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Iggy Pop: « Free »

En 2016, sur l’excellent Post Pop Depression, le parrain du punk exprimait sans fard son dégoût généralisé de son statut de superstar du rock.

Alors accompagné de Josh Homme, Dean Fertita (Queens of the Stone Age) et Matt Helder (Arctic Monkeys), l’Iguane nous avait surpris avec un excellent album rock ; le chant du cygne scénique de cette redoutable bête de scène. La tournée qui a suivi la parution de ce disque fut sa dernière en bonne et due forme. Mais sur disque, le doyen avait encore quelque chose à dire, semble-t-il.

Iggy Pop, en faisait paraître Free, le vétéran va nous axpliquer ainsi la démarche artistique qui a mené à la gestation de ce 18° album studio : « À la fin de la tournée qui a suivi Post Pop Depression, je me suis dit que je m’étais débarrassé du problème d’insécurité chronique qui menaçait ma vie et ma carrière depuis trop longtemps. Mais je me suis aussi senti vidé. Et j’avais envie de mettre des lunettes de soleil, de tourner le dos et de m’éloigner. Je voulais être libre. Je sais que c’est une illusion et que la liberté n’est que quelque chose que vous ressentez, mais j’ai vécu ma vie jusqu’à présent avec la conviction que ce sentiment est tout ce qui mérite d’être poursuivi; tout ce dont vous avez besoin – pas nécessairement le bonheur ou l’amour, mais le sentiment d’être libre. Donc, cet album m’est juste arrivé, et je l’ai laissé faire. »

Musicalement, Iggy a confié les rênes de sa création au trompettiste Leron Thomas et à la guitariste Sarah Lipstate; deux jeunes musiciens qui ont escorté le chanteur dans des univers particulièrement éclectiques. Les ambiances jazzistiques, les morceaux rock, les moments crépusculaires et le spoken-word ténébreux se côtoient avec pour seul fil conducteur la voix vibrante d’un artiste en fin de parcours.

Après un début relativement dynamique – incluant la très rock « Love Missing », » Sonali » (influence du Bowie de Blackstar), « James Bond » (ligne de basse imparable) et la quasi hip-hop « Dirty Sanchez « – l’album prend une tangente narrative qui atteint son paroxysme avec « The Dawn ». Une chanson où Iggy entretient une conversation avec La Grande Faucheuse…La conclusion de l’album comprend également une version narrée d’un magnifique poème de Lou Reed (« We Are the People ») et d’un autre de Dylan Thomas (« Do Not Go Gentle Into That Good Night) ». Mais c’est la déclamation du texte de son frère d’armes, et rival notoire, qui émeut :

« We are among those who don’t know how to die in peace.

We are the ones who imagine their own destruction and bring it to the state of art »

We Are the People (Lou Reed)

Free est un album ovni qui, par moments, laisse songeur, mais qui force l’admiration. À un âge vénérable, dans un monde où l’authenticité est devenue un concept marketing, Iggy Pop donne l’exemple en nous proposant un disque sincère, conçu sans aucun compromis. Un disque inégal et imparfait, certes, mais réellement émouvant.

C’est l’album d’un homme franc, mais inquiet, pour qui la liberté n’est pas une marque de commerce, mais un véritable mode vie… même si la mort pointe à l’horizon.

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11 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Kindness: « Something Like A War »

On pourra dire ce que l’on veut de Kindness mais toujours est-il qu’il reste un des actes les plus sous-estimés de cette décennie. Adam Bainbridge n’avait plus donné signe de vie depuis son second album paru en 2014 maintenant. Cette fois-ci, c’est officiel, il nous revient en pleine forme avec son troisième disque intitulé Something Like A War.

Pour ce grand retour en fanfare, Kindness a décidé de privilégier les collaborations extérieures. Something Like A War (mixé par Philippe Zdar) ira tracer la continuité de ses collaborations pour d’autres comme Solange ou encore Blood Orange pour un troisième opus de pop aussi bien serein que nerveux. Le musicien jamais avare en idées a eu la bonne idée de reléguer sa voix au second-plan pour privilégier d’autres personnalités extérieures comme la chanteuse Seinabo Sey reluisante sur « Lost Without ». On se dit qu’on va avoir affaire à un sacré disque.

Et on ne s’est pas trompé car Kindness redéfinit les codes de la pop avec ce subtil mélange d’électro-pop, de R&B alternatif et une pincée de musique du monde (comme sur « Samthing’s Interlude »). Cela donne des pièces taillées sur mesure comme « Raise Up » et « Softness As A Weapon ». Mention spéciale pour les influences new-jack swing jamais désuètes de « Dreams Fall » ceci dit où la voix de notre hôte est noyée sous une chorale fantaisiste. Adam Brainbridge trouvera l’occasion de faire croquer ses invités (féminins) comme Alexandria sur « Who You Give Your Heart To », Jazmine Sullivan sur « Hard To Believe » ou encore la « prêtresse » Robyn avec l’hypnotique « The Warning ».

Mais celle qui sort du lot est une revenante, la rappeuse de Philadelphie Bahamadia qui n’a rien perdu de sa verve calme et monotone sur le morceau-titre où elle réussit à se calquer sur le rythme toujours aussi changeant avec son flot se rapprochant de Roc Marciano. Something Like A War se veut être un disque de résistance par rapport à cette époque de plus en plus inquiétante. Il ne fait aucun doute que Kindness arrive à fasciner sur cette oeuvre régénérante et inventive.

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11 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Parsnip: « When The Tree Bears Fruit »

Si on cherche de l’originalité, il faudra vous rendre du côté de Melbourne pour partir à la rencontre d’un quatuor bien particulier. Il s’agit d’un combo féminin, Parsnip, qui mêle garage-pop et allures punk avec un univers psychédélique bien burlesque comme l’atteste leur premier album intitulé When The Tree Bears Fruit.

Dès les premières notes de « For A Ride », il faudra s’attendre à quelque chose de bien fantasque avec Parsnip. Leur définition de garage-pop et riot grrl prend des dimensions psychédéliques et halloweenesques avec entre autres « Lift Off ! » twee et cheesy mais aussi « Sprouts » et « Lullaby ». When The Tree Bears Fruit est remarquable pour ses voix enfantines (surtout celle de Paris Richens), ses riffs wah-wah, son orgue trippy et inquiétant sans oublier ses lignes de basse bouncy qui font des merveilles comme les allures surf de « Rip It Off » et « Soft Spot ».

Leur garage-pop psychédélique ira déconcerter plus d’un mais ira synthétiser l’univers bien fantomatique de Parsnip. On pourra citer des titres bien originaux à l’image de « Seaferer » ou également de « Too Late » et de « My Window » qui montra le talent rocambolesque des quatre australiennes qui ne tombe jamais dans le conformisme. When The Tree Bears Fruit se fera remarquer pour son originalité en montrant un autre aspect de riot grrl un brin fantaisiste.

***1/2

 

 

11 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire