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Girl Band: « The Talkies »

Aussitôt après le E.P. The Early Years et le très remarqué Holding Hands With Jamie, il y a quatre ans, Girl Band se sont fait assez discrets et ils avaient une bonne raison pour cela puisque l’état mental de leur leader, Dara Kiely, mis en avant dans les textes de la formation dublinoise, a eu raison de lui, les obligeant à annuler de nombreuses dates de leur tournée européenne.
Ce
ne sera qu’en 2016 que le groupe reviendra sur scène, en particulier lors de la cinquième édition de « We Love Green ». Depuis, le guitariste Alan Duggan a formé The Claque avec des amis d’enfance pendant que Kiely prenait du temps pour lui afin de régler ses problèmes personnels. On n’attendait donc pas forcément ce second album – ironiquement nommé The Talkies après un long silence radio – sans doute cathartique pour le jeune irlandais.

Le disque débute d’ailleurs par « Prolix », introduction immersive dans le mental du chanteur à travers deux minutes d’une crise de panique enregistrée durant une des sessions du quatuor, puis un « Going Norway » introspectif et le schizophrène « Shoulderblades » rendent tous deux compte de son état actuel. Toujours aussi torturé, il semble toutefois plus ouvert et moins cryptique que sur le premier opus du groupe. Quant à la musique…
Tout comme
avec « Holding Hands With Jamie »
sur leur premier album, il est difficile après de multiples écoutes de se faire un avis définitif sur The Talkies. À la première écoute, l’album semble plus accessible que son prédécesseur ; après plusieurs autres, on découvre encore de nouvelles choses grâce à des morceaux aux structures toujours aussi peu conventionnelles.
De prime abord, on entend des accents pop de-ci de-là, que ce soit sur le Clinic-esque « Salmon Of Knowledge », « Caveat « et sa pop rock mainstream ou encore la lente ballade « Prefab Castle » ; après une dizaine, Kiely laisse échapper des cris irascibles et répétitifs sur « Salmon Of Knowledge » alors que « Caveat » bâtit un mur de guitares infranchissable et que la batterie de « Prefab Castle » rendra temporairement sourd.


À la première écoute, on a la sensation d’avoir face à soi une succession de « singles » plus attachants les uns que les autres, que l’on s’attend à entendre à la radio entre une Ariana Grande et un Ed Sheeran tant l’on a ingurgité et réingurgité ces dernières années « 
Holding Hands With Jamie ». Par la suite, on ne comprend toujours pas ce que l’on écoute et,

au final, le seul sentiment constant et immuable sera une impression globale qui jalonne le disque. On sait, si l’on est tombé sous le charme de « Holding Hands With Jamie », que l’on a affaire une seconde œuvre tout aussi réussie et complexe que la première. Autant l’album est mouvant, nous entraînant à changer d’avis à chaque écoute, autant la note finale reste la même, de la première à la dernière seconde, de la découverte aux constantes redécouvertes une fois le disque posé sur la platine.
The Talkies rendra même l’auditeur fou, faisant communiquer entre elles de nombreuses voix contradictoires dans son esprit ; on se trouve au cœur de la musique de Girl Band tant elle nous habite. Kiely est à présent plus à même de décrire ses émotions et les mettre à plat, en accord avec la musique et le rythme du groupe, auparavant indéfinissables, aujourd’hui plus en phase que jamais avec nous-même et notre époque.

***1/2

20 septembre 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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