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Puddle Of Mudd: « Welcome To Galvania »

Welcome To Galvani marque le retour en studio pour les Américains de Puddle Of Mudd. Les anciens protégés de Fred Durst (Limp Bizkit) n’avaient rien produit depuis plus de dix ans. Accusés de playback, cumulant les déboires avec la justice, l’idée d’un nouvel opus semblait être de plus en plus compromise.

Come Clean (2001) s’était imposé dans l’univers neo metal de l’époque grâce à ses influences grunge très marquées. Une voix proche de celle de Kurt Cobain, un chanteur tourmenté, des riffs simples et efficaces en plus d’une énergie très metal. Musicalement, le groupe maintient le cap du grunge, oscillant entre Nirvana et Alice In Chains.

« Go To Hel » et « Diseased Almost » renouent avec les recettes gagnantes de Puddle Of Mudd. Des riffs assez lourds et une mise en avant de la voix éraillée de Wes Scantlin. Une voix qui atteinda son sur le refrain de « Just Tell Me ».

« Kiss It All Goodbye » se veut dans la lignée du cultissime « Blurry »; des influences bluesy et grunge pour une ballade comme Puddle Of Mudd sait en faire mais pas avec une émotion aussi forte que par le passé.

Si le groupe ne surprend pas, il se veut rassurant sur sa capacité à continuer de composer des titres efficaces. Il est vrai que ceux-ci sont mis au service du combat de Wes Scantlin contre les démons de son passé semble être le thème principal de l’album. Ses frasques n’ont cessé de défrayer la chronique ces dernières années. Accusations de possession de cocaïne, arrestation pour ivresse publique, vandalisme sur un carrousel à bagages dans un aéroport, etc. La liste est longue, le chanteur ne s’en cache pas.

Le premier « single » « Uh Oh » accroche l’oreille par son côté nonchalant aux relents country. Les lignes de chants faussement naïves, associées à des riffs assez lourds, cachent un texte plutôt sombre. Scantlin fait part de son combat contre l’addiction et de ses conséquences sur une relation romantique.

Avec « Slide Awa », Scantlin retracera les défis de ces dernières années et la difficulté de les dépasser pour continuer d’avancer. « You Don’t Know» fera , ensuite, ressortir le sentiment d’impuissance ressenti avec l’enchaînement de ces évènements. Chaque morceau reflètera ainsi une tranche de vie, une réflexion sur ce qu’il a vécu, avec en filigrane une volonté d’aller mieux. La mélancolie du passé se confronte à la résignation du présent pour un résultat assez probant.

Welcome To Galvania marque le début d’une nouvelle ère pour Puddle Of Mudd. Il ne réinvente pas les codes mais il reste efficace. Près être reparti avec un ndifférent line-up et un autre label ce sera peut-être l’occasion d’un nouveau départ.

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19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Faim: « State Of Mind »

Depuis la sortie de leur E.P. Summer Is A Curse ( 2018), The Faim a fait un bon bout de chemin. Entre changement de musiciens et explosion sur la scène musicale internationale, les Australiens ont (tout de même) trouvé le temps de s’enfermer en studio et de sortir leur premier album, State Of Mind.

Le groupe ne réinvente pas la roue mais il a le mérite de remplacer ce manque d’originalité en mettat dans ce disque mettre beaucoup de cœur et de sincérité.

Le disque nous livre ainsi dix titres puissants et bien produits, remplis de jeunesse et de fougue. Les influences de Fall Out Boy ou Panic! At The Disco sont relativement bien digérées (hormis sur « Buying Time » qui, malgré son influence manifeste des groupes sus-nommés, est l’un des meilleurs morceaux du disque).

Les thèmes abordés ne sont pas novateurs non plus mais ils restent pertinents et traités avec profondeur et sensibilité : une relation compliquée père-fils avec la ballade « Where The River Run ”, des histoires d’amour contrariées avec « Hunman » ou les tribulations d’une jeune fille perdue avec “Amelie”. Ils sont en tout cas traités avec beaucoup de profondeur et de sensibilité.

La musique est bien exécutée mais manque parfois de finesse ou d’inspiration et les envolées lyriques ne sont pas toujours crédibles. Résultat mitigé donc pour ce « debut album » qui dispose de bases solides qu’il pourra, espéreons-le pour lui, mieux entreposer dans le futur si il parvient à nourrir nore curiosité.

**1/2

19 septembre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Surf Curse: « Heaven Surrounds You »

Surf Curse est un duo indie rock qui aurait mérité plus d’attention. Il n’y a qu’à juger leurs deux premiers albums qui furent des valeurs sûres passées quasi-inaperçues. Espérons que la donne va changer avec leur nouvel opus Heaven Surrounds You car cela vaut la peine de s’attarder dessus.

Le duo californien est connu pour mêler jangle-pop et surf-pop (un peu comme le nom du duo). Pour faire valoir leur son, Surf Curse s’attelle les services du vétéran Jarvis Tarveniere aux manettes pour rendre Heaven Surrounds You plus cinématographique qu’il ne l’est déjà. Entre les rythmes galopantes et les guitares mélodiques du titre introductif nommé « Maps To The Stars » mais aussi de « Disco » et de « Midnight Cowboy », il n’y a qu’un pas.

On serait en droit de penser à une fusion entre The Clean et The Cure moins la touche gothique de Robert Smith. Plus policé qu’auparavant, Surf Curse arrive à sortir des sentiers battus avec des morceaux plus étoffés dont « Hour Of The Wolf », « Safe » ou bien même « Memory ». Le duo atteint même la grâce avec des arrangements sur mesure mis en avant par la tête pensante de Woods notamment sur la splendide ballade « Opera » ou les dernières secondes instrumentales de « Jamie » rendant ce Heaven Surrounds You un opus de haute volée  chacun se doit d’écouter religieusement.

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19 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Mike Patton & Jean-Claude Vannier: « Corpse Flower »

Collaboration inattendue tant elle est atypique puisqu’elle regroupe Mike Patton (Faith No More) et Jean-Claude Vannier, compositeur et arrangeur français, auteur du fameux Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg. Univers dissemblables donc qui vont pourtant se formaliser vec leur album Corpse Flower.

A l’écoute des morceaux comme « Ballad C.3.3 » qui ouvre le disque, mais également de « Cold Sun Warm Beer » et de « Hungry Ghost », mélange entre pop orchestrale quasi-baroque et rock tonitruant va s’avérer efficace.

La diction maladroite de Mike Patton lorsqu’il chante en français est même attachante y compris quand elle est parsemée de hurlements en tous genres sur « Chansons d’amour » et « Insolubles ». On lèvera même le sourcil sur les curiosités que sont « Browning », « On Top Of The World » et « Yard Bull » mais on ne se sentira pas exclu de cet invraisembalble alliage. Jean-Claude Vannierdemeure toujours l’arrangeur complètement original pour qui vaut sortir à la pointe des piéd sde sa zone de confort et ce court-métrage musical on ne peut pas moins académique nous offre un disque collaboratif qui dépasse les deux protagonistes et déroutera leurs chapelles respectives pour le meilleur.

***1/2

19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Doomsquad: « Let Yourself Be Seen »

Let Yourself Be Seen est le troisième album que nous offre Doomsquad, et on y ressent une invitation profonde à connecter notre corps et notre esprit avec la musique ; plus précisément avec un grand espace où l’être sera libre de se laisser entrer dans la danse. Réelle ode à la musique dance, ce projet allie au passage des sonorités afrodisco, funk et jazz avec les vestiges d’une sorte de new age / new wave / électro intemporel et ambitieux.

Cet album surprend par la richesse de ses textures autant que par les sujets qu’il véhicule. On sent que les membres issus de la même famille en ont beaucoup à dire et qu’ils se laissent profondément aller du début à la fin, sans compromis, dans toutes les facettes de leurs compositions. La première écoute pourrait être trompeuse pour certains, alors que l’ensemble a des allures sensationnalistes, voir excentriques. Pourtant, ce qui en découle est plutôt une invitation à la révolution et un incontestable désir de parler des sujets qui touchent le monde depuis le tournant du 21e siècle. 

Ces sujets qui touchent à la fois l’environnement, la politique et la place à prendre dans ce vaste monde; thèmes ont été abordé à maintes reprises. Mais ce qui constitue l’unicité du présent projet, c’est de voir le groupe se faire leur propre idée même si les réseaux sociaux et les nouvelles peuvent avoir une réelle influence sur eux. Doomsquad se nourrit plutôt d’influences qui ont une réelle portée sur leurs convictions comme la drag queen Dorian Corey, dont le groupe parle dans Dorian’s Closet, et l’activiste Emma Goldman dans la pièce Emma. Au-delà du concept d’influences, qui se matérialise également par l’éclatement stylistique du disque, on sent que tous ceux qui ont collaboré avec eux ont pu, eux aussi, bénéficier de cet air nouveau.

Il existe dans Let Yourself Be Seen une nette impression de relâchement et de mieux être qui donne envie de respirer au grand air, élément notoirement caractériel du style de Doomsquad qui, par la musique, parle de leurs émotions en même temps que d’y vivre une catharsis devant l’incontrôlable vie qui défile. Quelle ironie lorsqu’on pense au nom du groupe, alors que leurs convictions reflètent l’antithèse de la personne amadouée et contrôlée. La sublime pochette de l’album le confirme, alors que l’on voit les trois membres enrobés de plastique, laissant uniquement leur tête à l’extérieur, comme pour dire que leurs idéaux peuvent respirer sans trop être façonnés par ce qu’ils lisent, voient ou entendent autour d’eux qui pourraient brimer sur leur qualité de vie.

Aucun doute, Let Yourself Be Seen est un album chargé, mais qui s’écoute merveilleusement bien puisqu’il laisse beaucoup de place aux moments où le son n’est guidé que par l’instrumental. C’est d’ailleurs là la clé du projet, être en mesure d’en dire autant sans toujours ouvrir la bouche. Au-delà des nombreux questionnements que posent ce projet, il se veut léger et donne envie de faire les fous. Il n’y a aucun passage à vide, il forme un tout qui conjoint son fond et sa forme dans une parfaite harmonie. Il place la barre haute pour la suite des choses, mais en attendant leur prochaine sortie, on se fait le devoir de savourer celle-ci.

***1/2

19 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Tiny Moving Parts: « breathe »

Début 2018, Tiny Moving Parts avait publié un album intitulé Swell Le trio emo/math-rock venu du Minnesota avait imposé un style fougueux et électrique. Celui-ci ne leur fait pas défaut sur l’énergique breathe qui paraît aujourd’hui.

Voici donc venir dix nouveaux titres où les influences emo, math-rock et post-hardcore que le trio arrive à distiller sans difficulté. Démarrant en trombe avec « The Midwest Sky », Tiny Moving Parts balance la sauce avec l’interprétation presque hurlée du guitariste Dylan Matthiesen et ses rythmes galopantes notamment sur « Light Bulb », « Icicles » mais aussi sur « Polar Bear » qui envoient à toute allure. On y décèle même un banjo en plein milieu du morceau « Verterbrae », c’est dire l’originalité.

En dix morceaux pour une demie-heure de musique, Tiny Moving Parts remplit honorablement le contrat avec des uppercuts comme « Bloody Nose » et « I Can’t Shake ». breathe ne nous laisse justement aucun moment de répit tant leur fusion musicale explosive nous prend à la gorge sans discontinuer.

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19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

8kids: « Blüten »

Quand le hardcore rencontre la pop, le résultat n’est pas toujours prometteur. Pour une fois, nous avons, ici,un contre-exemple. Blüten n’est pas un disque facile à prendre en main et, pour 8Kids, un combo allemand qui chante en langue maternelle, on a affaire à un style particulier.

La base est clairement rock, la scansion et certains vocaux se rapprochent fortement du hardcore. Mais on va aussi trouver des éléments plus electro, des influences hip-hop, Et la formation met un point d’honneur à exploiter la moindre de ses émotions à travers sa musique. Peut-on, alors, parler d’emo ? Pourquoi pas. On a clairement l’impression d’écouter du post hardcore sans aucun élément metal ou presque. Les dix chansons de ce nouvel opus pourraient être largement plus musclées, plus hardcore.

On ressortira de l’écoute forcément un peu frustré. À décharge, le temps que la démarche fasse son chemin elle fera plus sens Denen die wir waren, le grand frère de Blüten, était de fait beaucoup plus musclé, au moins dans les vocaux. De fait, pas mal des titres de cet opus sont vraiment très réussis ; « Kraft », « Wir bleiben kids », « Dein zuhause », « Spiegelbild », « Halt dich fest an mir », c’est plutôt pas mal. Le reste s’écoute bien aussi, même si parfois ça manque de décibels. En tout cas, ça a le mérite d’être étonnant, et ça, c’est assez rare pour être signalé.

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19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire