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Tarja: « In The Raw »

In Rhe Raw sonne comme un retour aux sources pour la reine du metal symphonique. En 2016, Tarja sortait coup sur coup The Brightest Void et The Shadow Self, dont la plupart des titres sonnaient davantage heavy metal mais qui n’arrivaient pas à convaincre totalement dans leur ensemble. Sans doute aurait-il mieux valu se contenter du meilleur des deux albums, plutôt que de vouloir cumuler les sorties. D’ailleurs ce rythme presque stakhanoviste donnait parfois l’impression de privilégier la quantité à la qualité : un album live dispensable (Luna Park Ride), des versions alternatives sans grand intérêt (Left In The Dark) ou encore un album de musique classique entièrement dédié à une chanson (Ave Maria)…
Avec ce nouvel album studio intitulé In The Raw, la chanteuse finlandaise revient à un format plus concis – dix titres – et accueille plusieurs invités : Cristina Scabbia de Lacuna Coil, Tommy Karevik le chanteur du groupe Kamelot et Björn ‘Speed’ Strin de Soilwork qui l’accompagne sur « Dead Promises », premier single toutes guitares dehors d’abord sorti avec la seule voix de Tarja.


L’album est présenté comme étant le plus personnel de la chanteuse. Si l’on peut souvent être méfiant quant à ce genre de description, force est de constater que la sublime ballade « You and I », dénuée de tout artifice, donne le sentiment de découvrir un autre aspect de Tarja, bien loin de l’image de diva qui lui colle à la peau depuis un certain nombre d’années.
Le reste de l‘album ne déçoit pas et il parvient à faire coexister les titres heavy metal (« Dead Promises », « Tears in Rain », « Serene ») avec ceux qui sont plus orientés vers le metal symphonique qui a fait son succès. D’ailleurs, le disque contient deux morceaux assez épiques qui n’ont rien à envier à son ancien groupe Nightwish. « Silent Masquerade » le duo avec Tommy Karevik, dont la voix se combine à merveille avec celle de Tarja, mais surtout l’incroyable morceau final « Shadow Play » dont les chœurs font inévitablement penser à ceux de « Ghost Love Score », l’un des titres phares du groupe finlandais. On sent également une certaine parenté avec My Winter Storm, le premier album solo de Tarja, ou encore le morceau éthéré « The Golden Chamber », à l’ambiance cinématographique et quiest chanté en Finnois.
Presque quinze ans après son départ dans la douleur de Nightwish, Tarja Turunen a démontré sa capacité à s’émanciper de l’ombre du groupe et à s’imposer comme l’une des figures incontournables du metal symphonique. In The Raw est son album le plus abouti depuis Colours In The Dark, et devrait satisfaire les fans de la première heure, voire convaincre les sceptiques.

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12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Pharmakon: « Devour »

Les précédents opus de Pharmakon ont été accueillis avec force louanges, il est vrai que la New-Yorkaise Margaret Chardiet a vommis de nombreuseses perles de noise industriel. Ce Devour est, à nouveau, intransigeant et fait de chair et de tripes. Alors qu’avec les années, les artistes ont souvent tendance à se calmer, ce n’est certainement pas le cas de Chandiet qui a souhaité enregistrer ce Devour dans des conditions live pour garder l’urgence des concerts. On pense bien sûr aux travaux les plus furieux de SPK, Throbbing Gristle et Whitehouse et tout le courant power electronics qu’ils ont initié. Les rythmes sont même plus identifiables ici qu’auparavant, offrant des pistes presque dansantes et menées par un chant démoniaque à souhait (« Homeostasis », « Self Regulating System »). L‘Américaine pervient, depuisla douzaine d’années ‘elle sévit, à atteindre une maîtrise indéniable dans ce domaine qu’elle a toujours mêlé à une approche intime et personnelle du monde.


Cette fois-ci, c’est le cannibalisme de soi qu’elle utilise comme allégorie de notre nature autodestructrice. La violence extérieure et l’insensibilité d’un monde que l’humain a lui-même créé oppresse les êtres jusqu’à les mener à une forme d’auto-dévoration. Elle a voulu elle-même dédier ce disque à ceux qui ont connu les cliniques, les asiles psychiatriques, les prisons ou les centres de désintoxication. Elle crache ainsi la folie du monde « Spit It Out ») et la douleur du manque et de l’enfermement (« Deprivation »).
La deuxième face se fait d’ailleurs plus lourde et souligne l’angoisse. Avec une électronique de plus en plus dense et une fureur infernale, Chardiet expie ses sentiments de dégoût en un rituel émotionnel exténuant et cathartique. Si on a aimé ses précédents Abandon (2013), Bestial Burden (2014) et Contact (2017), on sait que l’on n’aura pas de difficultés à être convaincu par son inspiration et sa créativite.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hocico: « Artificial Extinction »

Douzième album studio pour les Mexicains Hocico, et nouvelle occasion pour eux de confirmer leur statut de leader electro dark.
Ultra efficace, leur formule taillée pour les clubs conserve la même ligne de conduite, mais sa haute tenue saute immédiatement aux oreilles dès l’inaugural « Dark Sunday » qui impose une ambiance cyberpunk intense, noire et désespérée. Si l’ensemble ne surprend pas outre mesure, le duo parvient tout de même à se diversifier par moments, notamment avec les instrumentaux « El Ballet Mecànico » (electro indus fantomatique, un peu dans l’esprit du « Ghost in the Circuit » de Velvet Acid Christ), « Blinded Race » et « Breathing under your Feet » (interludes ambient aux sonorités eighties qui consolident davantage encore les couleurs dystopiques de l’album).

Et quand, en plus de nous proposer de nouveaux hits dancefloor remplis de basses démentes et loops tueurs qui pourraient bien intégrer la liste de ses incontournables (« Shut me down ! », « Psychonaut »), Hocico renoue brillamment en fin d’album avec la froideur clinique et atmosphérique de ses premiers essais (« Quiet Zone (in Dead Silence) », délicieuse darkwave nineties glauque et embrumée), offrant à son Artificial Extinction une vraie force narrative, on se dit que quand même, malgré le manque de nouveauté en aggrotech, quand Hocico surgit, on a toujours envie de foncer dans l’usine désaffectée la plus proche pour danser à mort.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Antwood: « Delphi »

Delphi est le troisième album d’Antwood (anciennement Margaret Antwood), alias du Canadien Tristan Douglas. Remarqué depuis ses débuts par des magazines prestigieux tels que Vogue ou The Wire, l’artiste propose une musique électronique aventureuse. On nage ici dans des eaux expérimentales et déroutantes, où l’intimiste côtoie l’extravagant, l’archaïque le moderne.
Douglas a été épaulé par sa compagne Olivia Dreisinger, et ils ont développé ensemble le personnage d’une jeune fille prénommée Delphi. Ainsi, la vie de l’adolescente n’est sans doute pas un long fleuve tranquille. Le cortège des émotions l’assaille face à notre monde contemporain de plus en plus déstabilisant, sombre, malsain. On sent poindre la nostalgie de l’enfance, un âge d’or fantasmé faisant écho à l’image de la Grèce antique et à son oracle de Delphes. Cette volonté de retrouer ses origines est prégnante sur « First Delphic Hymn (to Apollo) », titre mystique de musique grecque ancienne ; la mythologie est suggérée.

Notons que les morceaux calmes donnent la pleine saveur à cet opus chamarré, mais inégal par bien des aspects. Si l’intro nous réjouit avec son synthé mystérieux et sa ritournelle onirique que l’on entendra ailleurs, l’ambiance est gâchée dès « Club Dread », tout en agressivité electro, une dance démoniaque, violente, tendue. Cette débauche est malheureusement répétée et altère le propos musical. Néanmoins, le portrait de cette créature est complet, ce qui implique errements chaotiques (« Delphi », « Portal »), douceur élégiaque (« A Hostile Message», « Delphi’s Song », « Ecstatic Dance »), mais aussi dimension spirituelle (cf. l’exotique « Castalian Fountain » ».
Une disparité forte s’exprime donc tout au long de ces treize plages au niveau stylistique. Des éléments classiques parsèment cette œuvre, qui s’opposent à un son club, virant parfois au trip-hop (« Queasy ») et au hip-hop (« Cave Moth »). Souvent sombre, parfois lumineux (« Healing Labyrinth »), Delphi est un disque complexe, qui nécessitera sans doute plusieurs écoutes avant qu’on se l’approprie pleinement.

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12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Siavash Amini: « Serus »

La scène électronique iranienne est assez peu connue chez nous, mais un nom ressort depuis le début des années deux mille dix : Siavash Amini. Le guitariste ébouriffé de Téhéran a su construire une solide carrière au gré d’albums solo audacieux et de collaborations fructueuses dans un registre ambient/expérimental hors normes.
Serus est inspiré par la nuit et les écrits de Maurice Blanchot. Pour le musicien qui a souffert d’insomnies et de moments de trouble qui l’ont conduit à faire une dépression nerveuse, « nous résistons à la nuit dans le sommeil, par la voie du rêve ». Cet attrait pour l’obscurité et l’onirisme est très prégnant dans cet opus. Dès les premiers instants le ton est donné. Les sonorités sont dark, menaçantes : une vision cauchemardesque renforcée par des drones et divers bruits agressifs. Néanmoins, « A Recollection of the Disappeared » s’avère plus complexe, l’angoisse cède la place à la rêverie, un brin mélancolique quand le violon de Nima Aghiani apparaît en contrepoint d’une ambient lumineuse.

« Semblance » poursuit sur cette ligne positive. Peu événementiel au départ, ce titre s’impose sobrement, tout en cordes longilignes, avant de s’enfoncer dans une forme expérimentale. Les divers effets sonores perturbent ainsi l’équilibre précédent, le brouillard s’épaissit progressivement, et malgré une accalmie, les grondements clôturent la pièce de façon inquiétante.
« All that remaine» est sans doute le morceau le plus démoniaque. Il se vautre dans une débauche de bruitages farouches, impliquant l’auditeur dans un sabbat noir violent, tissé par des crépitements tendus et autres vrombissements macabres. Enfin, Serus se termine sur une note sereine avec « All that remained Pt. 2 », gorgé de cordes mélancoliques, témoignage de l’amour que porte le musicien au modern classical.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Prang: « Gender Roles »

Incisif, tranchant, Prang avec son nom de méchant de film de série Z, est le premier album du trio de Brighton, UK. Et on  espère pas le dernier tant il semble réussit. Trente sept minutes de punk rock à tout berzingue, variant la vitesse selon le besoin, mais jamais l’envie. Et c’est bien d’envie qu’il est question, sinon comment expliqué l’incroyable énergie qui se dégage tout au long de l’album. Impossible de ne pas avoir envie de gigoter ou de pratiquer le air guitare frénétiquement.

La recette est connu mais reste à savourer sans modération. Une honnêteté indéniable dans la démarche, un plaisir facile qu’on ne boude pas, et toujours cette pèche contagieuse qui donne envie de ré écouter aussitôt la dernière piste terminé. Prang est un des disques qui vas enterrer l’été de la plus belle des façons.

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12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Introversion: « The Point Of No Return »

Ce nouveau disque d’Introversion est le meilleur remède pour rse remettre des trips hallucinogènes. Derrière ce nom, rien, car on ne sait trop rien, artiste solo ou collectif, groupe, et finalement peu importe, l’identité du compositeur s’efface toujours devant la musique.
Un album parmi une discographie prolifique (plusieurs albums sortis par an), le dernier en fait, mais également un bon point de départ, ou introductif à une série d’albums plus qu’intéressant.

Tantôt contemplatif, tantôt mélancolique, les amateurs d’ambient et de drones sont en terrain connu.  Une musique d’ou émerge de la lumière, bien qu’elle soit, souvent masqué, dissimuler derrière quelques voiles, quelques brumes. J’ai le sentiment à l’écoute d’essayer d’attraper un fantôme, on le voit, mais les mains passent désespérément à travers. Çà vous murmure des choses à la limite de votre conscience, ça vous évoque l’amour perdue, la violence parfois. 
C’est tout ça, et bien plus encore, c’est brumeux, humide, tout en nuance de gris, mais surtout, jamais ennuyeux ni répétitif, et ça  à le bon gout de  ne pas traîner en longueur pour ne  pas gâcher le plaisir. C’est, par conséquent, hautement recommandé.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ruth Garbus: « Kleinmeister »

Peu d’entre nous connaissent réellement Brattleboro mais il s’agit d’une des formations les plus fascinantes de ces dernières années. Cela n’empêche pas pour Ruth Garbus de s’émanciper en solo l’occasion venue. Cette année, elle nous fascine de nouveau avec son nouvel ouvrage intitulé Kleinmeister.

Là où Ruth Garbus se démarque de l’ordinaire sur la scène indie folk, c’est tout simplement son interprétation qui ne laisse jamais de marbre. Enregistré avec peu de moyens, les ballades guitare/voix à l’image de « Strash » en guise d’introduction mais également de « Pittiful Poetry » et « Squirrels » prennent une dimension quasi-religieuse avec la voix de la musicienne native de New England qui prend des formes de chorale tandis qu’elle plonge dans l’introspection la plus pure.

On navigue en pleine grâce à l’écoute de splendides ritournelles délicieusement lo-fi comme « Pain » et « Slusher » qui compte la participation de Julia Tadlock aux choeurs. Et lorsque Kleinmeister est on ne peut plus produit avec notamment l’apparition d’un piano et d’un synthé discrèt sur « Pain » ou d’un solo de saxophone ténor sur « Fetty Wah », Ruth Garbus ne perd jamais en charme et fait de cet opus un moment suspendu dans le temps où on arrive à pénétrer dans son jardin secret de façon solennelle

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ilgen-Nur: « Power Nap »

Parmi les jeunes pousses de la scène indie rock européenne on peut s’arrêter du côté de Hambourg pour partir à la rencontre d’une musicienne plus que prometteuse nommée Ilgen-Nur. Âgée de 21 ans, elle a déjà connu ne petite notoriété renommée avec un EP paru en 2017 et a écumé les scènes européennes suite à cela. Voici qu’elle présente enfin son premier album nommé Power Nap.

On serait tenté d’effectuer une analogie entre Built To Spill et Nilüfer Yanya tant l’univers d’Ilgen-Nur arrive à nous séduire. Dès les premières notes de « In My Head », on est d’emblée conquis par le talent de la slackerqueen avec ses riffs rugueux, sa ligne de basse qui a de quoi convoquer l’âge d’or du post-punk et sa section rythmique envoûtante.

Il en est de même pour d’autres trouvailles bien ciselés et percutants comme « Nothing Surprises Me » qui suit et plus jangly rappelant quelque peu Secret Door d’Arctic Monkeys (je vois frémir les groupies des singes de l’Arctique) et « Easy Way Out » où sa voix calme mais puissante crée un parfait contraste entre les instrumentations plus rentre-dedans.

Power-Nap reste un album élégant en raison de ses textes bien réfléchis comme la ballade ensoleillée nommée « TV » où Ilgen-Nur dézingue les travers des réseaux sociaux ou encore la plus mélancolique « Silver Future » mettant en avant les communautés stigmatisées.

Quoi qu’il en soit, ce premier album de la musicienne d’Hambourg est rempli de perles en tous genres comme « You’re A Mess » remarquable en tous genres avec cette montée en puissance rappelant les années 1990 mais encore « Clean Sheets » et la conclusive « Deep Thoughts ». Ilgen-Nur ne va pas simplement exposer ses complaintes post-adolescentes mais dévoile son univers qui est plus que prometteur. Power-Nap est une parfaite entrée en matière pour la jeune allemande de 21 ans.

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12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire