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Deadthrone: « Premonitions »

Post hardcore ? Metalcore ? Post hardcore ? On ne sait pas trop quel qualificatif donner à ce premier album de Deadthrone. Un peu de tout ça probablement. En tout cas, si ça ne sonne absolument pas original, c’est dans l’air du temps et que cela se nomme la modernité. Toujours estil que c’est plutôt bien foutu, que les mélodies pop sont sympathiques et que le riffs sont épais comme on les aime et que l’alternance de voix emo et deathcore couplée à quelques éléments electro dynamisera le tout.

Premonitions est un premier album à prendre pour ce qu’il est ; franchement mais pas foncièrement renversant. Vouloir en faire un opus accessible enegendre le risque de le faire sonner quelque peu édulcoré ce qui ne pourra que faire renâcler le fondamentaliste du genre.

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15 septembre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Ventura: « Ad Matres »

Ce trio hélvétique œuvre dans le shoegaze et ce quatrième album depuis Ultima Necat les voit rompre un silence qui durait depuis 6 ans. Le temps semble leur avaoiré été profitable car Ad Matres est sans doute le meilleur album du combo.

Ce réveil est moins électrique que précédemment mais tout aussi douloureux. Alourdi par le deuil d’une mère disparue et bousculé par l’arrivée d’un nouveau batteur, ce nouveau chapitre reste marqué par une certaine noirceur de ton autant que par une volonté farouche de résilience ; souffrir, certes, mais aussi effacer avec, en introduction, un instrumenta, « Acetone », pour, enfin, repartir.

Le noise-rock plutôt frontal se voit ainsi enseveli sous une avalanche d’overdubs de guitares héritées de ce shoegaze qui se résume par cette formule : tête dans le guidon et yeux rivés sur les pédales.

Défilera alors tout un pan de l’histoire de ce rock alternatif qui fraie dans le chéma adolescence tourmentée façon Shellac ou ces digressions noisy à la Sonic Youth ou Labradford, voire Fugazi.

La force de Ventura, toutefois, sera de dépasser ces références écrasantes en y apportant équilibre et légèreté. Cette position passera notamment par la voix mélodieuse voire discrète de Philippe Henchoz contrastant impeccablement avec les déferlantes furieuses de l’instrumentation. Le tout sera étayé par unep roduction magistrale, celle de Serge Moratel (Knut) qui sait rendre encore ici ce contraste pertinent et d’une efficacité redoutable. De quoi satisfaire les oreilles les plus exigentes mais aussi les plus adaptables.

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

(Sandy) Alex G: « House Of Sugar »

(Sandy) Alex G est devenu une référence de l’indie rock de cette décennie. On l’avait laissé avec son exceellent album Rocket paru en 2017 qui lui a permis d’acquérir une plus que certaine notoriété. Le collaborateur de Frank Ocean revient tenter nous envoûter une fois de plus avec son neuvième opus, House of Sugar.

Nous sommes ici longés dans un conte de fées à l’écoute d’une introduction déconcertante, « Walk Away » qui, à partir d’une mélodie dissonante, Alex Giannascoli nous hypnotisepar sa formulation incantatoire. De quoi démarrer cet album en trombe avec le bucolique « Hope » qui est remarquable pour sa mélodie céleste ainsi que le pur « Southern Sky » avec sa mélodie au piano et le côté freak de « Gretel » mettant en avant le mal-être adolescent de son auteur.

Très vite, (Sandy) Alex G ira diversifier sa palette musicale et cela s’entendra à travers des moments instrumentaux quelque peu expérimentaux : « Project 2 » qui sonne comme une démo inachevée ou encore « Bad Man ». Les accents électroniques prennent alors le dessus sur« Taking » et « Near » avant que la voix ultra-trafiquée  du musicien de Philadelphie ne s’impose sur « Sugar ». Suite à ce détour quelque peu incongru, on revient à des compositions plus contemplatives rappelant la grâce d’Elliot Smith avec, par exemple, « In My Arms » et l’attachant « Crime » mettant au premier plan la plume personnelle et inventive de notre hôte.

Après une conclusion live nommée « SugarHouse » et son solo de saxophone attachant, (Sandy) Alex G continue de nous fasciner avec ses contes surréalistes et de repousser les limites de la bedroom-pop/indie folk. House of Sugar est un autre manifeste du talent incommensurable de l’éternel collaborateur de Frank Ocean et on ne peut que souhaiter qu’il décide de ne pas s’arrêter en si bon chemin.

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15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Pixies: « Beneath The Eyrie »

La reformation de Pixies est une bonne nouvelle même si ladite reformation se fait sur un arrière-fond d’amertume comme len témoignent leurs deux albums Cindy en 2014 et Head Carrier deux ans plus tard. Mais impossible pourtant de nnier que l’annonce d’un nouvel opus du mythique groupe de Boston est un événement.

Pour ce septième disque enregistré dans une église désaffectée et toujours produit par le britannique Tom Dalgety, Pixies a décidé de sortir de sa zone de confort. Et c’est ce que l’on demandait après deux disques vraiment tièdes car la bande à Frank Black explore désormais la thématique gothique et les climats hantés. Beneath The Eyrie regroupe ainsi des titres comme « In The Arms Of Mrs. Mark Of Cain » à mi-chemin entre Western et ambiances gothiques ou encore les défouloirs punk de « On Graveyard Hill » qui met en lumière une sorcière amoureuse et le brûlot heavy de « St. Nazaire » mettant en scène une femme phoque.

Frank Black se montre beaucoup plus inspiré que dans le passé. Plongeant son imagination parmi les ouvrages d’Edgar Allan Poe et de Sisters Of Mercy, l’univers hallucinogène faisant référence aux vies personnelles des membres du groupe (le divorce de Frank Black, la cure de désintoxication de Joey Santiago…) arrive à être retranscrit sur des contes fantaisistes de la pop étrange de « This Is My Fate » ou les allures Tex-Mex de « Silver Bullet » mettant en scène un étrange loup-garou ou plus psychédéliques sur « Daniel Boone » avec un clavecin en prime. Tandis que notre hôte s’est assagi au niveau de l’interprétation, la bassiste Paz Lenchantin arrive à impressionner sur les influences surf ténébreuses de « Los Surfers Muertos » avant d’être relégué à l’arrière-plan sur d’autres titres inventifs comme « Bird of Prey » et la conclusion folk de « Death Horizon ».

A l’heure où je pensais que la reformation de Pixies était une fausse bonne idée on ne peut qu’être agréablement surpris de découvrir que les vétérans n’ont rien perdu de leur imagination même si Beneath The Eyrie pêche parfois à par certains moments. Certes, on est loin du niveau des quatre premiers albums mais la bande à Frank Black brille lorsqu’elle sort de sa zone de confort ce dont on ne peut qu’êre ravi.

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Liam Gallagher: « Why Me? (Why Not) »

Après le succès (inattendu) de son premier disque solo (As You Were – 2017), Liam Gallagher remet le couvert, gonflé à bloc, avec Why Me ? Why Not.
Liam Gallagher est en tête d’affiche des festivals européens, vend des disques à la pelle et soigne sa voix. En 1996, en pleine Oasismania, il avait décidé, sur un coup de tête, d’annuler une tournée américaine sold out. En 2000, il gâchait le rêve de son frangin en arrivant totalement éméché sur la scène de Wembley pour leur second concert dans le plus grand stade de Londres. Bref, il n’y avait pas un mois voire une semaine sans que Junior flingue la carrière du groupe. Et puis… Le temps passe et les gens changent un peu. Forcé de se lancer solo après la fin d’Oasis et le manque de succès de Beady Eye, Liam Gallagher a le vent en poupe et fait tout pour le maintenir. Why Me ? Why Not reprend les choses là où As You Were les avait laissées. Liam Gallagher reste le même et est toujours obsédé par les mêmes choses : les parkas, Adidas, John Lennon et son frère. Noel, dont il est question dans « One of Us », devrait même lui permettre de décrocher un tube. Alors que le dernier single de Noel a autant de succès que le dernier Shed Seven.

Why Me ? Why Not affine le tir par rapport à son prédécesseur et fait mouche sur quasiment toutes les chansons. On oubliera peut-être les deux derniers titres. Le reste de la troupe est bon pour le service. « Now That I’ve Found You » devrait réveiller tous les fans d’Oasis endormis depuis 1996 et Meadow devrait faire plaisir aux partisans de George Harrison. Co-écrit par Greg Kurstin et Andrew Wyatt, l’album devrait faire des ravages au Royaume-Uni et en Europe.
Alors que tous les autres groupes des 90 font la tournée des foires au saucisson du Yorkshire,
Liam Gallagher nage encore cent coudées au dessus des autres. Comme au bon vieux temps… Et même « Shockwave » et « Once » ont été mis de côté, il restera encore matière à tubes avec « Be Still « et « Halo »

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gruff Rhys: « Pang! »

Un peu plus d’un an après la sortie de Babelsberg, sur lequel il avait collaboré avec l’Orchestre National du Pays de Galles, le fantasque Gruff Rhys, échappé de ses Super Furry Animals, nous propose aujourd’hui Pang! produit par Muzi, l’artiste sud africain.
Une fois encore, c’est en Gallois que Gruff chante ses neuf aventures mais, histoire de continuer à surprendre ses auditeurs, il y incorpore ici quelques couplets en zoulou. Toujours aussi déconcertant, l’artiste a cependant ici choisi une certaine sobriété. Si Babelsberg misait avant tout sur la dimension intimiste, c’est le versant pop qui est à l’honneur sur ce Pang!.
Du concept à la conception, rien de bien fou pour une fois (si ce n’est ces insertions de zoulou), et Rhys joue totalement sur l’immédiateté de son talent à écrire des hymnes pop, à l’image de « Digidigol » ou encore de « Ara Deg (Ddaw’r Awen) », qui mélange à merveille les deux langues et les deux cultures d’une manière tellement naturelle qu’à la première écoute, on se rend à peine compte que l’on se fait bercer d’une langue à l’autre. Le format est court, autour des trois minutes, et l’on ne garde que l’essence mais insidieusement, on bascule vers des compositions plus étoffées, où les cuivres s’invitent (« Eli Haul »).


Si l’on retrouve la patte de Gruff Rhys, Pang! incorpore de petites touches de nouveautés, à l’instar de la splendide « Taranau Mai » ; on quitte à moitié l’acoustique, on le sublime en la parsemant de quelques pépites, quelques cordes, quelques percussions qui rappellent l’Afrique, on tend vers l’intime, pour ensuite le repousser et on bascule alors vers des dimensions plus froides, plus électroniques (« ÔI Bys / Nodau Clus »t) où la voix chaleureuse vient nous rappeler que quoi qu’il advienne, elle viendra ranimer notre feu sacré.
Comment peut-on objectivement jauger le talent d’un artiste ? Gruff Rhys pourrait en partie répondre à cette question avec Pang!. Il réussit en effet à nous faire tomber amoureux non seulement de ses mélodies mais aussi de la chaleur et de la poésie du gallois et n’est-ce pas une forme de talent indéniable que de charmer par une langue incompréhensible pour la quasi majorité des auditeurs et de le récompenser  avec une petite infusion tropicale.

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Somos: « Prison On A Hill »

Ce troisième album des ultra-talentueux Somos n’aurait dû sortir qu’en Octobre. La disparition tragique de leur guitariste a précipité la sortie digitale de Prison On A Hill, pour financer les funérailles de ce dernier. Un très beau geste de la part du label, et un hommage avec les derniers morceaux qu’il a aidé à composer. Somos a un son bien à lui, à base d’emo-rock, de pop-punk et d’indie-rock. Son prédécesseur, First Day Back, a été couronné de succès (en tout cas de la part des critiques). Prison On A Hill suit la même tendance en étirant les morceaux (sur le précédent, seuls trois titres dépassaient la barre des trois minutes) et y ajoutant des synthés qui fleurent bon la new wave. C’est bien simple, sur les 47 minutes que durent le disque, aucune n’est à jeter.

Emotions à fleur de peau, refrains addictifs passages atmosphériques, un travail magnifique sur les guitares et claviers, et une avalanche de tubes plus tard, le constat est simple : Prison On A Hill est le meilleur album de Somos. On pourrait aisément disséquer chacun des morceaux, tant ils regorgent de détails, de passages où on prend le temps de poser les ambiances sans se donner de limites. Et que dire de cette voix, proche de Morrissey ! Du tube « The Granite Face » en passant par « Absent and Lost » et son synthé énorme et cette basse qui cogne, ou encore faire un détour par la superbe  » »y Way To You » qui démarre tout en douceur avant de lâcher les chevaux et finir par le morceau le plus rentre dedans « Dreamless » (quelle baffe !). Le désormais trio déborde de créativité et on sent que la bande a mis tout son âme dans ce disque qui estun petit chef d’œuvre d’emo-rock à ne manquer sous aucun prétexte.

****1/2

15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hawksley Workman: « Median Age Wasteland »

Cela fait maintenant deux décennies que Hawksley Workman est dans les circuits et reste indétrônable dans son milieu. Le musicien multi-instrumentiste canadien avait publié un dernier album nommé Old Cheetah il y a cinq années de cela maintenant. Cette année, il revient en format épuré comme auparavant avec son successeur nommé Median Age Wasteland.

Voici donc onze nouveaux morceaux plus folk et plus mélancoliques qu’auparavant. Les éternels nostalgiques des albums comme Treeful of Starling ou encore Between The Beautifuls seront bien servis car des morceaux épurés et downtempo à l’image de l’introduction nommée « Birds In Train Stations » ou de « Battlefords » et « Italy » en sont légion. Très vite, on se laisse emporter par la grâce infinie des compositions comme « 1983 » et « To Receive » sublimés par des chœurs féminins.

Bien entendu, Hawksley Workman nous réserve tout de même quelques surprises à bord de ce voyage musical placé sous le signe de la quiétude. Ses origines glam peuvent revenir au galop quand on s’y attend le moins notamment sur les plus produits « Song of Summer » mais également sur le plus psychédélique « Stoners Never Dream » pour prouver que l’inventivité du canadien reste toujours aussi intact. Entre temps, on se laisse bercer de nouveau avec « Skinny Wolf » et « Oksana » qui viendra clôturer ce Median Age Wasteland doucereux et planant comme il se doit. Vingt ans d’activité et Hawksley Workman continue de nous ifaire chavirer.

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Orville Peck: « Pony »

Beaucoup iront prendre un malin plaisir à le surnommer le MF DOOM de la scène alternative country tout simplement parce qu’il avance visage masqué. Et pourtant Orville Peck est bien au-delà de tout cela car le mystérieux musicien originaire du Nevada a décidé de se révéler à nous avec son premier album intitulé Pony.

Derrière son chapeau de cowboy et de son masque en cuir, Orville Peck reste avant tout un musicien qui possède un sacré caractère. Inspiré par les grands actes de ce courant musical comme Townes Van Zandt, Merle Haggard ou encore Willie Nelson, il se démarque par son originalité à travers des morceaux bien aventureux à l’image du titre d’ouverture nommé « Dead of Night » qui, comme son nom l’indique, fascine par ses ambiances nocturnes.

Petit à petit, le mystère est levé face à l’univers d’Orville Peck qui se dévoile de plus en plus. Avec des ritournelles country originales bien enlevées tels que « Turn To Run » et « Winds Change » ou encore des plus ténébreux « Buffalo Run » aux guitares savamment distordues, le bonhomme du Nevada revendique la culture queer à laquelle il a baigné. Entre moments spacieuses avec « Queen of the Rodeo » et « Hope to Die » et d’autres plus solennels avec la ballade lo-fi nommée « Kansas (Remembers Me Now) » ou encore « Nothing Fades Like The Light », tout laisse à penser le Far West peut nous réserver de bonnes surprises de taille. Et c’est sans compter sur le talent venu d’ailleurs du cowboy masqué.

***1/2

 

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire