 2017 était éponyme, et cette parution s’intitule Cry – un mot chargé du poids de tous nos sentiments;bref, rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît avec Cigarettes After Sex.

Le premier disque avait eu l’avantage de la nouveauté saisissante, Cry, luiest plus doux et plus vulnérable, mais cela ne veut pas dire que le sensuel n’est pas là. La musique a été composée en 2017, peu après la sortie de Cigarettes After Sex. Le leader et fondateur Greg Gonzalez, le batteur Jacob Tomsky et le bassiste Randy Miller ont décampé à Majorque, et à l’intérieur d’un manoir, ont laissé le rythme de l’île espagnole guider leurs premières sessions. Les paroles, cependant, n’ont été écrites par Gonzales que quelques années plus tard, renforcées par un nouvel amour. Avec des guitares qui traînent derrière un écho très faible voire faiblard et la voix de Gonzalez que l’on sent dans le creux de l’estomac, Cry est un album qui ne peut être pris au pied de la lettre.

Le morceau d’ouverture « Don’t Let Me Go » est empreint d’une différence et d’une réciprocité, les premiers soubresauts de la guitare de Gonzalez évoquant le Floating Into the Night de Julee Cruise. « Viens à moi maintenant, ne me laisse pas partir, reste à mes côtés », chante doucement Gonzalez dans son inimitable chant satiné. Mais les choses deviennent un peu plus complexes. En entrant dans « You’re the Only Good Thing in My Life », on s’attend à une chanson d’amour poétique, mais on obtient un morceau profondément sensuel qui peint une belle image physique de l’amour. Tout est très imagiste avec Gonzalez – il écrit en images parce qu’il se sent en images, créant de belles vignettes des banalités d’être avec quelqu’un aimé.

Pendant ce temps, « Hentai » parle de « faire l’amour », pas de baiser, et la voix de Gonzalez chuchote que penser à lui peut être dangereux, voire mortifère. De la même manière, « Touch » n’est pas d’une sensualité béate mais se montre déchirant, au point de toucher un accord viscéral qui fait pleurer. Pleurer fera pleurer, parce que Gonzalez sait ce qu’il fait. Cry est cathartique et époustouflant, il éveillera vos sens et ceci est à ne pas manquer.

***1/2

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