Oscar: « HTTP404 »

Trois ans après la sortie de Cut And Paste, Oscar Scheller relance la matrice avec son HTTP404. Pendant ce silence, le Londonien a abandonné les guitares de son garage afin de produire les albums de Mae Muller, GIRLI et Mabel. Ce changement de casquette se ressent et la direction musicale de l’auteur se précise vers une électro-pop chirurgicale. En comparant avec le premier disque, l’évolution est conséquente grâce à un nombre de featurings variés : Lily Allen, Tyrer, Havelock, PAWWS, Tiffi, Jevon… HTTP404 n’est pas un message d’erreur, il s’agit au contraire d’un retour positif.
Une fois « 1UP » lancé, une armée de samples 8bit habille un refrain joyeux mais facile. Pourtant l’assurance d’Oscar est bel et bien là, et son expérience du travail studio rend les arrangements percutants. Plus tard, les masses instrumentales se développent au fil du temps de « Picture Perfect », et c’est à ce moment que les choses se décoincent. Ce moment de croisière accompagné d’un beat hip-hop fait bon effet, tandis que le couplet de « Havelock » se veut simple mais totalement efficace.
Dans ces tours d’horizons synthétiques, Lily Allen sous autotune fait aussi une apparition réussie dans le morceau groovy « 1% ». La faculté d’Oscar à adapter soigneusement les instrumentations pour chaque interprète est un point fort.


En effet,
HTTP404 démontre qu’il est possible de faire de l’authentique à partir de plusieurs univers. Et ce procédé de mélange usé par Oscar alimente une musique globalement dance. Par conséquent la surprise est au rendez-vous, comme l’échange de flows de rap (Miraa May & Jevon) inspiré de la triste réalité du monde actuel dans « Eastate Of Mind ».  Quelques mentions spéciales sont à attribuer au rêveur « Tidal Waves » qui remplit sa fonction de marche, mais aussi à Go pour ce ton blasé et employé pour parler de la machine infernale des sentiments amoureux.
Autrement, derrière le large choix de singles potentiels de
HTTP404 quelques imperfections sont à noter. Le format radio limite la progression de « Confidence », et « Interstellar Disco « manque sincèrement d’originalité au niveau de la mélodie. Quant à la curieuse boucle « Happy Meals », seule « Mathilda Homer » est là pour relever le niveau grâce à son phrasé en adéquation à un instrumental qui écarte la pop pour le hip-hop encore une fois. Fort heureusement ces détails ne se propagent pas partout.
L’Anglais sait s’entourer quand il s’agit de passer le cap du deuxième disque. Ce dernier est plutôt réussi, fort d’une production ficelée à la manière des grands. Oscar mise beaucoup sur
l’énergie de l’électronique, et tente de faire de ce HTTP404 un torrent de jovialité. Une étape de plus est franchie pour ce musicien prometteur.

***1/2

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