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Finn Andrews: « One Piece At A Time »

A l’heure où l’avenir de The Veils est plus qu’incertain après leur album Total Depravity, lles membres du groupe ont décidé de s’émanciper chacun de son côté. C’est notamment le cas pour son leader Finn Andrews qui décide de dégainer en premier avec son album solo intitulé One Piece At A Time composé durant ces cinq dernières années.

Sans surprise, Finn Andrews n’ira pas baigner dans les sonorités qui ont fait la notoriété de son groupe mais il s’orientera vers des ambiances plus baroques et romanesques. One Piece At A Time regroupe ainsi des morceaux intimistes comme la ballade d’ouverture intitulée « Love, What Can I Do ? » sous une pluie de cordes et de piano sépulcral mais également des morceaux pop enivrants qui suivent comme « Stairs to the Roof » et « The Spirit In The Flame ».

A travers cette ambiance pesante, les textes de Finn Andrews sont, quant à elles, dépressives et déprimates. On perçoit ainsi une détresse (le menaçant « A Shot Through The Heart (Them Down In Flames) »), mais également des moments plus sépulcraux comme « One By The Venom » et « What Strange Things Lovers Do » qui ont de quoi nous émouvoir par leur brillante franchise.

Le membre de The Veils n’a rien perdu de sa superbe que ce soit sur des passages plus solennels avec « Al Pacino / Rise and Fall » et « Hollywood Forever » ou plus lumineux placés en fin d’album comme « Don’t Close Your Eyes ». Les envolées lyriques sont toujours de sortie tout comme ses arrangements lumineux et font de ce premier opus un album plutôt bouleversant.

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

EXEK: « Some Beautiful Species Left »

En janvier 2018, EXEK étaient sortis des sentiers battus avec leur album Ahead Of Two Thoughts. Le groupe originaire de Melbourne avait fait parler de lui pour son post-punk psychédélique totalement anxiogène. Refusant de se reposer sur ses lauriers, le combo revient donc presque un an et demi plus tard avec Some Beautiful Species Left.

Débutant avec un « Hobbyist » pour le moins tendu, EXEK montre qu’il n’a rien perdu de sa verve. Viscéral et hypnotique, son univers musical s’avère encore plus ambitieux qu’à l’accoutumée comme le prouven des titres comme « Lobbyist » qui suit mais aussi « Iron Efficiency » où on les voit arpenter des chemins krautrock mais également dub et hip-hop.

Inspiré par la philosophie de Brian Eno, le groupe de Melbourne restra toujours aussi fascinant et vecteur de claustrophobie dans ses arrangements de « Commercial Fishing » et de « Plastic Sword’s Retractable ».

Some Beautiful Species Left ira prebdre la relève d’Ahead Of Two Thoughts et EXEKappuiera là où ça fait mal avec « Unetiquetted » alors quel’audacieuse conclusion de 8 minutes « How The Curve Helps  .enfoncera avec bonheur le clou en montrant qu’il est porteur d’un peu plus que du post-punk anxiogène et que d’autres influences pourront s’y greffer sans aucun souci.

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dominik Eulberg: « Mannigfaltig »

L’alliance de la nature et de la science, ce n’est pas nouveau. L’influence prégnante de la nature comme inspiration musicale non plus. Et dans la musique électronique… c’est loin d’être une révolution. Mais là où Dominik Eulberg se distingue, c’est dans son approche. Musicalement, on ne va pas se mentir, ça ne s’entend pas vraiment, mais Eulberg est à la fois musicien, biologiste et écologiste ; il conjugue donc, au moins par l’esprit, tous les éléments de façon beaucoup plus logique. Entre techno et electronica, le style répétitif, riche en ambiances et en superpositions de lignes mélodiques se déploie sur douze titres plutôt longs mais bien construits.

Il faut dire que cet album, largement attendu puisqu’il débarque plus de huit ans après le précédent, est sacrément armé pour combattre l’errance ; en effet, avec ces 87 minutes au compteur, on va passer un moment à se perdre dans ses méandres. D’autant plus que, tout aussi homogène qu’il soit, cet opus est assez riche pour qu’on s’abstienne de passer son tour.

Bien sûr, il faudra être sensible au genre, mais si vous tenez la distance sur « Eintagsfliege », nul doute qu’il en sera de même pour les autres titres. Pour le reste, n peut se permettre un gros coup de cœur pour « Neutöter » et ses basses acides, mais ça n’est qu’une suggestion. En tout cas, la musique du bonhomme, qu’elle tutoie les cieux ou se complaise dans une mélancolie feutrée, est toujours aussi agréable à l’oreille.

***

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Have Mercy: « The Love Life »

Ce quatrième album de Have Mercy est un album triste. En fait, tous les disques de la bande le sont. Cette voix, ces mélodies, c’est atmosphères sont familières et tellement prenantes. Make The Best Of It, le prédécesseur, était le disque le plus abouti et le plus fort, sortant les grosses guitares tristounes et des refrains en or massif. Dommage que le quintet de Baltimore souffre de ce manque de reconnaissance du public car il est constamment encensé par la critique. The Love Life ne dérogera pas à la règle, cette nouvelle livraison se posant là en termes de qualité d’écriture et de mélodies tire-larmes. En versant du coté plus pop de leur son. Il a toujours été présent mais caché derrière ces grosses guitares. Ces 11 nouvelles compositions sont plus subtiles dans les ambiances. Prenez « We Ain’t Got Love », qui démarre avec une voix et une guitare acoustique pour terminer sur une explosion sonique flamboyante.

Cette entrée en matière laissait présager d’un album bien rentre dedans. Ce ne sera pas le cas. Ou tout du moins beaucoup moins qu’on ne pouvait l’imaginer. C’est « Heartbeat » qui prend le relais avec un morceau Jimmy Eat World-esque en diable, sans franchement haussé le ton, mais toujours rempli d’émotions. Et ce refrain restera scotché que vous le vouliez ou non. La suite navigue entre emo-pop classieuse (la superbe « 40oz », « Mattress On The Floor »), emo-rock qui envoie (« Clair », « So Like You »), et ballades frissonnantes (les bouleversantes « Dressed Down » et « 8006 Hedgeway CT. »). Have Mercy n’ont pas changé du tout au tout. Il y a une certaine forme de continuité dans leur discographie. On évolue par petites touches et on ajoute des éléments pour rendre leur musique à la fois plus pop et toujours plus chargée en émotions. Moins immédiat que son prédécesseur, mais tout aussi réussi, The Love Life narre l’histoire d’un amour perdu. A la fois simple et beau. 

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Messthetics: « Anthropocosmic Nest »

L’inspiration coule tout naturellement chez The Messthetics, désormais bien rodés après une longue tournée qui leur a fait traverser l’Amérique du Nord et l’Europe. De fait, le trio affiche une productivité plutôt rare : 18 mois après avoir sorti un premier album éponyme accouché rapidement après qu’ils se soient réunis, Anthony Pirog, Joee Lally et Brendan Canty remettent le couvert pour onze nouveaux titres composés et enregistrés dans leur antre de Washington D.C.

Logiquement, Anthropocosmic Nest affiche une osmose définitivement plus solide que son prédécesseur aux contours parfois trop expérimentaux et démonstratifs. S’il l’est aussi, mais à sa manière, ce nouvel album ne force jamais le trait, creuse même l’identité du groupe en s’en allant voir plus loin encore, toujours en terrains praticables. En résulte une diversité qui, couplée à des titres généralement courts, rend l’affaire vite et bien expédiée.

Car, tout en ayant le tact de consacrer leur morceau le plus court à leur pulsion la plus bruitiste (« The Assignment) », The Messthetics ratissent leur large spectre rock, passant avec des degrés techniques différents d’un enchainement de cavalcades punk en ouverture (« Better Wings », « Drop Foot ») à d’autres compositions étonnamment plus contemplatives (« Pacifica, Touch Earth Touch Sky » non léloignées du post rock), via quelques plages de guitares aventureuses (« Because The Mountain Says So », ou le jazz sur « Pay Dust) ».

Au bout du compte, The Messthetics illustrent leur montée en puissance, leur grande richesse musicale, et confirment qu’ils sont loin du projet one shot dont ils pouvaient avoir l’allure à leurs débuts logiquement parasités par le fantôme de Fugazi. Pirog désormais bien intégré à une section rythmique qui a depuis longtemps fait ses preuves, le groupe est définitivement sur de bons rails pour creuser durablement un répertoire intelligent, aussi dynamique que passionnant.

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sando Perri: « Soft Landing »

Avec sa musique qui défie toute catégorisation, le Torontois Sando Perri fait figure d’ovni dans le paysage indie. Rarement a-t-on vu un artiste passer si facilement d’un genre à l’autre, de l’électro au folk tropical jusqu’à la pop ambiante. Sur Soft Landing, il s’amuse avec les codes du jazz et du soft-rock des années 70 avec une parfaite maîtrise du style.

La parution aussi rapide de ce Soft Landing a de quoi surprendre un brin. En effet, il y a moins d’un an, Perri nous arrivait avec In Another Life, un album lancé après une absence de sept ans et qui lui a valu les commentaires les plus élogieux; en même temps, le musicien et réalisateur n’a jamais été du genre à s’asseoir sur ses lauriers, lui qui a également été actif sous les pseudonymes Polmo Polpo et Off World.

La musique de Perri a toujours été marquée par une économie de moyens. Il utilise la répétition et des structures harmoniques simples pour créer des chansons expansives qui se développent sans se développer, entraînant l’auditeur dans un monde où l’on perd la notion du temps. Ainsi, In Another Life était constitué de la chanson-titre, une odyssée de 24 minutes bâtie sur une seule séquence d’accords, et de trois versions du même morceau, avec trois chanteurs et trois arrangements différents.

Soft Landing se situe dans un registre quelque peu différent dans la mesure où il fait appel à d’autres traditions musicales. C’est un peu plus léger dans le ton qu’In Another Life en s’abreuvant au jazz-funk à la Stevie Wonder (incluant le clavinet) et le soft-rock à la America, The Eagles ou Cat Stevens. En ce sens, ce nouvel album est plus proche sur le plan stylistique d’Impossible Spaces, le disque qui a révélé Sandro Perri en 2011 et qui regorgeait lui aussi d’influences du rock et du jazz fusion des années 70. Cela dit, la signature sonore de Perri demeure toujours la même, avec pour éléments principaux son chant souple et délicat et la finesse des arrangements.

Soft Landing s’ouvre avec une plage de 16 minutes, l’excellente « Time (You Got Me) », sur laquelle Perri médite sur le passage du temps et son impact sur nos relations avec les autres.

Musicalement, la composition évolue lentement au gré d’une séquence d’accords qui semble suspendue dans les airs. Puis, à quatre minutes, Perri se libère des contraintes du format chanson en se lançant dans une improvisation qui rappelle les jams un peu désordonnés des Grateful Dead ou du Velvet Underground.L ’accent n’est pas mis sur la virtuosité, mais sur les textures qui rendent le tout extrêmement fluide et facile à assimiler.

L’album révèle d’ailleurs une autre facette de musicien peu exploitée jusqu’ici dans sa discographie : son jeu à la guitare. On le remarque notamment sur la chanson-titre et sur « Floriana », deux instrumentaux qui évoquent des noms comme Pat Metheny ou Jeff Beck. Et c’est sans compter la très réussie « Wrong About the Rain, » où la guitare semble en parfaite communion avec le clavinet sur un rythme funk.

Comme le reste de l’œuvre de Perri, Soft Landing s’apprivoise lentement, au gré des écoutes, à la lumière d’un bon vin qu’on laisse vieillir. Sans doute le même vin qu’on pourra ensuite déguster en écoutant cet album volontairement sans artifice (malgré la richesse des références et du propos) et avant tout résolument « chill out ».

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire