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Belle and Sebastian:  » Days Of The Bagnold Summer »

Juste avant d’embarquer pour leur croisière en Méditerranée avec Yo La Tengo, Alvvays ou encore Camera Obscura, les Belle & Sebastian avaient donc bouclé en catimini un disque « B.O » pour un long-métrage intitulé Days of The Bagnold Summer. Réalisée par Simon Bird, cette adaptation d’un roman graphique de Joff Winterhart met notamment en scène Earl Cave, qui n’est autre que le fils de Nick Cave. Si le teen movie britannique ne sortira en salles que dans le courant de l’année 2020, Matador Records a décidé d’anticiper la chose en publiant le disque bien en amont. Il faut dire que les Écossais s’apprêtent à partir en tournée – ils seront notamment au Pitchfork Festival à Paris au début du mois de novembre – et c’est toujours mieux lorsqu’il y a un peu d’actu. Là-dedans, il y a aussi une certaine habileté dans le sens où ce Days of The Bagnold Summer peut – du coup – être abordé comme un album à part entière.

L’exercice de la bande originale n’est en tout cas pas totalement nouveau pour Belle & Sebastian. On se souvient notamment de Storytelling en 2002. Même si – finalement – seuls quelques passages n’apparaîtront dans le film de Todd Solondz. Plus marquant : le travail de Stuart Murdoch pour God Help The Girl, long-métrage qu’il a aussi co-réalisé en 2014. Enfin, on ne compte plus les emprunts au répertoire de la troupe de Glasgow. « Soundtrack-isées » à merveille dans « Juno » (Piazza New-York Catcher), ou encore High Fidelity (« Seymour Stein»), les chansons de Belle & Sebastian apparaissent aujourd’hui dans des tas de séries. Ceux qui ont vu la dernière saison de Casa Del Papel auront forcément reconnu « Another Sunny Day ». Voilà pour la petite histoire. Les liens entre les Belle & Seb’ (depuis le temps, on se permet quelques familiarités) et les écrans – qu’ils soient grands, moyens ou petits – apparaissent aujourd’hui comme une évidence.

Concernant Days of The Bagnold Summer, on passera rapidement sur les reprises d’ « I Kwow Where The Summer Goes » (face B de This is Just a Modern Rock Song, 1998) et de « Get Me Away From Here, I’m Dying » (If You’re Feeling Sinister, 1996). D’abord parce qu’on les connaît par cœur, mais surtout parce que ces coups de lifting n’apportent pas grand chose. Bien au contraire. À la décharge des Écossais, c’est le réalisateur Simon Bird – grand fan parmi les fans du groupe – qui a insisté. Il fallait que ces deux chansons apparaissent dans la B.O. Pourquoi ? Parce qu’elles font tout simplement partie de ses « préférées » de Belle & Sebastian. Ça peut se comprendre. On plaidera donc « non-coupable ».

En revanche, partout ailleurs – et alors que beaucoup en doutaient au regard d’une discographie devenue moins passionnante depuis la fin de l’époque «Jeepster» – Stuart Murdoch montre qu’il en a encore sous son petit chapeau noir. À commencer par le « lead single »…« Sister Buddha » est une peinture sociale, conquérante et quasi militante, portée par un groupe qui a envie d’en découdre la fleur entre les dents. Ici, tout n’est qu’évidence aussi, et on se retrouve avec l’une des meilleures choses que Belle & Sebastian ait pu proposer depuis les quelques fulgurances de Girls In Peacetime Want To Dance (2015).  « Sister Buddha « en a d’ailleurs conservé quelques traits « europop ».

Ce qui marque, c’est surtout le retour aux premiers amours, à cet acoustique qui aura coloré aux crayons pastels nos vies d’adolescents insouciants entre 1996 et 1998 (la trilogie TigermilkIf You’re Feeling SinisterThe Boy With The Arab Strap). Et dans le genre, « Did The Day Go Just Like You Wanted ?, I’ll Keep It Inside » et son histoire de lèvres trop humides pour cette première cigarette, ainsi que Safety Valve (une chanson vieille de 25 ans, mais encore jamais sortie) sont des petites merveilles de délicatesse folk. Parfois, la dentelle cousue main par nos écossais prend la forme d’une carte postale, notamment le temps d’une (soft) bossa nova –«  This Letter » – qui vient presque conclure un disque où les cuivres discrets des grands débuts font également leur retour.

Days Of The Bagnold Summer contient aussi quelques histoires sans paroles. Elles sont pastorales (« Jill Pole »), nous embarquent pour un « Moon Safari (The Colour’s Gonna Run) » ou renvoient directement aux dialogues du film (We Were Never Glorious)… Ces parties instrumentales sont assez remarquables, et ne sont certainement pas l’œuvre d’un groupe en roue libre et ou fin de parcours. Pour Belle & Sebastian, Days Of The Bagnold Summer est ce que l’on pourrait appeler une « Acoustic Renaissance ».

***1/2

21 septembre 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter | ,

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