Gruff Rhys: « Pang! »

Un peu plus d’un an après la sortie de Babelsberg, sur lequel il avait collaboré avec l’Orchestre National du Pays de Galles, le fantasque Gruff Rhys, échappé de ses Super Furry Animals, nous propose aujourd’hui Pang! produit par Muzi, l’artiste sud africain.
Une fois encore, c’est en Gallois que Gruff chante ses neuf aventures mais, histoire de continuer à surprendre ses auditeurs, il y incorpore ici quelques couplets en zoulou. Toujours aussi déconcertant, l’artiste a cependant ici choisi une certaine sobriété. Si Babelsberg misait avant tout sur la dimension intimiste, c’est le versant pop qui est à l’honneur sur ce Pang!.
Du concept à la conception, rien de bien fou pour une fois (si ce n’est ces insertions de zoulou), et Rhys joue totalement sur l’immédiateté de son talent à écrire des hymnes pop, à l’image de « Digidigol » ou encore de « Ara Deg (Ddaw’r Awen) », qui mélange à merveille les deux langues et les deux cultures d’une manière tellement naturelle qu’à la première écoute, on se rend à peine compte que l’on se fait bercer d’une langue à l’autre. Le format est court, autour des trois minutes, et l’on ne garde que l’essence mais insidieusement, on bascule vers des compositions plus étoffées, où les cuivres s’invitent (« Eli Haul »).


Si l’on retrouve la patte de Gruff Rhys, Pang! incorpore de petites touches de nouveautés, à l’instar de la splendide « Taranau Mai » ; on quitte à moitié l’acoustique, on le sublime en la parsemant de quelques pépites, quelques cordes, quelques percussions qui rappellent l’Afrique, on tend vers l’intime, pour ensuite le repousser et on bascule alors vers des dimensions plus froides, plus électroniques (« ÔI Bys / Nodau Clus »t) où la voix chaleureuse vient nous rappeler que quoi qu’il advienne, elle viendra ranimer notre feu sacré.
Comment peut-on objectivement jauger le talent d’un artiste ? Gruff Rhys pourrait en partie répondre à cette question avec Pang!. Il réussit en effet à nous faire tomber amoureux non seulement de ses mélodies mais aussi de la chaleur et de la poésie du gallois et n’est-ce pas une forme de talent indéniable que de charmer par une langue incompréhensible pour la quasi majorité des auditeurs et de le récompenser  avec une petite infusion tropicale.

***1/2

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