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Donarhall: « Helvegr »

Helvegr, du groupe allemand Donarhall est construit, selon l’aveu des compositeurs, comme la lecture de huit poèmes ( en huit pistes cqfd) ou le chant s’efface pour laisser place à une musique total faites dans le but avoué de stimuler l’imagination de l’auditeur.

Cela évoquera selon les personnes bien des choses différentes, tant la palette musical est riche. Certain y verront les grands espaces naturels, immaculés, préservés de la souillure de l’homme, et d’autre peut être y verront de la violence, du désespoir ; euphémisme qui souligne que c’est loin d’être joyeux.

Finalement, là ou Donarhall aurait pu sortir un énième disque  de black métal, honnête, correct mais insignifiant le fait de laisser le chant s’effacer permet de laisser un blanc que doit combler l’auditeur, ce qui est la force de l’album. En stimulant l’imaginaire, on touche à ce qu’il y a de plus noble dans ce type de musique, offrir une main tendu à l’interprétation.

***1/2

5 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hugar: « Varda »

Hugar est un duo islandais, et sa musique est le type même de chose qu’on peut s’attendre à entendre d’un duo islandais ; un subtil mélange entre post rock, trip hop, néo classique et ambiant. De longs, magnifiques et délicatement tristes titres qui vous emmènent tutoyer cimes enneigées et fjords embrumés. Tout cliché que ce puisse être, les quatorze titres ne sont pas aussi longs que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Étant donné que la musique de ce premier album correspond à 95% à ce que j’attendais, on ne peut pas dire que la surprise est absente ici.

De là à parler de musique « convenue », il y a un pas à ne pas franchir. En effet, ils sont peu ceux qui peuvent pondre de si belles plages, faisant passer de l’émotion, de la beauté, du frisson et de l’élégance en toute simplicité, sans jamais passer pour une musique élitiste et pompeuse. Simple certes, mais pas simpliste ni minimaliste ; chaque titre recèle d’une foule de détails et textures qui le rendent unique. Varda est le type de disque dont on va forcément croiser les titres sans même le savoir dans plein de séries, reportages et films, aux moments les plus tragiques. C’est peut-être peu, mais ça garantit la totale en termes d’émotions.

***1/2

5 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Las Aves: « I’ll Never Give Up On Love Until I Can Put A Name On It »

En 2016, on avait assisté à la renaissance musicale de The Dodos qui s’est rebaptisé Las Aves. Ce nouveau départ est symbolisé par leur premier album intitulé Die In Shanghai en compagnie du duo The Dø qui les a aidé à se réorienter musicalement avec un une électro-pop plus accrocheuse. Trois années plus tard, ils reviennent avec leur successeur I’ll Never Give Up On Love Until I Can Put A Name On It.

Pour ce nouveau disque, Las Aves s’offre les services de Lucien Krampf, DJ de Casual Gabberz, à la productionqui apportera beaucoup plus de piquant que d’habitude. I’ll Never Give Up On Love Until I Can Put A Name On It se veut être une exploration des relations amoureuses 3.0 et toute la complexité qui s’y dégage notamment sur l’introduction bien éloquente nomme « You Need A Dog » qui annonce la couleur. A mi-chemin entre pop aérienne et électro musclé et stroboscopique, le groupe sonne investi dans cette thématique à travers des morceaux colorés et ultra-rythmés comme « A Change of Heart », « Baby » et « Tomorrow ».

Moins aseptisé que Die In Shanghai, Las Aves (et Krampf) musclent beaucoup plus leurs instrumentations qui frôlent de très près le hardcore. Il n’y a qu’à juger les insolents « + », « Cancel on Me » et « Fuck That Shit » aux beats millimétrs et synthés donnant le tournis avec cette thématique qui revient sans cesse. Les ex-The Dodos réussissent dans cette démarche et arrivent à se réinventer de plus en plus notamment avec « Latin Lover » et « Where Did You Go? » faisant de ce I’ll Never Give Up On Love Until I Can Put A Name On It un disque plus percutant que son prédécesseur.

***1/2

5 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire