No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Brijean: « Walkie Talkie »

Derrière Brijean se cache une sacrée percussionniste venue tout droit d’Oakland qui avait collaboré aux côtés de Toro Y Moi et de Poolside dans le passé. La chanteuse et musicienne a décidé de faire équipe avec un autre musicien répondant au nom de Doug Stewart afin de mettre en boîte ce premier album bien fiévreux nommé Walkie Talkie.

Brijean Murphy officie au chant, aux congas, aux percussions, aux claviers et à la batterie tandis que Doug Stewart occupe à la basse, au chant et aux claviers. Walkie Talkie se veut être un mélange entre disco des années 1970 et house des années 1990 avec une sensibilité pop digne de Moloko pour une explosion de saveurs en tous genres.

Cette fusion fera son effet sur « Like You Do » et sur « Fundi » où les congas retentissent sur des compositions bien groovy qui font bouger tout comme sur l’excellent et enivrant « Show and Tell ».

Avec ce premier album, Brijean arrive à tisser son univers musical de façon efficace sur le morceau-titre et sur la conclusion bien rafraîchissante nommée « Meet Me After Dark ». A mi-chemin entre la rêverie et le terre à terre, Walkie Talkie est une des œuvres les plus originales où disco, house et indie pop arrivent à se mêler pour une expérience musicale inouïe tant elle est inattendue.

***1/2

8 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Velvet Negroni: « Neon Brown »

Bon Iver a sorti récemment un quatrième album i,i avec une ribambelle d’invités en tous genres dont James Blake, Jenn Wasner, Bryce Dessner etc. Un des invités s’est fait remarquer et il répond au nom de Velvet Negroni. De son vari nom Jeremy Nutzman, il est du genre à mêler indie rock et R&B expérimental pour un résultat plutôt atypique qui se manifeste sur son nouvel album Neon Brown.

Une fois de plus, Velvet Negroni brouille les pistes sur ces onze nouvelles compositions bien hybrides. Dès les premières notes de l’introduction nommée « ONE ONE », le musicien de Minneapolis mêle neo soul/new age, influences trap et sonorités aussi bien oniriques que sombres notamment sur « WINE GREEN », « POSTER CHILD » ou encore sur « CONFETTI ». Nous voilà plonger dans des ambiances bien particulières où l’originalité prime sur les titres comme « KURT KOBAIN » et « CHOIR BOY ».

Neon Brown privilégie le talent incommensurable de Jeremy Nutzman en nous mettant en lévitation à travers des titres complètement trippy et ambitieux à l’image de « SCRATCHERS » et de « NESTER ». Velvet Negroni nous captive avec ses textures fantomatique et planants comme « FEEL LET » mais également sur la conclusion nommée « ECTODUB » qui synthétisent avec brio ce second opus bien original qui tiendra la route, y compris après plusieurs écoutes.

***1/2

8 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Modern Nature: « How To Live »

Après Mazes et Ultimate Painting, c’est désormais au sein de la formation Modern Nature que l’on retrouve Jack Cooper. S’il s’agit surtout d’un nouveau projet mené en compagnie de Will Young (Beak>, Moon Gangs), le songwriter britannique a aussi enrôlé un Woods (le batteur Aaron Neveu), le violoncelliste Rupert Gillett, ainsi que Jeff Tobias et son saxo (Sunwatchers) pour donner naissance à How To Live, et s’écarter des chemins « psyché 60’s » qu’il a pu arpenter jusque-là.

Ce premier album de Modern Nature est un disque en mouvement constant. Entre folk, guitares feutrées et rythmes hypnotiques – voire cosmiques – How To Live impressionne par sa densité et ses mélodies portées par les chuchotements du songwriter originaire de Blackpool. Ici, tout est structuré pour opposer ou rapprocher l’univers urbain incarné par la rythmique et les espaces synthétiques de Will Young, à celui de la nature mis en mouvement par la matière organique de Jack Cooper. Tout se superpose. Cooper a d’ailleurs emprunté le titre du journal de Derek Jarman, lui aussi intitulé Modern Nature, pour donner un nom à sa nouvelle formation. Ce cinéaste anglais (aussi connu pour avoir réalisé des vidéos pour The Smiths, Suede ou les Pet Shop Boys) y racontait notamment comment il avait fait jaillir de la terre un jardin « extraordinaire » – que l’on peut encore visiter aujourd’hui à Dungeness dans le Kent – à côté d’une centrale nucléaire.

Alors forcément, les « Urban Hymns » de How To Live ne le sont pas totalement. Ils sont fouettés par le vent. Quant aux herbes folles, elles profitent du moindre interstice pour s’immiscer ici et là. Et prendre parfois le dessus à la faveur de quelques notes de guitares, ou d’un violoncelle qui vient rappeler les frappes les plus « tire-larmes » du Godspeed You! Black Emperor, période Yanqui U.X.O (Bloom, la première partie de « Devotee »). Parfois, on pense aussi à la folk des Kingsbury Manx – la faute à un clavier utilisé en guise de drone (« Turbulence », l’excellente « Criminals ») – et même à Radiohead tant l’intro de la formidable « Peradam » rappelle le « Reckoner » d’In Rainbows. D’ailleurs, lorsque Jack Cooper évoque les disques qui l’ont inspiré durant ces derniers mois, il cite bien évidemment le groupe d’Oxford. Mais aussi Fairport Convention, Robert Wyatt ou encore Talk Talk. Pas de Nick Drake en revanche.

Qui l’emporte alors ?Les autoroutes, les open-spaces ou ce champ sauvage qui cohabite tant bien que mal avec ces tours d’immeubles qui le regardent de haut ? À vrai dire, il n’y a pas de match. Cooper, Young et leurs acolytes semblent être à la recherche d’un équilibre. Après tout, pour eux l’essentiel consiste surtout à s’y retrouver au milieu de tout ça (How To Live). « Footsteps », « Séance », « Nature » ont beau nous imposer le rythme d’une montre oppressante, devenue folle et récalcitrante à tout retard, la délicatesse de Jack Cooper est toujours là, rassurante. L’album se conclut aussi de manière magistrale, le temps d’un « Devotee » de sept minutes où tout finit par se marier. Ça commence par une magnifique , et puis tout s’emballe à mi-parcours. Comme une transe minimaliste trempée par la pluie, au beau milieu d’une réserve naturelle.

****

8 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Lunch Lady: « Angel »

Lunch Lady qui ne vient pas d’Angleterre mais de la Californie, précision nécessaire tant il est vrai qu’à l’écoute de leur premier album Angel, il y avait de quoi donner cette impression.

Les deux gars et les deux filles qui composent le groupe sont, en effet, à mi-chemin entre post-punk et new-wave. Cet album semblera plonger dans les années 1970-1980 avec des titres aussi bien entraînants qu’envoûtants. Dépassant rarement les 3 minutes, Lunch Lady envoie la sauce de « Sweet One » à « Preacher Man » en passant par les expéditifs « Sister », « My Dead Dog » et « Pardon Me Miss ».

En 28 minutes chrono, Lunch Lady réussit à se démarquer avec une fusion musicale implacable mais totalement accrocheuse. Avec Angel, les Californiens font forte impression et on attend la confirmation avec un éventuel second album.

***

8 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Queen Of Jeans: « If You’re Not Afraid, I’m Not Afraid »

La Philly Sound vintage de Queen Of Jeans sur un premier album, Dig Yourself,avait charmé par son indie pop enivrante et doucement mélancolique au point de donner envie de se replonger dans son univers avec un nouvel opus ,If You’re Not Afraid, I’m Not Afraid sorti un an plus tard.

Avec ces onze nouvelles compositions, Queen Of Jeans se réapproprie les codes qui ont fait sa renommée en particulier la voix ô combien émouvante de Miriam Devora qui brille de mille feux sur le titre d’introduction nommé « Get Lost » toujours aussi somptueux tout comme le seront les arrangements de haute volée sur « Tell Me » et sur « Centuries ».

Plus émouvant qu’auparavant, Queen Of Jeans redouble d’intensité avec des morceaux on ne peut plus électriques comme « Only Obvious To You » et « Bloomed ». C’est également sur ces points que l’on appréciera alors encore plus le quatuor de Philadelphie sur des titres à l’image de « Rum Cheeks » et « I Am In Love With Your Mind ». If You’re Not Afraid, I’m Not Afraid ne pourra, par conséquent, que parler à ceux qui n’ont pas froid aux yeux pour mettre à plat leurs émotions.

***

8 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire