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Modern Nature: « How To Live »

Après Mazes et Ultimate Painting, c’est désormais au sein de la formation Modern Nature que l’on retrouve Jack Cooper. S’il s’agit surtout d’un nouveau projet mené en compagnie de Will Young (Beak>, Moon Gangs), le songwriter britannique a aussi enrôlé un Woods (le batteur Aaron Neveu), le violoncelliste Rupert Gillett, ainsi que Jeff Tobias et son saxo (Sunwatchers) pour donner naissance à How To Live, et s’écarter des chemins « psyché 60’s » qu’il a pu arpenter jusque-là.

Ce premier album de Modern Nature est un disque en mouvement constant. Entre folk, guitares feutrées et rythmes hypnotiques – voire cosmiques – How To Live impressionne par sa densité et ses mélodies portées par les chuchotements du songwriter originaire de Blackpool. Ici, tout est structuré pour opposer ou rapprocher l’univers urbain incarné par la rythmique et les espaces synthétiques de Will Young, à celui de la nature mis en mouvement par la matière organique de Jack Cooper. Tout se superpose. Cooper a d’ailleurs emprunté le titre du journal de Derek Jarman, lui aussi intitulé Modern Nature, pour donner un nom à sa nouvelle formation. Ce cinéaste anglais (aussi connu pour avoir réalisé des vidéos pour The Smiths, Suede ou les Pet Shop Boys) y racontait notamment comment il avait fait jaillir de la terre un jardin « extraordinaire » – que l’on peut encore visiter aujourd’hui à Dungeness dans le Kent – à côté d’une centrale nucléaire.

Alors forcément, les « Urban Hymns » de How To Live ne le sont pas totalement. Ils sont fouettés par le vent. Quant aux herbes folles, elles profitent du moindre interstice pour s’immiscer ici et là. Et prendre parfois le dessus à la faveur de quelques notes de guitares, ou d’un violoncelle qui vient rappeler les frappes les plus « tire-larmes » du Godspeed You! Black Emperor, période Yanqui U.X.O (Bloom, la première partie de « Devotee »). Parfois, on pense aussi à la folk des Kingsbury Manx – la faute à un clavier utilisé en guise de drone (« Turbulence », l’excellente « Criminals ») – et même à Radiohead tant l’intro de la formidable « Peradam » rappelle le « Reckoner » d’In Rainbows. D’ailleurs, lorsque Jack Cooper évoque les disques qui l’ont inspiré durant ces derniers mois, il cite bien évidemment le groupe d’Oxford. Mais aussi Fairport Convention, Robert Wyatt ou encore Talk Talk. Pas de Nick Drake en revanche.

Qui l’emporte alors ?Les autoroutes, les open-spaces ou ce champ sauvage qui cohabite tant bien que mal avec ces tours d’immeubles qui le regardent de haut ? À vrai dire, il n’y a pas de match. Cooper, Young et leurs acolytes semblent être à la recherche d’un équilibre. Après tout, pour eux l’essentiel consiste surtout à s’y retrouver au milieu de tout ça (How To Live). « Footsteps », « Séance », « Nature » ont beau nous imposer le rythme d’une montre oppressante, devenue folle et récalcitrante à tout retard, la délicatesse de Jack Cooper est toujours là, rassurante. L’album se conclut aussi de manière magistrale, le temps d’un « Devotee » de sept minutes où tout finit par se marier. Ça commence par une magnifique , et puis tout s’emballe à mi-parcours. Comme une transe minimaliste trempée par la pluie, au beau milieu d’une réserve naturelle.

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8 septembre 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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