No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Corridor: « Junior »

Corridor a beaucoup fait parler de lui sur la scène indie montréalaise et pour les bonnes raisons. Il y a eu la sortie de Supermercado cité dans les tops de 2017, puis le passage chez Sub Pop. C’est dans ce contexte que nous arrive Junior, troisième album du quatuor qui s’avère parfaitement à la hauteur du buzz.

On était aussi en droit de se demander quelle sorte d’impact cette transition aurait sur la musique du groupe et de s’interroger sur le fait de savoir si ce passage dans les ligues majeures se traduirait par une approche plus lisse, davantage adaptée à un marché international.

La première bonne nouvelle, c’est que le style et l’esthétique de Corridor demeurent intacts sur ce troisième opus, encore dominé par les rythmiques post-punk auxquelles se greffent des envolées psychédéliques. Deux changements s’observent néanmoins. D’abord, la production (encore signée Emmanuel Éthier) s’avère plus raffinée, grâce sans doute à des moyens plus considérables en studio. Ainsi, la basse semble plus ronde et on remarque aussi l’ajout d’effets électroniques auxquels le groupe ne nous avait pas habitués dans le passé. Autre changement notable : les voix, plus claires et prédominantes, même si elles gardent leur côté vaporeux. Il en résulte des paroles plus intelligibles, alors qu’elles étaient jadis reléguées au second plan.

L’album démarre en trombe avec l’excellente Topographe et son riff addictif en mode ternaire. L’effet n’est pas banal puisque le post-punk s’est largement construit sur des rythmiques carrées à quatre temps, d’où la fraîcheur d’un tel contre-emploi. Et c’est probablement ce qui distingue le plus Junior de ses prédécesseurs Supermercado et Le Voyage Éternel (2015) : ce désir de Corridor de s’émanciper des conventions du post-punk et du noise rock pour flirter avec de nouvelles couleurs musicales. On a en tête la puissante « Domino », qui tangue beaucoup plus vers le rock psychédélique avec ses guitares déchaînées, ou encore la planante « Grand Cheval, » qui porte en elle un petit quelque chose de dream pop, avec des nappes de synthés. Mais un des titres-phares reste sans doute « Bang », une sorte de ballade (à défaut de trouver un autre terme) qui délaisse les riffs répétitifs pour une plus grande solennité dans le ton.

Il s’en trouvera peut-être pour dire qu’il s’agit de l’album le plus pop de Corridor, mais on peut le voir différemment. Outre la production plus léchée, il n’y a rien ici qui laisse croire à un quelconque compromis artistique. En fait, il règne sur Junior un sentiment d’urgence, résultat peut-être du délai très court avec lequel l’album a été enregistré (un mois et demi à peine), et qui participe à la force de la proposition.

La boucle et bouclée et le constat bien clair, Junior est le disque que j’attendais de Corridor, à la fois mature et ambitieux, mais en même temps brut et spontané.

***1/2

26 octobre 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :