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Gost: « Valediction »

Les liens entre la scène synthwave et le metal sont connus : des artistes français tels que Perturbator et Carpenter Brut ont été les fers de lance de ce mouvement et ont même été conviés à la grand-messe metal qu’est le Hellfest.
S’il est un groupe qui brouille les pistes entre la scène synthwave et le metal c’est bien l’américain Gost, aussi connu sous le nom de Baalberith, son alter égo satanique. Sur ses deux premiers albumsBehemoth (2015) et Non Paradisi (2016) – on sentait déjà son appétence pour le metal. Celle-ci s’est réellement affirmée sur Possessor, sorti en 2018, où des titres black metal comme « Garruth » ou « Commandment » venaient trouver leur place aux côtés de morceaux plus proches des premiers disques du musicien.
Cette absence du choix entre le metal et la synthwave a pu lui être reprochée, d’autres, au contraire,
pouvaient y voir une volonté de l’artiste de refuser de s’enfermer dans un genre. Aujourd’hui, Valediction est le premier opus de Gost à sortir sur Century Media Records, label spécialisé metal. En découvrant l’artwork et la typographie du logo, tout porte à croire que l’on est face à un groupe BM. Et ce n’est pas la nouvelle apparence du musicien qui va nous contredire : exit le masque en forme de crâne, ce dernier arbore désormais un maquillage digne d’Abbath. Quid, alors, de la musique ?

Si jusqu’à présent celle-ci était essentiellement instrumentale, le chant domine ici, largement. Le premier extrait « Wrapped in Wax » reprend les éléments déjà entendus dans Possessor à savoir le chant clair dans la lignée de « Sigil » et les cris typiquement black, le tout accompagné par un déluge de synthés. Pas mauvais, mais le titre peinera à trouver son rythme. On retrouvera le même problème sur « Relentless Passing » et « Timeless Turmoil » qui démarreront en trombe et s’essouffleront lorsqu’arrivera le chant clair. « Dreadfully Pious » sera, à cet égard, l’exemple parfait de ce qui ne fonctionne pas sur le phrasé vocal avec un refrain à la limite de la synthpop et, par conqéquent, un résultat à oublier.
Parfois le mélange des genres
sera plus convaincant, comme avec « Ligature Marks » qui se situe dans un registre plus calme avec un côté assez industriel et un passage black plus énervé. Mais c’est encore lorsqu’il reste dans la synthwave pure que Gost est le plus efficace, à l’image de « The Call of the Faithful (Faithless) », seul morceau instrumental de l’album.
Là où
Possessor avait réussi à trouver un équilibre entre synthwave et metal, Valediction se perd dans un dédale de styles qui ne se marient pas toujours bien et une omniprésence du chant qui peinera à convaincre, tant il s’avèrs plutôt convenul. Ce manque de cohérence n’empêchera pas d’apprécier certains titres pris individuellement, mais on regrettera néanmoins que Gost n’ait pas fait des choix plus tranchés pour donner une véritable direction à l’album.

***

8 octobre 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter | ,

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