Leo Svirsky: « River Without Banks »

Bien plus calme et mélodieuse que les œuvres précédentes de Leo Svirsky, River Without Banks a en plus des racines profondes. Pour s’inspirer cette étude charnelle et fluide, le pianiste américain (établi à La Haye) a puisé dans un chapitre de The Tree of Music, un traité sur la philosophie de la musique écrit par le mari de sa feue professeure de piano Irena Orlov, le musicologue russe Genrikh Orlov. En découlent des compositions cérébrales, certes, mais aussi très organiques, dont les atmosphères miroitantes sont pleines d’arpèges, d’échos et de motifs louvoyants.

Avec son usage d’autres instruments (trompette, violoncelle, gong), qui ne dépassent jamais l’autorité majestueuse de son piano, Leo Svirsky montre qu’il maîtrise très bien l’incertitude, dans son acception tant théorique que pratique. Écoutez « Rain, Rivers, Forest, Corn, Wind, Sand, » puis la longue « Strange Lands and People » : bien que différentes, elles expriment la même résonance terriblement humaine. Leo Svirsky a bien trouvé la « vie » de la musique.

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