The S.L.P.: « The S.L.P. »

L’ancien membre de Kasabian, Sergio Pizzorno se lance enfin en solo avec son projet annoncé à grand renfort de tweets mystérieux qu’est The S.L.P. Kasabian nous avait laissés sur notre faim en 2017 avec l’album For Crying Out Loud, qui à vouloir trop persévérer dans la mouvance dance est apparu à nos oreilles beaucoup trop désordonné, cette incartade en solitaire attire dès lors toute notre attention.
Sergio Pizzorno étant la plume et le compositeur de Kasabian, il est logique de retrouver dans ce disque l’essence même du son du groupe, un rock électro efficace qui flirte selon les titres avec le groove, le trip-hop et la pop orchestrale. Pizzorno a annoncé dans les média profiter d’une pause pour enfin se lancer dans sa propre expérimentation. En découle un album de onze titres qui propose un voyage riche en sonorités, les influences électro de Sergio Pizzornio étant naturellement exprimées.
Le disque débute avec un instrumental « Meanwhile… In Geneva » qui, dès les premières notes, nous ramène aux premiers sons de Kasabian. Le disque s’ouvre ainsi sur ce morceau qui s’écoute comme un générique de film : l’orchestration est dès le départ poussée à son paroxysme, une impression délicieuse de western spaghetti années 70 nous intronise avec le petit monde de Pizzorno.
S’ensuit une série de morceaux qui selon les cas nous rapproche plus ou moins de Kasabian. « Lockdown » et son interprétation rappelant vraiment celle de Tom Meighan aurait mérité de s’éloigner de cette ligne de chant si reconnaissable.
Certains titres sortiront tout de même du lot : « trance)) » offre une électro aux percussions et à la mélodie très douce, « The Wu » et « » sont plus primaires et font la part belles aux samples et au vocoder, avec une rythmique que l’on a tout de même déjà entendu sur des morceaux du groupe.


Un autre instrumental, « Meanwhile… At The Welcome Break » en milieu de course, se posera comme une interlude à la séance de cinéma. Cela nous redonne quelques forces pour arpenter la deuxième partie du disque qui sonne plus cohérente. On y retrouve le « single » « Favourites » avec la rappeuse Little Simz, « Nobody Else » qui délivre un tube façon dance, et « Youngest Harry « qui s’immerge encore plus dans l’électro.
Enfin, le tout se clôture sur « Meanwhile… In The Silent Nowhere » qui offre un tour de chant de toute beauté à Pizzorno et qui vient sur ces dernières notes reprendre la mélodie du titre d’ouverture, nous proposant ainsi une boucle musicale très appréciable.
The S.L.P. étant le fruit de l’âme de Kasabian, il aurait été étonnant de ne pas y retrouver la structure même de leur son. Néanmoins, chacun de ces morceaux étant libéré de ce qu’impose dans la structuration la sainte trinité guitare-basse-batterie, une place de poids est faite à la manipulation des samples, boites à rythmes et autres percussions qui définissent parfaitement Sergio Pizzorno, sa culture club étant enfin entièrement mise en valeur. The S.L.P. peut ainsi être considéré comme le pendant dance totalement assumé du groupe, un exutoire où Sergio Pizzorno s’émancipe de tous carcans imposés par le petit monde du rock anglais. De quoi booster nos oreilles pour une rentrée qui semble s’annoncer des plus remuantes musicalement parlant.

***1/2

!!!: « Wallop »

Si il y a bien une formation qui refuse de raccrocher les gants à ce stade de carrière, c’est bel et bien !!! alias Chk Chk Chk. On avait laissé la troupe dance-punk américaine avec Shake The Shudder qui était à la hauteur des attentes. Deux ans plus tard, ils reviennent avec Wallop.

!!! réactive sa machine à danser à travers des titres dance-punk bien fun et énergiques à l’image du titre d’introduction nommé « Let It Change U » qui est suivi de « Couldn’t Have Known » ou de l’électro-pop enlevé « Serbia Drums ». Nic Offer et toute sa clique n’ont rien perdu de leur verve et cela fait toujours autant du bien de les entendre requinqués notamment sur « Domino » et le plus inquiétant « Rhythm Of The Gravity ».

Il est clair que Wallop prend des couleurs plus soul-funk saupoudré d’influences électroniques des années 1990. On en veut pour preuve les bombes dancefloor groovy de « Off The Grid » qui convie une certaine Meah Pace (et qui apparaît également sur la conclusion on ne peut plus aérienne et fédératrice nommée « This Is The Door ») mais également « My Fault », « Slow Motion » et sur « $50 Million ». On est loin de classiques mais nul ne doute que l’énergie de !!! (Chk Chk Chk) reste toujours intacte et offre une bonne bouffée d’air frais durant ces temps sombres.

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