No BS: Just Rock & Roll!

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Leo Svirsky: « River Without Banks »

Bien plus calme et mélodieuse que les œuvres précédentes de Leo Svirsky, River Without Banks a en plus des racines profondes. Pour s’inspirer cette étude charnelle et fluide, le pianiste américain (établi à La Haye) a puisé dans un chapitre de The Tree of Music, un traité sur la philosophie de la musique écrit par le mari de sa feue professeure de piano Irena Orlov, le musicologue russe Genrikh Orlov. En découlent des compositions cérébrales, certes, mais aussi très organiques, dont les atmosphères miroitantes sont pleines d’arpèges, d’échos et de motifs louvoyants.

Avec son usage d’autres instruments (trompette, violoncelle, gong), qui ne dépassent jamais l’autorité majestueuse de son piano, Leo Svirsky montre qu’il maîtrise très bien l’incertitude, dans son acception tant théorique que pratique. Écoutez « Rain, Rivers, Forest, Corn, Wind, Sand, » puis la longue « Strange Lands and People » : bien que différentes, elles expriment la même résonance terriblement humaine. Leo Svirsky a bien trouvé la « vie » de la musique.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Devendra Banhart: « Ma »

Devendra Banhart nous invite une nouvelle fois avec doigté dans son salon décalé aux replis foisonnants, dont on ne sort jamais indemne. Ce dixième album du musicien américano-vénézuélien a comme titre un tout petit chapeau : Ma, une référence directe à la maternité qui prend aussi le sens plus large de notre rapport au monde, à sa sagesse. De la minimaliste « Memorial, » où sa voix décontractée rappelle immédiatement Leonard Cohen, au bossa-nova souple d’ «  Abre Las Manos », dédiée au Venezuela aujourd’hui tourmenté où il a grandi, Devendra Banhart est mi-doux mi-grave, abordant la mort et la vie de son souffle légèrement étourdi.

Bien que l’orchestration soit toujours dense et recherchée (écoutez « Love Song »), mêlant cordes, cuivres et guitares, l’ensemble est moins fumeux, plus huileux — sauf peut-être sur « The Lost Coast) » belle trame de fin du monde. Oui, on trouve encore sur Ma son petit vibrato caractéristique et un brin d’éclectisme, signe que Devendra Banhart change sans tout à fait changer.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jumpel: « Cabogato »

Alors qu’il s’agit de son cinquième album, ce n’est que la première fois que ces pages s’attardent sur Jumpel est adepte d’une electronica assez fine et minimale, introduisant des notes de clavier, l’Allemand tisse sur son cinquième album ne quinzaine de titres tout à fait plaisants, dans une veine assez évocatrice. De fait, Joachim Dürbeck indique s’être inspiré du parc naturel Cabo de Gata, situé au sud-est de l’Espagne, près d’Almeria, pour composer cet album disponible uniquement en téléchargement.

Fine et minimale, donc, son electronica se constitue de petits éléments, parfois un peu acérés et pointus, à la limite du larsen mais aussi légers et non agressifs pour les rythmiques majoritairement convoquées (« Noon »). Cette délicatesse et la précision de ces interventions se doublent d’un joli savoir-faire quand il s’agit de mettre en place des formes syncopées, avec mini-breaks et relances (« Moon Phase ») ou bien, dans un autre registre, quand la ligne mélodique se fait cotonneuse (« 3 Miles Away »). Dans cette continuité, le toucher du piano de « You » se trouve enrobé d’une forme de ouate tout à fait caressante.

Sur la globalité du long-format, Jumpel n’évite cependant pas l’écueil du décoratif, à l’image de Sticking Day, ses pulsations basiques, son atmosphère « lounge » et ses mélodies ornementales. On goûtera nettement plus son incursion vers une electronica-dub dans le caudal et long (plus de huit minutes) « Behind The Shore », manière de sortir un peu de sa zone de confort et de laisser l’auditeur avec une bonne impression d’ensemble.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Darren McClure: « On Opposites »

L’avoir croisé à l’occasion du disque écrit en collaboration avec Uwe Zahn et Porya Hatami nous a permis de nous familiariser avec Darren McClure et de nous montrer plus attentifs aux parutions de ce dernier en 2015 . Il n’a pas fallu, du reste, trop longtemps pour retrouver le musicien installé au Japon puisque le musicien publie déjà un nouvel album, grosse heure d’electronica douce et caressante.

De fait, les sonorités et textures utilisées par Darren McClure opèrent dans un registre assez plaisant, mettant en boucle, sur des tapis plutôt minimalistes, de petites phrases mélodiques, à peine rehaussées de quelques apports un peu oniriques (bruits d’eau sur « Strange Slip In Time », tapotements façon gouttelettes sur le morceau-titre, pressions tels des pas dans la neige sur « Reflecting », glitchs semblables à des pépiements d’oiseaux sur « Charmonia » . Avec ces concours, On Opposites se situe à la fois dans un répertoire accueillant et réconfortant, que dans quelque chose de plus inquiétant ou intriguant.

Arythmique, le long-format parvient néanmoins à dérouler ses neuf morceaux sans lasser l’auditeur puisque les autres composantes se chargent de contribuer à une forme de mouvement : passage d’un canal à l’autre d’une chaîne de grésillements sur le morceau-titre, note régulière s’apparentant à un sonar sur « Reflecting », nappe oscillante jouant également sur la stéréo dans « Charmonia ».

 Savamment composé, On Opposites fait également montre d’une grande richesse puisque chaque écoute permet de distinguer une couche supplémentaire, d’identifier un matériau non entendu précédemment et de goûter la qualité des constructions sonores de Darren McClure.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jake Muir: « Acclimation »

Jake Muir est un jeune artiste de Seattle, encore peu connu mais déjà repéré par quelques labels comme Dragon’s Eye Recordings qui sort son premier album sous son propre nom. En effet en 2016 Jake Muir sortait un autre disque sous le nom de Monads. Un magnifique album ambient intitulé Muara que l’on peut écouter sur son compte Bandcamp.

Jake Muir compose à partir de sons divers, allant d’extraits de vinyles aux ondes radios en passant par les field recordings qu’il capte à travers le monde et manipule à l’extrême. Si l’Américain a encore peu fait parler de lui, il a appris aux côtés de Chris Watson, une référence en matière de field recordings.
Cet album est composé de deux plages d’un durée précise de 20mn. On commence par « Cold Seeps « et ses petits bruitages mi-aquatiques, mi-métalliques, comme si des gouttes d’eau tombaient sur une grille. De longues sonorités au second plan se placent entre le souffle et l’oscillation d’un objet métallique au gré du vent. Ces sonorités ambiantes s’élèvent, prennent le dessus pour former un drone mouvant, tantôt hanté par une multitude de bruitages, grelots, tantôt épuré à l’extrême et lorgnant vers une ambient minimale.
A son apogée, « Cold Seeps « se pare de puissantes tonalités vibrionnantes avant de retrouver le calme, pour finir sur une ambient plus feutrée, d’abord douce et minimale et finalement minérale voire rocailleuse.

De façon assez prévisible, le second volet nous apparaîtra comme une variation du premier. Aucun lien direct entre les deux pièces, mais les sonorités de même nature, subissant le même type de traitement, produisent logiquement une musique similaire, tout aussi abstraite, rendant l’ensemble assez interchangeable. On retrouve donc sur ce « Black Smokers » des drones couverts de grésillements, croisés à de graves résonances métalliques, une évolution et un empilement de strates qui nous mènent vers une ambient minimale et ondulante, mais aussi de nombreux bruitages métalliques, comme des improvisations à base de manipulation d’objets ou encore les mouvements d’un mobile au gré du vent, des écoulements d’eaux, et à plusieurs reprises l’impression d’entendre des chœurs, un peu d’humanité au sein d’une très belle musique, organique, mais globalement plutôt froide voire sombre.

Une très belle découverte, mais une musique plutôt abstraite et donc expérimentale, faisant montre d’une évolution par rapport à un premier album d’une ambient où boucles et mélodies formaient autant de points d’accroche.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

New Model Army: « From Here »

New Model Army trace sa route depuis près de quarante ans avec une constance qui n’a pas son pareil. Le groupe, dont l’exercice du « live » est le fonds de commerce (exercice en lequel il excelle en général), a tout de même trouvé le temps de produire un nouvel album studio – lequel s’avère particulièrement… exaltant.
NMA a toujours su se renouveler : combattre l’usure du temps et éviter de se répéter. En public d’abord, il s’est toujours agi de ne pas ressasser ad nauseam le même répertoire mais de rester source de surprise(s). Dernier exemple en date : le weekend passé en résidence à l’Église londonienne (Round Chapel) en avril 2018. L’idée directrice avait été de mettre en avant le chant du public, les musiciens situés physiquement au centre du lieu se plaçant définitivement en retrait en termes de volume sonore, afin de produire communion entre le groupe et sa family (un moment documenté sur l’intéressant DVD Night Of A Thousand Voices). New Model Army a également su conserver au fil des années une ambition sur le plan discographique. Les dernières parutions avaient oscillé entre œuvre de réflexion et d’expérimentation (Between Dog And Wolf, paru en 2013) et vœu de plus de frontalité et de véhémence (Winter, sorti en 2016).

Pour ce nouvel album, l’idée d’une profonde cohésion prédomine d’abord : nous avons affaire à une œuvre reposant avant tout sur le collectif. Il ne s’est jamais agi de voir NMA comme la formation du seul Justin Sullivan (chanteur et unique membre originel) accompagné de musiciens affidés ; et plus que jamais l’ensemble transpire d’une exceptionnelle solidité, laissant bénéfice à chacun d’espaces clairement réservés.  En l’occurrence, une expression singulière des individualités nourrit le collectif, et ce sur toute la longueur : les uns sont clairement au service des autres. Les guitares de Marsharl Gill ne sont en aucun cas des faire-valoir, quand les synthés de Dean White vont bien au-delà du simple habillage. Comme sur les albums les plus récents, la section rythmique est très présente mais la batterie de Michael Dean est mieux intégrée, moins démonstrative (la démonstration n’ayant de toute manière jamais été ni son moteur, ni son intention – l’homme est trop modeste). Le groupe avait clairement choisi d’établir la base de ses titres sur le rythme, ce qui parfois pouvait nuire à la fluidité de certaines chansons, de même que, d’une certaine façon, à leur ouverture. La basse elle aussi trouve une place plus naturelle sur cet album. Marcher sur les traces de ses illustres prédécesseurs (Stuart Morrow, Nelson) a probablement dû être complexe pour le plus jeune de la bande, Ceri Monger, et a pu l’amener parfois, inconsciemment, à forcer son jeu pour atteindre les standards de qualité existants et supposément requis.
Sur From Here, l’équilibre est de rigueur et le choix de retravailler avec Lee Smith et Jamie Lockhart (à l’enregistrement et au mixage) et d’approfondir avec eux la méthode de travail payante par le passé, apporte un son d’une exceptionnelle pureté, servi par un mix de grande qualité. L’environnement de travail du groupe a été également déterminant puisque l’enregistrement s’est déroulé sur l’île norvégienne de Giske, aux studios Ocean Sound Recordings, entourés de montagnes et d’étendues maritimes.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sleeping With Sirens: « How It Feels To Be Lost »

On a perdu Sleeping With Sirens il y a 2 ans avec un Gossip qui ne confirmait pas les promesses que Madness avaient semées en explorant une facette poppy mais toujours bourrée de guitares et jonchée de tubes potentiels. L’annonce de la sortie de How It Feels To Be Lost faisait craindre le pire mais les doutes vont s’estomper très vite (en fait dès la première note de « Leave It All Behind » ». Ce nouvel album prend le contre-pied total de son prédécesseur, et revient carrément aux sources de leur son.

Grosses guitares, passages déclamés (« Leave It All Behind », « Break Me Down »), refrains ultra bien ficelés (« How It Feels To Be Lost », « Ghost »), grosse production (« Agree To Disagree » et « Another Nightmare » qui viennent lorgner sur Bring Me The Horizon.

Du post-hardcore donc, bien caccrocheur avec cette voix si partciculière de Kellin Quinn, géniale pour certains, complètement insupportable pour d’autres. On est loin de l’album de l’année car Sleeping With Sirens n’apporte absolument rien de neuf à leur son mais on aura toutefois plaisir à retrouver un disque homogène signalant à quel point rien n’est perdu pour nos sirènes.

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13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wolf Club: « Fontiers »

Wolf Club c’est un trio de Notthingham qui évolue dans la synth-pop 80’s. Les trois musiciens en sont déjà à leur quatrième album et invitent une chanteuse différente sur presque tous les morceaux. « Electrify » ouvre ce bal, avec ses guitares cristallines, ce synthé omniprésent et cette batterie électronique, un très beau refrain et une fluidité délicieuse. « Frontiers » continue sur cette formule qui a déjà fait ses preuves, plus poppy encore et cette facette atmosphérique très plaisante.

Rien n’est à jeter ici d’ailleurs, que l’on soit sur l’ultra dansant (« Rivals », « Purity ») ou sur le plus spatial (« Reunion », « Mixtape » », le groupe s’en sort toujours avec les honneurs. Et même s’ils ne réinventent absolument par leur son ils l’ont encore peaufiné et leurs morceaux rentrent dans la tête pour ne plus vous lâcher. Un excellent album d’un groupe à découvrir.

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13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Chelsea Wolfe : »Birth of Violence »

La grande prêtresse est de retour pour le plus grand plaisir des disciples de rock gothique. D’album en album, l’auteure-compositrice-interprète a échafaudé son oeuvre avec une rigueur et une patience qui l’honore. Aujourd’hui, Chelsea Wolfe est devenue une référence vénérée de ce genre musical.

Après avoir intensément tourné au cours des dernières années, l’artiste ressentait un urgent besoin de renouer avec ses racines traditionalistes.

Après l’électro-folk tribal Pain Is Beauty – et deux disques assez lourds aux accents doom (Abyss et Hiss Spun) Wolfe lance aujourd’hui un nouvel album intitulé Birth of Violence; une référence à cette ambiance de guerre civile en gestation qui prévaut chez nos voisins du sud…

Enregistré dans son studio maison avec l’aide de son fidèle comparse, Ben Chisholm, Wolfe se fait accompagner dans ce périple apaisé par Jess Gowrie (batterie) et Ezra Buchla (violoncelle). Et c’est Chisolm qui s’occupe de bonifier les chansons de la dame avec de magnifiques claviers aériens et quelques rythmes électros. Ces contributions sonores sont mixées à l’arrière-plan afin de laisser toute la place à la guitare acoustique de Wolfe et à sa voix, superbement désespérée.

Malgré ce retour au folk, la noirceur demeure omniprésente dans les chansons de Wolfe. L’introductive « The Mother Road » est un hommage à la mythique Route 66 ,une route rurale déclassée en 1985 où quelques voyageurs / vagabonds auraient vécu une certaine « transfiguration ». Pour sa part, « Little Grave » est une chanson où l’artiste adopte la perspective d’un enfant sur le point d’être assassiné lors d’une tuerie de masse; ces massacres qui se multiplient depuis quelques années aux États-Unis.

En replongeant dans ce folk un brin fantomatique, Wolfe se rapproche de l’univers musical de Marissa Nadler une autre grosse pointure goth), au point où il devient plus ardu de la distinguer de sa consoeur. Ce Birth of Violence est un disque majestueux et contemplatif à la fois, elle qui nous avait habitués récemment à des sonorités plus abrasives.

Cette création demande un effort d’écoute de tous les instants afin de bien saisir les superbes arrangements de Chisholm. En plus des pièces mentionnées précédemment, on vous invite à prêter l’oreille à l’immédiate « Deranged for Rock & Roll « qui détone quelque peu par rapport au penchant vaporeux de l’album. « Be All Things » et « Erde » sont les chansons où vous pourrez apprécier l’interprétation sentie de Wolfe. Un seul bémol : la conclusive « The Storm « dans laquelle on peut entendre… un orage; un effet sonore utilisé de façon excessive dans le rock.

Un peu moins percutant que les précédents efforts, Birth of Violence nous permet d’apprécier Chelsea Wolfe dans un enrobage plus épuré. Cette purification ne change rien au constat que nous avions déjà fait : elle est l’une des meilleures chanteuses interprètes des USA, tous genres confondus.

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13 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Iris: « Six »

Vingt ans après la sortie de Disconnect, Iris est de retour avec un sixième album sobrement intitulé Six. Le duo formé par Reagan Jones et Andrew Sega fait aujourd’hui office de vétéran dans la synthpop, un genre capable du pire comme du meilleur. En ce qui les concerne, les Américains ont toujours bénéficié d’une certaine aura dans ce milieu notamment grâce à des disques comme Awakening (2002) ou Wrath (2005) qui ont introduit des éléments plus rock dans leur musique.
Après un hiatus de cinq ans, le groupe revient donc aux affaires avec onze nouveaux titres. L’album démarre bien avec « Third Strik » », un titre synthwave à l’ambiance sombre et futuriste, atmosphère que l’on retrouve sur « Joy Kill », bourré de bruitages étranges et qui donnent l’impression de se trouver à bord d’un vaisseau spatial. « Take the Pain » s’inscrit également dans cette veine rétrofuturiste et possède un refrain assez accrocheur.

Le reste de l’album est plus conventionnel : le groupe revient aux sonorités qui ont fait sa renommée à savoir ce mélange de synth-pop et de rock (« Feeder », « Silent ») ou va parfois flirter du côté de l’EDM (« Speak out ») et même vers l’indie sur « Out of my Mind » »qu’on dirait tout droit sorti du début des années 2000, véritable ovni de l’album.   
Ce sixième opus d’Iris propose donc une palette assez large de ce qui peut se faire en matière de musique électronique. S’il est toujours bien produit et contient plusieurs titres assez efficaces, il peine tout de même à véritablement toucher.

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13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire