No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Susan: « As I Was »

Ce trio féminin vient de Los Angeles, féministe comme il se doit désormais mais ce qui compte est son approche de la musique et, sur ce plan-là, elles démentent le stéréotype qui range Susan du côté du sxe faible.

As I Was est un album de ce que l’on pourrait qualifier de « Power Pop » , cette musique est à cheval entre la chanson pop et un idiome aux guitares plus rock. Cet équilibre demande une belle dose de doigté et, à cet égard, il est parfaitement respecté.

Sa brièveté (un peu moins de trente minutes) est un adjuvant qui permet de déployer énergie et nervosité sans que As I Was ne s’englue dans la mélasse.

Les compositions sont, d’ailleurs, dignes d’un talent naissant en particulier grâce à des arrangements particulièrement bien travaillés. Sans réinventer le genre, Susan propose une relecture agréable, jamais ennuyeuse et jamais trop clinquante ; une sobriété don aloi pour un  « debut album » prometteur.

***

 

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Eko & Vinda Folio: « Therapy »

De prime abord, Eko & Vinda Folio ce duo originaire de Tbilissi en Géorgie pourrait être considéré comme un « side project » Motorama puisqu’il a été introduit par l’entremise de de Vlad Parshin, le leader dudit groupe.

Ses deux membres, Erekle Deisadze (au chant) et Temo Ezugbaia (guitare et chant), travaillent ensemble depuis 2012. Ils font partie de lcette jeunesse éclairée et protestataire d’un pays agité parles dévisions et la proximité envahissante de son voisin russe. Entre influences occidentales et environnement moins européen la culture géorgienne est un creuset d’où émergent complexité mélodique et mélancolie slave.

Ce premier opus est-il une thérapie ? Il a mis plusieurs années à se concrétiser et, tout romantique qu’il puisse sonner, il va dessiner un territoire où les émotions sont reines et l’itinéraire abstrait et confus, en particlier si on essaie de rassembler ses effets et de réfléchir au temps qui passe.

« Emotionaly Captive », « Lucid Thoughts », « Out There », « Ramble Around » sront les sensations premières telles qu’elles sont exprimées par la voix de basse de Erekle Deisadze. Le phrasé est élégant mais les accents y sont gutturaux, contraste saisissant qui obère la tentation harmonique. La musique est, comme chez Motorama, en mode clair-obscur, posée dans un environnement urbain désolé où une fenêtre est restée ouverte sur les grands espaces et permet de respirer les paysages lointains. La tonalité est new-wave, pop mais nettement moins sombre et sépulcrale que chez les voisins russes. « Endlessly » est badine et enjouée comme une ode sentimentale à la romance qui sera encore plus accentuée par le motif de guitare de « Ramble Around », refrain qui sublime la démarche amoureuse de cette Carte du Tendre égrainée sur fond d’arpèges.

Douceur délicatesse, chant discret comme si l’important est la centralité des inserstices mélodiques, st les suites instrumentales.  La musique de Eko & Vinda Folio trouve son équilibre et son sens profond dans la prise d’espace, entre les notes et entre les musiciens. C’est ce temps qui s’écoule entre les reprises, les attaques et les respirations du chanteur, qui met la musique en mouvement et constitue la vraie originalité du disque. Therapy agit comme un baume apaisant, en appliquant un faux rythme langoureux sur nos blessures sentimentales. Cette mélancolié a pour toile de fond la répétition et c’est à l’honneur de ce Therapy que de se monter aussi lancinant (« Emotionally Captive », « Me As A Sound »), « Nisliani ») ; ce ne sera que le final, plus cold wave et moins organique, qui nous projettera vers des tremplins d’où la poésie aura une autre teneur évocatrice comme si il était nécessaire déjà de s’extirper de ses frontières formatrices.

****

8 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

David Kilgour & the Heavy Eights: « Bobbie’s a Girl »

Empreint de mélancolie et maîtrisant son art sur le bout des cordes, le chanteur, guitariste, et multi-instrumentalisterevient accompagné de sa formation The Heavy Eights.

Il existe une catégorie d’artiste que l’on suit avec un plaisir jamais démenti. Le discret songwriter néo-zélandais David Kilgour appartient à cette famille. Figure emblématique et pionner de l’indie-rock dans son pays, il débuta sa carrière en 1979 à Dunedin avec les mythiques Clean. Il participa bien évidemment à l’aventure et à l’expansion du label Flying Nun qui proposa à cette époque l’éventail parfait des possibles dans le domaine de la pop et du rock. Les Clean une première fois mis en sommeil, il poursuivra sous divers projets (The Great Unwashed en 82, Stephen en 86 et Pop Art Toasters avec le grand Martin Phillips des Chills en 1994).

Lassé de la pression et des obligations il se lancera en solo à l’orée des années 90. Son objectif musical : étoffer ses mélodies (sortir des influences garage, Velvet  et Lo-Fi) et insuffler davantage de pop dans ses compositions, dans un style musical, qu’il qualifiera lui-même de « soft-rock des seventies » mais serties d’influences country et pastorales. Son premier album en 1992, l’indémodable Here Comes The Cars sera le début d’une longue aventure en solo.

Ce qui séduit dans son œuvre en solo c’est la chaleur de ses compositions, sa voix plaintive si caractéristique et son jeu de guitare élégant et étincelant qui vient former un kaléidoscope chatoyant et généreux. Kilgour étire aussi volontiers ses mélodies sur de longues minutes profondément magnétiques. De temps à autres, mais sans pression aucune, il revient en mode formation et signe alors ses albums avec The Heavy Eights. Les trois vieilles connaissances qui l’accompagnent sont Tony De Raad à la guitare acoustique et électrique, Thomas Bell à la basse et Taane Tokona à la batterie.

Si Bobbie’s A Girl fait référence à son animal de compagnie (nommé en hommage à l’Américaine Bobbie Gentry), cette onzième escapade en solo est surtout habité par le deuil. Très touché par la mort de sa mère et de son ami d’enfance le musicien Peter Gutteridge (The Clean, The Chills et Snapper) Kilgour a laissé filer quatre années et respecté ainsi une longue période de deuil.

Ces deux disparitions ont plongé Kilgour dans un état de mélancolie prononcé. Les mots, les textes et la parole ont été difficile à sortir ou peut-être jugés superflus, car seul 4 titres sont chantés par le songwriter néo-zélandais, le reste est un florilège d’instrumentaux captivants et contemplatifs ; à ne considérer sous aucun prétexte comme un manque d’inspiration, ni même comme un signe quelconque de dépression. En tout et pour tout à peine vingt lignes de textes sont à dénombrer. Kilgour communique avec les notes et les accords, les mots n’ont alors plus beaucoup d’importance.
Bobbie’s A Girl affiche une collection de plages musicales atmosphériques et placides, les arpèges de guitares cohabitent avec quelques chœurs angéliques façon Pink Floyd (« Crawler », « If you were here and I was there ») qui affleurent des tréfonds de l’instrumentation comme un message de réconfort des disparus. Sous l’égide du producteur Tex Houston une vingtaine de titres au total ont été enregistrés dans les studios de Port Chalmers Recording Services. Kilgour a remisé les plus pop et énergiques pour ne conserver que les plus mélancoliques. Cette sélection très cohérente axée sur l’émotion met en exergue le travail des musiciens et nous fait apprécier posément chaque composition.

Le paisible et premier « single » « Smoke You Right Out Of Here » est entièrement dédié à son ami Peter. Les accords sporadiques de guitares mêlés aux nappes d’un clavier lunaire se superposent au chant épars de Kilgour et forment une mélodie rêveuse. Le tableau sera toujours méditatif et souvent axé sur de fragiles pincements de cordes. Le cœur de cet enregistrement ce sont les instrumentaux, ils sont la force vive de ce répertoire et sont particulièrement soignés. Un point commun ils sont tous attractifs : « Entrance » et ses contemplatifs picking de guitare acoustique (dans la lignée des spécialistes du genre) ou le très cinématographique « Swan Loop » qui dérive et chaloupe dans les recoins d’une âme torturée au son du piano de Matt Swanson et des riffs saturés mais fantomatiques de la guitare électrique.

La fin de cet album, superbe, verse dans une veine plus énergique. L’emballant « Looks Like I’m Running Out » cumule coolitude et rythme, quant au final « Ngapara » – l’instrumental le plus rutilant et ambitieux de la série – il regorge de guitares distordues et réverbérées, et constitue avouons-le, la conclusion parfaite de ce nouvel épisode.

****1/2

8 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Gost: « Valediction »

Les liens entre la scène synthwave et le metal sont connus : des artistes français tels que Perturbator et Carpenter Brut ont été les fers de lance de ce mouvement et ont même été conviés à la grand-messe metal qu’est le Hellfest.
S’il est un groupe qui brouille les pistes entre la scène synthwave et le metal c’est bien l’américain Gost, aussi connu sous le nom de Baalberith, son alter égo satanique. Sur ses deux premiers albumsBehemoth (2015) et Non Paradisi (2016) – on sentait déjà son appétence pour le metal. Celle-ci s’est réellement affirmée sur Possessor, sorti en 2018, où des titres black metal comme « Garruth » ou « Commandment » venaient trouver leur place aux côtés de morceaux plus proches des premiers disques du musicien.
Cette absence du choix entre le metal et la synthwave a pu lui être reprochée, d’autres, au contraire,
pouvaient y voir une volonté de l’artiste de refuser de s’enfermer dans un genre. Aujourd’hui, Valediction est le premier opus de Gost à sortir sur Century Media Records, label spécialisé metal. En découvrant l’artwork et la typographie du logo, tout porte à croire que l’on est face à un groupe BM. Et ce n’est pas la nouvelle apparence du musicien qui va nous contredire : exit le masque en forme de crâne, ce dernier arbore désormais un maquillage digne d’Abbath. Quid, alors, de la musique ?

Si jusqu’à présent celle-ci était essentiellement instrumentale, le chant domine ici, largement. Le premier extrait « Wrapped in Wax » reprend les éléments déjà entendus dans Possessor à savoir le chant clair dans la lignée de « Sigil » et les cris typiquement black, le tout accompagné par un déluge de synthés. Pas mauvais, mais le titre peinera à trouver son rythme. On retrouvera le même problème sur « Relentless Passing » et « Timeless Turmoil » qui démarreront en trombe et s’essouffleront lorsqu’arrivera le chant clair. « Dreadfully Pious » sera, à cet égard, l’exemple parfait de ce qui ne fonctionne pas sur le phrasé vocal avec un refrain à la limite de la synthpop et, par conqéquent, un résultat à oublier.
Parfois le mélange des genres
sera plus convaincant, comme avec « Ligature Marks » qui se situe dans un registre plus calme avec un côté assez industriel et un passage black plus énervé. Mais c’est encore lorsqu’il reste dans la synthwave pure que Gost est le plus efficace, à l’image de « The Call of the Faithful (Faithless) », seul morceau instrumental de l’album.
Là où
Possessor avait réussi à trouver un équilibre entre synthwave et metal, Valediction se perd dans un dédale de styles qui ne se marient pas toujours bien et une omniprésence du chant qui peinera à convaincre, tant il s’avèrs plutôt convenul. Ce manque de cohérence n’empêchera pas d’apprécier certains titres pris individuellement, mais on regrettera néanmoins que Gost n’ait pas fait des choix plus tranchés pour donner une véritable direction à l’album.

***

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sweet Williams: « Where Does The Time Come From »

On n’entend pas souvent parler de Sweet Williams mais ils tracent leur route sereinement. Le groupe britannique a publié deux albums dont le premier Please Let Me Sleep On Your Tonight paru il y a maintenant trois années de cela faisant entrevoir un son plus organique. La mystérieuse formation effectue son retour avec un nouvel opus intitulé Where Does The Time Come From.

Avec cette question philosophique, Sweet Williams continue son excursions post-punk de façon ingénieuse. Le groupe mené par le guitariste Thomas House pousse le bouchon à travers des compositions plus viscérales qu’à l’accoutumée avec entre autres « Stop It I’m Killing You » en guise d’introduction mais également les riffs cycliques comme « Fifties » avec sa pause en plein milieu inattendue et « RF » qui ont de quoi nous hypnotiser comme il se doit.

Au milieu de ces moments riches en tension comme « Stunt Freeze » ou les lourdes distorsions de « Ride A Golden Snail » et « Two Golden Sisters », Sweet Williams nous fournit quelques surprises avec les contrées étonnamment bluesy de « Very Long Division ». Le groupe britannique ne baisse jamais la tension tout au long de ce Where Does The Time Come From qui fournit des compositions pointues et agressives, et ce, sans compter en outre, le songwriting toujours aussi précis de Thomas House.

***1/2

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Operator Music Band: « Duo Duo »

En 2017, Operator Music Band avait publié son dernier album intitulé Coordination. Le trio de Brooklyn récidive ici et il reste toujours aussi inventif dans un art-pop des plus originaux avec son deuxième opus nommé Duo Duo.

C’est à grands renforts de synthés analogiques et de rythmiques syncopées qu’Operator Music Band parvient à nous faire dresser l’oreille, que ce soit sur l’introduction bien rythmée « Slim Spin » ou avec l’aventureux « Mondo » qui suit. Le groupe new-yorkais continue d’élargir sa palette et marcher sur les voies de l’expérimentation avec d’autres titres de haute volée comme « Practical Action » et le dansant « Income/Outcome » montrant Jared Hiller et Dara Hirsch totalement inspirés en nous faisant réflechir.

On ne sera pas au bout de nos surprises quand Duo Duo regroupera également d’autres trouvailles originales comme les allures lounge de « Rex » qui contrastent aux textes plus vindicatifs et personnels. Que dire en plus du bien trippy « Trippple » et la conclusion nommée « Juice » avec son riff entêtant et le tandem vocal Hiller/Hirsch qui n’en finit jamais de faire des siennes ? Tout ceci noe pqut que confirmer qu’Operator Music Band en a encore beaucoup sous la semelle, que ce soit en duo ou en trio ou même en solo.

***1/2

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mudhoney: « Morning In America »

Il y a un an, Mudhoney avait effectué son grand retour avec son dernier album en date nommé Digital Garbage, un opus qui avait bénéficié d’un excellent feedback. Les légendes du grunge américain n’ont rien perdu de leur verve avec des compositions bien flamboyantes et des textes percutants jetés à la face de l’Amérique suprématiste. Et ils continuent dans cette voie avec leur nouvel EP intitulé Morning In America.

Avec ces sept nouveaux morceaux, Mudhoney reprend donc là où ils se sont arrêtés l’année dernière. Et autant vous dire que ça gronde toujours autant aussi bien musicalement que textuellement avec entre autres l’introduction nommée « Vortex Of Lies » qui lance les hostilités mais également « Creeps Are Everywhere » et « Snake Oil Charmer ».

Ces morceaux font parti des chutes de studio de Digital Garbage et cela s’entend bien au niveau du contenu bien trop léger et parfois kitsch du morceau-titre. Beaucoup d’entre nous auront capté la reprise de Leather Nun nommée « So Lonely Tonight » rebaptisée « Ensam I Natt ». Quoi qu’il en soit, Mudhoney n’a rien perdu de ses engagements même si cet EP peut sembler parfois anecdotique.

***

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Propan: « Trending »

Les deux jeunes norvégiennes qui constituent Propan en sont ici à leur troisième album, opus qui les voit poursuire leurs expérimentations, expoérimentations qui ont la particularité d’être principalement centrées sur l’interaction entre leurs voix et des effets.

Majoritairement constitué de courts morceaux (huit titres sur treize durent trois minutes ou moins), Trending cherche, ainsi, à explorer les différentes possibilités offertes par la rencontre entre deux voix et la conjonction de celles-ci avec des apports extérieurs. Souffles, vocalises, feulements et ululements servent, par exemple, de fondements récurrents, installant une atmosphère intrigante, voire un peu inquiétante.

Ces interventions se trouvent donc relayées par des éléments électroniques, allant de la simple note tenue à des rythmiques entre mini-explosions et bruits métalliques (« Smack On the Back »), en passant par des poussées saturées (« She Sings Like A Fairy »). Cet assemblage aboutit à des formats parfois très pertinents, quand l’auditeur n’arrive plus à distinguer ce qui relève de la voix humaine et ce qui provient des concours synthétiques (« Always The Same »).

 

La relative brièveté des propositions permet de ne pas lasser l’auditeur, ni de l’exposer trop longtemps à des climats parfois malaisants. À l’inverse, quand un morceau s’étend au-delà des cinq minutes, Natali Abrahamsen Garner et Ina Sagstuen intègrent des composantes moins abruptes (« The Warmest Kiss » et ses sonorités proches de la flûte à bec, « Laurie » et la réverbération posée sur leurs voix). Possiblement moins exigeant que ce qu’on pouvait imaginer en y entrant, Trending s’inscrit dans une bonne continuité avec le concert vu en 2014, et confirme que la scène expérimentale norvégienne est l’une des plus actives et intéressantes.

***1/2

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Mind: « Edge Of The Planet »

Ce combo vient de Cleveland et il est composé des membres des groupes Homostupids, Pleasure Leftists ou encore DRYROT et il sort ici un premier album bien original, Edge Of The Planet.

On ne sait pas grand-chose donc mais mais cela n’empêche pas d’apprécier leur musique résolument inventive et fantasque. The Mind étonne pour ses influences post-punk avec une bonne touche sci-fi pour l’originalité. Et cela s’entend sur des morceaux catchy et novateurs comme « Blah Na Nothin » qui ouvre le bal mais également « Running On My Head » et « Enjoy Your Fantasy ».

Tout au long de ces huit titres, The Mind impressionne par sa technicité et la capacité d’emmener l’auditeur dans des épopées bien étranges. Il suffit d’écouter d’autres trouvailles rétrofuturistes comme « Technical Intuition » et « Space Is Binary » pour s’en apercevoir et d’écouter la conclusive « Baby Rats » pour se dire que The Mind pourrait être autre chose  qu’un OVNI de la scène post-punk américaine

***

8 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire