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Nick Cave & The Bad Seeds: « Ghosteen »

En 2016, Nick Cave & The Bad Seeds nous avait servi un Skeleton Tree des plus sombres et déchirants. On savait déjà que la musique du gang australien nous donnait souvent la chair de poule mais ce prédécesseur nous a tous troublé comme il se doit. Trouvant son inspiration sur la mort accidentelle de son fils, Nick Cave a su trouver les mots justes sur son deuil quasi impossible à faire. Trois ans plus tard, il est toujours intéressant de savoir où il en est avec Ghosteen.

Annoncé au milieu de nulle part, Ghosteen prolonge le voyage intérieur de Nick Cave suite au drame familial qu’il a vécu. Avec la voix sépulcrale qui a fait sa légende ainsi que des compositions venues d’ailleurs et étrangement atmosphériques, il ne semble pas tout à fait avoir fini le deuil. C’est comme si le fantôme (« ghost ») de son défunt fils Arthur le hante jusqu’à maintenant lors des écoutes de « Spinning Song » qui ouvre le bal mais également sur les étrangement méditatifs « Bright Horses » et « Night Raid ».

Il ne faudra donc pas chercher pas les éventuelles ou occasionnelles guitares et batteries tout au long d’un Ghosteen composé de deux albums (le premier album est sous-titré « Les enfants » et le second album est sous-titré « Les adultes »). Nick Cave & The Bad Seeds privilégie les nappes de synthés atmosphériques ainsi qu’un piano plus que discret soutenues par des volutes de chœurs tandis qu’il poursuit son périple endeuillée parfois entrecoupé d’espoirs comme sur « Waiting For You » (« I am waiting for you to return »). Tout au long, on se laisse de nouveau emporter par le pathos qu’anime notre hôte sur « Sun Forest » nous faisant passer par toutes les étapes de l’apocalypse afin d’assister à une renaissance quelconque ou encore « Ghosteen Speaks » où il insiste inlassablement: sur sa présence et son désir que son fils reprenne conscience avant que « Leviathan » ne vienne clôturer ce premier disque de façon solennelle.

La seconde partie consacrée aux adultes est plus expérimentale avec trois morceaux dont deux qui dépassent allègrement les 10 minutes. Nick Cave & The Bad Seeds flirte avec l’ambient sur le morceau-titre ou même avec le spoken word sur le troublant « Fireflies » avant de clôturer la cérémonie avec le cathartique « Hollywood » s’étirant sur plus de 14 minutes. Attendant sa place au soleil ainsi qu’à la paix comme l’affirme sur la conclusion sous un fond d’orgues et de boucles synthétiques obsédantes, la voix sépulcrale nous fournit autant de frissons tandis qu’il traverse avec brio les étapes du deuil où il suit le chemin de l’acceptation selon lui. C’est avec cette saga sonique et dérangeante que le crooner australien arrivera toujours à impressionner.

****1/2

9 octobre 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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