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Sando Perri: « Soft Landing »

Avec sa musique qui défie toute catégorisation, le Torontois Sando Perri fait figure d’ovni dans le paysage indie. Rarement a-t-on vu un artiste passer si facilement d’un genre à l’autre, de l’électro au folk tropical jusqu’à la pop ambiante. Sur Soft Landing, il s’amuse avec les codes du jazz et du soft-rock des années 70 avec une parfaite maîtrise du style.

La parution aussi rapide de ce Soft Landing a de quoi surprendre un brin. En effet, il y a moins d’un an, Perri nous arrivait avec In Another Life, un album lancé après une absence de sept ans et qui lui a valu les commentaires les plus élogieux; en même temps, le musicien et réalisateur n’a jamais été du genre à s’asseoir sur ses lauriers, lui qui a également été actif sous les pseudonymes Polmo Polpo et Off World.

La musique de Perri a toujours été marquée par une économie de moyens. Il utilise la répétition et des structures harmoniques simples pour créer des chansons expansives qui se développent sans se développer, entraînant l’auditeur dans un monde où l’on perd la notion du temps. Ainsi, In Another Life était constitué de la chanson-titre, une odyssée de 24 minutes bâtie sur une seule séquence d’accords, et de trois versions du même morceau, avec trois chanteurs et trois arrangements différents.

Soft Landing se situe dans un registre quelque peu différent dans la mesure où il fait appel à d’autres traditions musicales. C’est un peu plus léger dans le ton qu’In Another Life en s’abreuvant au jazz-funk à la Stevie Wonder (incluant le clavinet) et le soft-rock à la America, The Eagles ou Cat Stevens. En ce sens, ce nouvel album est plus proche sur le plan stylistique d’Impossible Spaces, le disque qui a révélé Sandro Perri en 2011 et qui regorgeait lui aussi d’influences du rock et du jazz fusion des années 70. Cela dit, la signature sonore de Perri demeure toujours la même, avec pour éléments principaux son chant souple et délicat et la finesse des arrangements.

Soft Landing s’ouvre avec une plage de 16 minutes, l’excellente « Time (You Got Me) », sur laquelle Perri médite sur le passage du temps et son impact sur nos relations avec les autres.

Musicalement, la composition évolue lentement au gré d’une séquence d’accords qui semble suspendue dans les airs. Puis, à quatre minutes, Perri se libère des contraintes du format chanson en se lançant dans une improvisation qui rappelle les jams un peu désordonnés des Grateful Dead ou du Velvet Underground.L ’accent n’est pas mis sur la virtuosité, mais sur les textures qui rendent le tout extrêmement fluide et facile à assimiler.

L’album révèle d’ailleurs une autre facette de musicien peu exploitée jusqu’ici dans sa discographie : son jeu à la guitare. On le remarque notamment sur la chanson-titre et sur « Floriana », deux instrumentaux qui évoquent des noms comme Pat Metheny ou Jeff Beck. Et c’est sans compter la très réussie « Wrong About the Rain, » où la guitare semble en parfaite communion avec le clavinet sur un rythme funk.

Comme le reste de l’œuvre de Perri, Soft Landing s’apprivoise lentement, au gré des écoutes, à la lumière d’un bon vin qu’on laisse vieillir. Sans doute le même vin qu’on pourra ensuite déguster en écoutant cet album volontairement sans artifice (malgré la richesse des références et du propos) et avant tout résolument « chill out ».

***1/2

14 septembre 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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