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The Futureheads: « Powers »

Si le post-punk a le vent en poupe ces derniers temps au Royaume-Uni avec des groupes comme IDLES, Fontaines D.C. ou The Murder Capital, The Futureheads avaient un temps d’avance sur tous ces derniers puisqu’ils œuvrent dans le genre depuis presque vingt ans. Il était donc normal qu’ils nous reviennent pour réclamer une part du gâteau post-punk qui leur est dûe. Surtout que l’on avait plus eu de nouvelles du groupe de Sunderland depuis Rant, sorti en 2012.
Powers débute de la meilleure des manières avec un « » sec et tendu, titre post-punk jouissif qui met d’emblée la barre très haute et augure du meilleur pour la suite. Mais, et l’on va vite s’en rendre compte, l’album ne se contente pas de creuser le sillon post-punk, le combo délivrant une musique où l’on peut entendre tant l’influence des Jam (l’élégant « Stranger In A New Town ») que celle de Fugazi avec en sus un côté pop que ne possèdent généralement pas les combos post-punk.


Ainsi se place « Across The Border », petite bombe pop punk que ne renieraient pas les Buzzcocks et brûlot anti-Brexit. Le titre suivant, « Electric Shock », a quant à lui un côté encore plus ouvertement pop et s’avère comme l’un des sommets du disque. The Futureheads, tout au long de cet album, convoquent ce que le rock anglais a produit de meilleur à l’instar de ces « Listen, Little Man! » ou « Idle «  qui nous rappellent le meilleur de XTC avec cette pop étrange et baroque.
Powers, et c’est sa grande force, s’aventure sur un grand nombre de territoires musicaux différents, toujours avec classe et brio. Le disque ne compte aucun moment faible et l’auditeur est impressionné de voir un groupe être capable d’être aussi brillant et efficace lorsqu’il se montre post-punk que lorsqu’il se dévoile pop. Le disque s’achève sur un grandiose « Mortals, » titre post-punk lancinant, répétitif et inventif.
Avec
Powers, The Futureheads nous offrent un superbe album qui montre que, après vingt ans de carrière, les anglais restent tout aussi intéressants qu’à leurs débuts. Un comeback retentissant pour un excellent album.

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10 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

DUMP HIM: « Dykes To Watch Out For »

Dans le rayon queercore, on peut relever également DUMP HIM qui sort du lot. Le quatuor originaire de Northampton dans le Massachusetts mêle riot grrl et hardcore-punk avec des textes cinglants balancés à la face de l’Amérique. Les voici de retour avec leur disque nommé Dykes To Watch Out For.

Une fois de plus, DUMP HIM ira faire tomber les fachos, homophobes, misogynes, racistes, adeptes de la masculinité toxique ou de la white supremacy et autres « fuckboys » dans les pommes avec ce disque bien rageur. Il n’y a qu’à juger les écoutes des expéditifs « Puritan » qui ouvre le bal mais également « Unimportant » et « Trash » où le quatuor balance la sauce.

Entre distorsions de riffs fuzzy bien furieux, section rythmique qui fuse à 100 à l’heure et chants énervés, DUMP HIM arrive à marquer les esprits avec leurs messages percutants de « What’s Yr Deal With Kim? », « Song For Frankie and Blimko » ou bien même de « Dreams, Live 1997 » bien efficaces. S’achevant sur un « Don’t Kiss Me, I’m In Training », le groupe queercore tente de se faire respecter et réussit avec cet album bien rentre-dedans.

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10 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Metronomy: « Metronomy Forever »

Joseph Mount et sa bande nous avaient déjà gratifiés d’un album haut en couleur avec la réédition de leur premier succès Nights Out qui célébrait ses dix ans. Pour rappel, firent suite les deux albums qui leur ouvrirent les portes du succès international : The English Riviera (2011) et Love Letters (2014), permettant ainsi au groupe de se produire dans les festivals.

Le dernier album Summer 08 sonnait plus épuré, aucun véritable « single » ne se démarquant du disque. Comme un retour aux sources, ce dernier à fatalement fait les frais de l’après Love Letters, mais à cette époque avait réconcilié les fans réticents face au côté commercial des précédents « singles ».
Étendards d’une electro pop ultra raffinée, Metronomy nous offrent ici un brillant mélange de titres faisant soit la part-belle au chant (partagé entre la voix douce de Joseph Mount et celle plus imposante de O
lugbenga Adelakan)et aux cordes, soit favorisant l’instrumental grâce à des samples et synthétiseurs qui restent toujours mélodieux, ne s’étirant jamais vers des bouillies sonores au sein desquels certain groupes se perdent allègrement.

Metronomy Forever nous propose un excellent compromis tout au long de ses dix-sept titres. Morceaux pop facilement accessibles et autres plus tournés vers le son purement électro des débuts sont réunis en un seul album, le tout restant très cohérent.
La première partie du disque s’adresse en priorité aux auditeurs plus mainstream avec une série de singles potentiels répondant ainsi aux codes d’une pop très dansante. L’intro « Wedding » nous fait directement taper du pied et s’en suivent les tubes en devenir que sont « Whitsand Bay », « Insecurity », « Salted Caramel Ice Cream » et « Lately » dont on s’imprègne très rapidement et qui peuvent être considérés comme radio compatibles.
La deuxième partie du disque modifie un peu la donne en s’ouvrant avec le très minimaliste et atmosphérique « Lying Low », qui nous ramène vers une ambiance DJ set plus complexe. « Forever Is A Long Time » et «  Ligh »t favorisent les distorsions sonores et autres vocoders, nous rappelant les influences originelles de Joseph Mount.
Dans la troisième partie, les morceaux se suivent mais ne se ressemblent pas. «  Emoji » et « Walking In The Dark » sont de ces titres qui ne sortent pas forcement du lot mais dont on anticipe le fort potentiel en live ,« Insecure » et « Miracle Rooftop » sont deux petites pauses instrumentales appréciées, la dernière étant un hommage ouvert à Daft Punk.
Elles sont suivies par la ballade « Upset My «  qui sonne étrangement folk » Wedding Bells «  « Lately » dévoilées comme « single »s, réunissent les ingrédients d’une électro grand public très efficace. Enfin le marathon
du combo se terminera par « Ur Mixtape » qui comme une fin de soirée nous laisse essoufflés et enclin à ralentir le rythme, le titre étant délicieusement groovy.
Le nom de l’album
Metronomy Forever résonne comme une conclusion logique à 15 années de carrière : leur habilité à surfer de pop vitaminée à électro pure, à passer de titres rythmés et festifs à des instrumentaux sous forme d’introspections presque cosmiques confirme le haut niveau atteint.

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10 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Lower Dens: « The Competition »

Cela faisait quatre ans que l’on était sans nouvelles de Lower Dens et de son désormais emblématique troisième album, Escape From Evil. Le groupe de Baltimore mené par Jana Hunter étonnait par ses compositions lumineuses qui étaient représentaient une véritable bouffée d’air frais. Quatre ans plus tard, ils reviennent avec un nouvel opus nommé The Competition.

Les cerveaux principaux du groupe que sont Jana Hunter et Nate Nelson restent présents et actualisent leur musique pour la rendre plus attrayante que jamais. The Competition insiste sur ces courses effrénés générées par le capitalisme moderne et la compétition que cela déclenche entre humains . Ceci se fera au travers des morceaux festifs et colorés à l’image des allures krautrock de « Galapagos » en guise d’introduction mais encore « Two Faced Love » et « Young Republicans » .

On retrouvera également la voix mystique et teintée de mélancolie de Jana Hunter qui ironise tout de même sur l’anxiété exacerbée de notre quotidien sur les influences new wave de l’introspectif « Real Thing » ou encore sur « Buster Keaton » et « Empire Sundown ».

Beaucoup de surprises seront à relever tout au long de cet album comme la participation du chanteur R&B 3ION sur le morceau intitulé « I Drive » avant de verser dans la mélancolie la plus pure sur les derniers morceaux que sont « Lucky People » et « In Your Horse ». Pour ce quatrième album, Lower Dens continue à évoluer et chasser ses démons pour nous proposer une musique plus lumineuse tout en critiquant la société capitaliste de façon malicieuse.

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10 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Adam Green: « Engine Of Paradise »

Chaque nouvel album d’Adam Green reste un petit événement sur la scène anti-folk actuelle. On l’avait laissé le New-yorkais avec l’album Aladdin il y a trois années de cela. De l’eau a coulé sous les ponts et le voici de retour avec son dixième opus intitulé Engine of Paradise.

Adam Green reste toujours égal à lui-même. Mettant au premier plan les thèmes de l’éternel conflit entre l’humain et les machines, la rencontre entre la spiritualité et la singularité ainsi que le rapport complexe entre la vie et la mort.

Engine Of Paradise resta une oeuvre de pop baroque aux arrangements cristallins mettant au premier plan le de l’artiste. Neuf morceaux sur 21 minutes de musique, on se laisse emporter par les compositions lyriques comme « Gather Round », « Freeze My Love » et autres « Escape From This Brain ».

Accompagné de James Richardson (MGMT), Jonathan Rado (Foxygen) et Florence Welch au générique, Adam Green fascine toujours autant sur des morceaux mélodiques et soignés comme « Cheating On A Stranger » et « Rather Have No Thing » qui ne dépassent jamais les 3 minutes. S’achevant sur le doucement mélancolique « Reasonable Man », le New-yorkais continue de nous impressionner avec cet opus taillé comme du diamant brut.

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10 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Frankie Cosmos: « Close It Quietly »

Maintenant qu’ils ont atteint un certain de pic de popularité, il était trop tard pour Frankie Cosmos de faire machine arrière. Le projet musical de Greta Kline était sorti des sentiers battus avec leur album Next Thing en 2016 puis Vessel deux années plus tard. Alors que l’on pensait qu’ils allaient prendre une pause, il n’en est rien de tout cela car les voici de retour avec leur quatrième album, Close It Quietly.

Alors que Next Thing comptait 15 morceaux et que Vessel en contenait 18, ce dernier totalise 21 titres. Frankie Cosmos continue d’éplucher un quotidien toujours riche en rebondissements et arrive à sortir la tête de l’eau après une rupture bien difficile. Il en résulte de nouveaux morceaux twee-pop/anti-folk lo-fi toujours courts mais entêtants allant du titre introductif nommé « Moonsea » à « Did You Find » en passant par les agréables et expéditifs comme l’ironique « 41st » ou bien « A Joke » et « Windows ».

Au final, rien de neuf mais on se laisse toujours autant guider par ses mélodies aussi bien naïves que catchy et cette voix toujours aussi somptueuse de Greta Kline qui continue de nous fasciner avec sa plume centrée sur des questions existentielles et sur l’‘inquiétant état du monde actuel. Passant des moments planants aux titres on ne peut plus électriques tels que « Wannago » et « Last Season’s Textures » ou bien également « Even Though I Knew » et « Marbles », Close It Quietly qui est co-produit par Gabe Wax )reste un disque égal à l’univers de Frankie Cosmos: toujours aussi charmant et attachant mais  singulièrement dépourvu de renouvellement.

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10 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire