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Jon Keliehor: « Fables Of Forests And Light »

Jon Keliehor, avant de frayer dans les milieux « ambient » et « roots », joué dans de nombreuses formations durant les années 70 et 80. Il a même fréquenté Jim Morrison et james Brown puis composé des « B.O. » de films et des musiques pour le théâtre et la danse. Ses plus récentes productions en solo consistaient en un travail sur les percussions et les « field recordiings » (The Beginning Of Time en 2016) .

Après avoir fait cette projection sur les bruits de jungles animalistes, Fables Of Forests And Light  va, lui, s’orienter vers une autre sorte d’instrumentation faite de cithares réverbérées.

Jon Keliehor cite Aldous Huxley lui permettant de situer sa démarche sur les insterstices qui se situent entre différents seuils, peu ou prou cachés. Elle explicitera ce travail de symbiose entre bruits organiques et approches plus numériques (cordes synthétiques sur « Light Horizon »). Tout comme chez The Doors cette démarche rappellera la démarche de Carlos Castaneda sur les états altéérsé de conscience ; entre forêts pluvieuses (rainforest) et dérives « stupéfiantes » et néo-psychédéliques se feront percevoir ces voix fantomatiques à la lisière d’un charnel qui ne s’émanciperait pas, d’un tangible qui serait toujours hors de portée.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bench Press: « Not The Past, Can’t Be The Future »

Tout droit sorti de Melbourne, en Australie, nous arrive une dose extrêmement contagieuse de post-punk un peu grinçant, infusé de garage-rock rempli de testostérones. En effet, bien qu’elle n’ait pas la formule pour plaire au plus grand nombre, le quatuor baptisé Bench Press saura sans doute stimuler agréablement les conduits auditifs de fans de groupes tels Fugazi ou Fountaines DC.

Après avoir fait parler d’eux pour les bonnes raisons — c’est-à-dire un premier album fort respectable qui a vu le jour en 2017 simplement nommé Bench Press ainsi que de solides concerts dans leur lointain pays natal et en Europe — les voilà de retour avec une production intitulée Not The Past, Can’t Be The Future. Le genre d’album qui est l’équivalent d’un violent coup de masse au plexus solaire, mais qui guérit autant qu’il fait mal.

L’offrande s’ouvre sur la très solide « Respite », sur laquelle le guitariste Morgan Griffiths est d’une efficacité redoutable. Et dès le départ, et ce jusqu’à la fin du disque, on remarque que la voix rocailleuse du chanteur, Jack Stavrakis, rappelle beaucoup celle d’Ian MacKaye de Fugazi. Les gens qui me connaissent bien savent que ce n’est absolument rien pour m’inciter à baisser le volume et ainsi protéger mon audition qui se fait de plus en plus défaillante. La remarquable « Good Guy », avec sa guitare simple, mais qui arrache autant qu’un dentiste de mauvaise foi, en est une autre qui frappe très fort.

Plusieurs autres chansons visent aussi en plein centre de la cible et récoltent des points bonus ; « Dreaming Again », « Amalgamation », « Baby Steps » et « Enough ». À vrai dire, plus les écoutes du disque s’accumulent, plus on réalise qu’il n’y a pas vraiment de chansons faibles et ça, c’est malheureusement de plus en plus rare sur un album de nos jours.

À noter aussi que la section rythmique du groupe, Lewis Waite à la basse, ainsi que Jordan Hicks à la batterie, est toujours dynamique et très compétente tout en étant la plupart du temps d’une simplicité désarmante. De l’excellente besogne de leur part.

Not The Past, Can’t Be The Future est un album constitué de onze redoutables brûlots qui vous donneront le goût d’y revenir plus souvent qu’à son tour. Et bien que ces trente-trois minutes de rock un peu enragé ne révolutionnent absolument rien, on peut affirmer sans aucune hésitation que dans le prévisible, on a entendu cent mille fois pire.

****

18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Toby Andersen: « Chasing Shadows »

Toby Andersen a déjà derrière lui une carrière bien remplie, à la fois riche et variée. Il a d’abord connu le succès avec le groupe de disco pop britannique Funkapolitan en 1980 avant de devenir un musicien de studio travaillant pour divers groupes mais aussi pour des commandes pour l’univers de la publicité ou de l’illustration sonore (pour la BBC) dans les années 90 et 2000.
Aujourd’hui,
Toby Andersen s’offre un premier album en mode solo piano, fort plaisant, assez loin de son univers d’origine.

En effet, ici pas question de démonstration de virtuosité, mais plutôt l’envie avec ce Chasing Shadows de proposer des ritournelles simples, faciles à écouter et vite mémorisables qui rappelleront forcément les premiers albums de Yann Tiersen. Un disque rempli de notes de piano virevoltantes, aux allures de musique de film et plutôt riche en émotions ; une jolie parenthèse, légère et bucolique.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Jenny Hval: The Practice Of Love

Jenny Hval avait tutoyé les sommets il y a trois années de cela avec son album Blood Bitch. La musicienne avait reçu une tonne de nominations aux Spellman Awards confirmant sa consécration. De l’eau a coulé sous les ponts depuis mais elle est de retour avec son septième opus intitulé The Practice Of Love.

Après avoir exploré le thème du sang et des menstruations sous toutes ses formes, Jenny Hval revient à une thématique beaucoup plus aseptisée. Avec l’aide de nombreuses collaboratrices, la Norvégienne redéfinit la féminité la plus pure à travers ces huit nouvelles compositions à mi-chemin entre électronique avant-gardiste et pop théâtrale. Débutant avec « Lions , »otre hôtesse et ses invités poussent l’auditeur à la réflexion à travers ces textures musicales rêveuses dont seul la Norvégienne a le secret.

Le périple se poursuit avec l’atmosphérique « High Alice » et le méditatif « Accident » mené aux synthés cosmiques où, accompagnéede Laura Jean, elle nous prpose de procédéer à une mûre réflexion sur la maternité, le travail et les raisons de notre existence. Après une séquence de spoken-word sur le morceau-titre conviant de nouveau Laura Jean et Virginia Wang et, partant du concept de l’amour sur cet inquiétant passage, Jenny Hval retient toute notre attention avec un « Ashes to Ashes » plus percussif ou encore le frénétique « Six Red Cannas » frôlant les ambiances « rave ».

Entre deux morceaux bien agités et des moments contemplatifs (« Thumbsucker » aux saxophones triomphants et la conclusion pop planante nommée « Ordinary ») ferontde ce The Practice of Love une belle expérience auditive. Pour ce septième album, la musicienne norvégienne (ainsi que ses invitées de prestige Vivian Wang, Félicia Atkinson et Laura Jean) prouve qu’elle sait explorer un thème en analysant toutes les parties pour en faire un disque court certes mais cabsolument renversant.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Microwave: « Death Is A Warm Blanket »

Microwave avait connu la consécration avec ses deux premiers albums Stovall en 2014 et Much Love en 2016. Sa marque de fabrique était sa capacité à mélanger rocks alternatif et emo mais, sur ce troisième opus, le groupe d’Atlanta a décidé de durcir le ton.

Death Is A Warm Blanket se voulant plus sombre et plus agressif que jamais, Microwave a décidé d’exulter par le biais de son chanteur et guitariste Nathan Hardy toute la rage et le désespoir dont il est porteur.Les textes sont donc hurlés plutô que chantés et les chorus sont des brûlots bien heavy à l’image de « Leather Daddy » qui débute doucement avant de finir sur un maelström sonique inattendu mais encore de « DIAWB » et de « The Brakeman Has Resigned ».

Sans aucun doute Microwave a décidé de virer vers le post-hardcore ou le sludge tant les riffs sont plus lourds et les rythmiques se font plus assassines que jamais. Nathan Hardy alterne furie et désenchantement sur des morceaux bien rentre-dedans comme « Float To The Top », « Hate TKO » ou bien même « Pull ». Après toute cette déflagration sonique, les choses se calmeront un peu avec une conclusion on ne peut plus soft nommée « Part Of It » comme pour, après la tempête, faire se succéder un celme plus relatif. Au total, Death Is A Warm Blanket s’avèrera être un opus ingénieux pour qui voudra faire ressortir ses maux les plus profonds.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tennis System: « Lovesick »

Tennis System ne fait pas partie des groupes les plus connus de la scène post-punk mais il reste parmi les plus talentueux. Le trio originaire de Washington n’avait plus donné signe de vie depuis on second album paru il y a cinq ans ; Lovesick est le nouvel opus qui lui permet de mettre fin à son silence.

À l’écoute de ce troisième album, tout nous laisse à penser que Tennis System a vécu une période de rage, d’angoisse et de frustration. Il suffit d’entendre les brûlots acides à mi-chemin entre indie rock et post-punk comme « Shelf Life » qui ouvre le bal mais encore « Alone » et « Esoteric » pour se rendre que la bande à Matty Taylor (chant, guitare) se déchaîne à tout va.

On ne sera alors pas au bout de nos surprises car Tennis System vise à exorciser tous ses maux avec une ambiance anxiogène qui persiste à chaque fois avec des riffs métalliques et une cette section rythmique qui sentent le souffre. On pensera notamment à « Deserve », « Third Time » ou bien « Turn » où la production met bien en avant le côté punchy et agressif de la musique du combo. Rares sont les moments calmes (l’interlude « Fall » n’en étant que l’exemple concret), et Lovesick est constant par sa rage qui l’habite sur « Cologne » et « Come Undone ». En ce sens, Tennis System convoque la fièvre et le côté acéré du post-hardcore pour en faire un disque faisant date dans le registre qui est le sien.

***1/2

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Guaxe: « Guaxe »

Lorsque deux groupes de rock psychédélique brésiliens se réunissent, cela peut donner quelque chose d’exceptionnel. Et justement Guaxe est la fusion entre Dino Almeida de Boogarins (qui avait tourné aux côtés de Laure Briard) et Pedro Bonifrate de Supercordas qui forment un superduo et un premier album à la clé.

Et de la pop psychédélique, c’est ce que l’on attendait de leur part et Guaxe ne compte pas nous décevoir. Les deux brésiliens font parler leur alchimie dès les premières notes de « Desafio do Guaxe » avec sa mélodie à l’envers entraînante mais également avec d’autres trouvailles bien trippy comme « Pupilxs » et « Nilo » qui valent également le détour.

Les deux musiciens utilisent les recettes clés qui ont fait la réputation de leurs groupes pour en faire un cocktail musical fascinant. Il n’y a qu’à juger les écoutes plus qu’addictifs comme « Onda » et « Avesso » pour s’en apercevoir ou encore la conclusion hautement psychédélique nommée « Povo Marcado » de haute volée. Guaxe peut se frotter sans souci à la concurrence avec un premier album de haute qualité ; autant, alors, se pas bouder son plaisir.

***1/2

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KAZU: « Adult Baby »

L’avenir de Blonde Redhead paraît plus qu’incertain. Le légendaire groupe new-yorkais as’était manifesté en 2014 avec un dernier album nommé Barragan. Et une autre indication qui fait penser à une éventuelle fin est que Kazu Makino, qui n’est autre que la chanteuse du groupe, se lance en solo avec son premier album nommé Adult Baby sous le pseudonyme de KAZU.

L’objectif pour KAZU est d’oublier tout ce qu’elle avait engendré en compagnie de ses comllègues pour se réinventer. C’est avec ce mélange entre pop orchestrale et électro minimaliste qu’elle arrive à trouver une seconde jeunesse avec des morceaux originaux et organiques à l’image de « Salty » qui ouvre le bal allègrement mais également « Come Behind Me, So Good! » et autres « Meo » qui ont de quoi rappeler l’esthétique de Björk période Vespertine.

En jouant avec sa voix toujours aussi christique (alternant anglais et japonais de temps à autre) ainsi qu’avec des textures plus électroniques et autres effets sonores, on baigne dans un univers parallèle pour le moins intrigant et par fois ponctués de cordes comme sur le morceau-titre. Mais plus on avance, plus on sent que ce premier album manque quelque peu de consistance notamment avec « Unsure In Waves » et « Undo » qui traînent quelque peu en longueur. En soi, on salue la volonté artistique de se réorienter musicalement et d’opérer une fusion entre dream-pop et électronica orchestrale ; celle-ci aurait pu être grandiose si certains titres ne pêchaient pas par leur côté leur superflu.

***

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Twin Peaks: « Lookout Low »

Ce qu’on retiendra chez Twin Peaks, c’est avant tout leur capital sympathie et leur capacité d’être consistant à chaque sortie d’album. La dernière fois qu’ils avaient fait parler d’eux, c’était en 2016, avec un troisième album, Down In Heaven qui était de plutôt bonne qualité Trois années se sont écoulées et le quintet de Chicago reprend du service avec Lookout Low.

On a connu Twin Peaks en format garage-rock acidulé et son prédécesseur voyait quelques changements au niveau musique. Et , en effet, le combo continue à se diversifier encore plus ici en redonnant ses lettres de noblesse au rock’n’roll pur et dur, un rock où il car il n’est plus question de garage. Tout en gardant cette électricité « live » qui acontribué à sa renommée, le groupe délivre des sonorités travaillées avec entre autres « Casey’s Groove » rappelant la classe de feu Bowie mais encore les accents 70’s de « Better Than Stoned » et de « Unfamiliar Sun ».

Twin Peaks se montre beaucoup plus inspiré et c’est dans ce sens que Lookout Low arrive à impressionner avec aussi bien des moments d’accalmie comme la gentille ballade nommée « Under A Smile » que des moments plus agités avec « Oh Mama » en passant par des arrangements ingénieux qui habillent les titres comme « Laid In Gold » et « Dance Through It ». Il en résulte un quatrième album plus audacieux et surtout riche en bonnes et toujours meilleures vibrations.

***1/2

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Luke Temple: « Both-And »

A chaque projet solo, on est toujours épaté par la brillance musicale de Luke Temple. En 2017, il avait présenté son side-project nommé Art Feynman complètement détonnant ; ectte année, le membre de Here We Go Magic a décidé de revenir sous son véritable nom avec un nouvel album intitulé Both-And.

Quelques années se sont écoulées depuis son album solo A Hand Through The Cellular Door et, ici, Luke Temple revient aux fondamentaux. Loin des délires fantaisistes du passé, le musicien de Salem présente un disque à la croisée entre indie folk et dream-pop baroque avec une pointe d’electronica. Cela donne naissance à des morceaux célestes à l’image de « Don’t Call Me Windy » et de « Wounded Brightness » qui nous élève au-dessus.

Une fois de plus, on apprécie son inventivité et cette capacité de nous embarquer dans des hautes sphères avec des influences dignes de Devendra Banhart, Beach House et St. Vincent période Strange Mercy dont on perçoit la patte sur « 200,000,000 Years Of Fucking ». Luke Temple nous transporte au loin avec « Given Our Good Life » et son groove subtil mais encore « Taking Chances » (seul morceau comportant une guitare) et « Empty Promises » et continue de le faire avec grâce et élégance notamment sur l’estival « Henry In Forever Phases » et « Least of Me ». Il ne fait aucun doute qu’avec Both-And le membre de Here We Go Magic a atteint un nouveau plateau sur ce voyage plus qu’enivrant.

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