Jason Lytle: « NYLONANDJUNO »

Il arrive que des artistes s’imposent des contraintes en vue de l’élaboration de leur nouveau projet, parfois par manque de moyens, mais parfois aussi afin de repousser leurs propres limites. Avec Arthur King Presents Jason Lytle: NYLONANDJUNO, Jason Lytle (Grandaddy) propose un album enregistré avec une guitare classique aux cordes de nylon et un synthétiseur Juno.

Il va sans dire que ce nouveau projet n’a rien à voir ou presque avec le reste de l’œuvre de Jason Lytle, que ce soit en solo (il a lancé deux albums sous son véritable nom depuis 2009) ou avec Grandaddy, un des groupes-phares de la scène indie de la fin des années 90 et du début des années 2000. En fait, NYLONANDJUNO est le fruit d’une collaboration entre le musicien originaire de Californie et le collectif artistiqueArthur King, connu pour ses installations immersives combinant musique et arts visuels, en vue d’une exposition à la galerie 98 Orchard Street de New York. Le collectif originaire de Los Angeles a notamment travaillé dans le passé avec des noms tels que Beck, John Cale, Lou Reed, Elliott Smith ou encore Eels.

Au-delà de la particularité de son instrumentation, NYLONANDJUNO s’inscrit dans un registre de musique ambient, avec huit pièces entièrement instrumentales qui vont de la méditation sonore (la planante « Hitch Your Wagon to a Falling Star » en intro) au néo-classique rudimentaire (« Don’t Wanna Be There for all that Stuff », quasi-new age). On se surprend aussi à penser aux trames sonores de plusieurs films de David Lynch, surtout en raison des sonorités particulières du Juno, un synthé analogique conçu dans les années 80 par la compagnie Roland et célèbre pour ses sonorités de basses frottées et ses notes longues jouées en fondu qui imitent le son des vagues.

Il est toujours délicat de juger de ce type d’album sans tenir compte du support visuel censé l’accompagner (difficulté déjà souligner sur Tangerine Reef d’Animal Collective, conçu pour être écouté en même temps qu’un documentaire montrant des récifs coralliens). NYLONANDJUNO se distingue néanmoins par sa capacité à capter notre attention par des accroches mélodiques qui ponctuent la plupart des pièces et qui permettent à Jason Lytle de jouer sur les codes de la musique ambient, mais sans qu’on y perde sa signature sonore.

Cette médaille a deux côtés. D’une part, il est réconfortant de pouvoir s’appuyer sur quelque chose de connu en se retrouvant devant une proposition aussi différente, d’autant plus que Lytle demeure tout un mélodiste. Mais il y a aussi une « manière » Jason Lytle, quelque chose dans le ton dont il n’arrive jamais à se défaire et qui crée une forme de redondance dans son œuvre. C’est le cas sur ses propres albums, mais aussi lorsqu’il collabore à d’autres projets, comme sur l’album Volume 1 du groupe BNQT (incluant des membres de Midlake et Franz Ferdinand), pour lequel il a fourni deux titres qui sonnent exactement comme du… Grandaddy.

Sans être mémorable, NYLONANDJUNO s’avère quand même un ajout intéressant à la discographie de Jason Lytle, lui permettant de renouer avec certaines sonorités électroniques qui ont fait la marque de Grandaddy (par exemple les premiers albums du groupe, et, accessoirement, Last Place lancé en 2017). L’instrumentation minimale donne aussi une couleur particulière au projet, même si une certaine fatigue s’installe au fil des huit pièces, étant donné leur timbre similaire. Sans doute le disque prend-il tout son sens dans le contexte d’une expo, mais la musique arrive presque à se suffire à elle-même, pourvu qu’on accepte son côté uniforme et répétitif.

***1/2

Redd Kross: « Beyond The Door »

En l’espace de six albums et en trois décennies, Redd Kross fait parti du panthéon des groupes légendaires sur la scène rock alternative américaine. On avait quitté le groupe d’Hawthorne en 2012 avec leur album Researching The Blues qui était à leur image. Les voici de retour cette année avecopus plutôt attendu nommé Beyond The Door.

Une fois n’est pas coutume, Redd Kross continue de nous balancer du gros son à mi-chemin entre power-pop, glam, surf et garage-rock. C’est à coup de gros riffs de guitare et de rythmes bien puissantes qui habitent ce Beyond The Door avec entre autres « The Party » en guise d’introduction mais également « Fighting », « There’s No One Like You » ou encore « The Party Underground ». Aucune raison pour les Californiens de s’adoucir après trois décennies à dominer la scène underground bien au contraire. Les papys font de la résistance et c’est beaucoup mieux comme ça.

Quoi de mieux que de bouger la tête à l’écoute des titres bien huilés comme « Fantastico Roberto » et « What’s A Boy To Do ? » ? Redd Kross connaît très bien son affaire et on ne pourra pas leur enlever cela. Il ne manquera plus que d’autres trouvailles comme la conclusion nommée « When Do I Get To Sing « My Way » » pour montrer que le groupe d’Hawthorne ne compte jamais s’arrête ; et c’est tant mieux.

****

Esther Rose: « You Made It This Far »

Esther Rose avait fait une entrée plutôt remarquable en 2017 avec son premier album This Time Last Night. La chanteuse et musicienne native de la Nouvelle-Orléans possède un goût particulier pour la country (contrairement à moi) et la folk rurale. Cette année, elle récidive chez Father/Daughter qui continue de diversifier sa marchandise avec un second disque intitulé You Made It This Way.

Voici donc venir dix nouvelles chansons qui nous mèneront tout droit dans les terres rustiques de l’Amérique. Il ne fait aucun doute qu’Esther Rose baigne dans ce milieu rural et le voyage débute avec l’acoustique « Always Changing ». Dès lors, les inspirations country sont poussées au paroxysme sur des morceaux comme « Handyman » avec la lap steel et son violon qui sont de sortie mais également « Only Loving You » et « Sex And Magic » marchant sur les traces des regrettés Hank Williams et Patsy Cline.

Tandis que les influences country se font ressentir sur « Lower 9 Valentine », « Three » et « Rio en Medio », Esther Rose se met en mode nostalgie tout au long de ce You Made It This Way. En prenant du recul sur ses années lycée à Columbiaville dans le Michigan, ses textes sentent parfaitement le vécu et c’est à cela qu’elle réussit à briller. Ce périple spirituel se clôture avec la ballade acoustique plus mélancolique nommée « Don’t Blame It On The Moon ». Quoi qu’il en soit, le second album d’Esther Rose trouvera sans doute son public auprès de ceux qui trouvent une alternative à Kacey Musgraves.

***1/2

Ghost Orchard: « Bunny »

Sam Hall officie sous le pseudonyme Ghost Orchard et fait partie de la scène bedroom-pop américaine actuelle aux côtés de (Sandy) Alex G, Car Seat Headrest, Cuco ou les autres projets de Sam Ray. Contrairement à ces autres noms, notre hôte n’a pas rencontré la popularité ; peut-être changera-t’il la donne avec son troisième album Bunny.

Inspiré par ses années lycée, Ghost Orchard nous raconte ses gros béguins amoureux et ses tentatives à faire des approches sauprès de ses objets de quête. C’est avec ces quatorze morceaux à mi-chemin entre bedroom-pop et influences R&B alternatif que l’on a affaire, que ce soit sur « witness » en guise d’introduction mais encore sur « swan », « only » ou « sheesh » où il fantasme sur sa muse sans jamais faire le premier pas.

Que ce soit sur les allures dignes de Hot Chip comme « guess » ou sur la conclusion digne de Rex Orange County aux sonorités R&B de « honeymoon », Ghost Orchard va au bout de ses idées. Muni de breakbeats ultra-complexes presque proches du drill’n’bass (« frog »), de sonorités glitch et des mélodies de guitare notamment sur « carousel », « balloon » ou encore sur « first time », Sam Hall avec sa voix facilement modulable expose ses fantasmes post-adolescentes à travers un troisième disque doucement nostalgique et inventif mais parfois un peu trop uni

Rose Dorn: « Days You Were Leaving »

Dans les nouveaux venus de la scène indie pop californienne, on peut citer le groupe Rose Dorn. Bien que peu connuss, ils possèdent toutes les caractéristiques pour impressionner le public. Le trio composé de Jamie Coster, Joey Dalla Belta et de Scarlet Knight peut faire parler de luisi on tient compte, ici, de son premier album, Days You Were Leaving.

Sa particulité esr d’allier indie pop, surf, slowcore, shoegaze et dream-pop pour un résultat plutôt impressionnant. Dès les premières minutes lancinantes de l’introductive « Big Thunder, Rose Dorn lance la machine et nous envoûte comme il se doit lorsqu’ils nous apprennent à comment relativiser lorsque notre vie s’avère chaotique.

On appréciera également la fluidité de ce Days You Were Leaving où l’on passe du calme à la tempête selon les différents morceaux. Entre allures surf de « Shaking » et influences slowcore sur « Genius » et « Champ », Rose Dorn marque le pas avec ses reverbs de guitare et ses rythmiques bien tendues et complexes. Après l’enchaînement de « LRP » et de « HYC », les californiens font preuve d’une incroyable maîtrise et les derniers morceaux possèdent une allure plus rustique avec l’arrivée de l’harmonica sur « Heaven II » et « Wish » . Au total, ce « debut album », offre un voyage bien complexe et saisissant dans un univers où le chaos et l’harmonie cohabitent afin de ne former qu’un.

***1/2

Sheer Mag: « A Distant Call »

Lorsqu’il est question de rock des années 1970, on est moins choqué de nos jours par l’aura satanique de certains groupes, que par les histoires de détournement de mineures, d’agressions sexuelles, de misogynie, d’homophobie, de racisme, d’appropriation culturelle, de plagiats ou par la fascination de ces groupes cultes pour le moteur à explosion. En même temps, ces groupes de musiciens, souvent virtuoses, avaient, il faut l’avouer, un don pour les riffs accrocheurs, les vers d’oreilles, et une énergie communicative.

L’exercice de style étant à la mode depuis un bon moment, il n’est pas surprenant de voir des groupes contemporains réactualiser cette musique en la départissant des valeurs d’un autre siècle qui l’affuble. Sheer Mag se dévoue entièrement et profondément à ce processus. Leur premier album, Need To Feel Your Love, avait fait grand bruit en 2017 – le New Mical Express lui avait accordé une note parfaite de 5 sur 5. Deux ans plus tard, le groupe est de retouravec A Distant Call, un deuxième opus attendu de pied ferme par la presse musicale. Mais l’exercice de style peut s’avérer périlleux : comment éviter le piège de la répétition ad nauseam, qui a enfermé plusieurs des groupes desquels s’inspirent Sheer Mag ?

En lançant A Distant Call, l’auditeur néophyte aura peut-être l’impression d’atterrir directement dans un épisode de That 70’s show. Les références musicales sont en effet évidentes : Thin Lizzy, Kiss, AC/DC ou ZZ Top viennent d’emblée en tête, à cette différence importante que le chanteur en bedaine, caractéristique des groupes des années 1970, est remplacé ici par une femme à la voix criarde, Chritina Halladay, visiblement versée dans le punk rock.

« Steels Sharpen Steels », le premier morceau de ce deuxième album, rappelle en de nombreux points « Meet Me In The Street », la composition ouvrant le précédent opus : gros riff de guitare martelant un rythme assez rapide. Le propos dénonce une norme lourde, qui bloque l’émancipation individuelle et collective. La charge politique est ici bien présente. Elle se fait toutefois moins radicale que dans « Meet Me In The Street », hymne aux accrochages entre la police et les manifestants en marge de l’investiture de Donald Trump.

Si, au niveau musical, la continuité avec Need To Feel Your Love est, ici, directe et évidente, les paroles viennent marquer un changement de ton qui traverse tout l’album. L’attention se porte davantage sur des moments difficiles qui ponctuent l’existence. Mais la prise de conscience politique ne se trouve jamais bien loin derrière : la perte d’un emploi se transforme en plaidoyer pour les mouvements de travailleurs, le deuil d’un père violent laisse transparaitre une critique de la domination masculine, l’écœurement face aux comportements réprobateurs ciblant les rondeurs de la chanteuse devient une ode à la diversité corporelle. Plus largement, on sent le spectre d’une révolte dure à porter, mais bien vivante, même lorsque rien ne va.

Par moment, la politique devient plus explicite. Dans « Unfound Manifest », le regard se porte sur la tragédie des migrants engloutis par la Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe, « Chopping Block » revient sur le thème des mouvements de travailleurs abordé ailleurs dans l’album, tandis que « The Killer » dénonce les faucons et les politiques militaristes endossées par Washington à cause de leur influence.

Le contraste entre le propos sombre de la chanteuse Christina Halladay et le côté presque héroïque du « cock rock » est frappant. Reste que, suivant le changement de ton dans les paroles, l’énergie déployée par le groupe devient moins intense sur ce deuxième album. Les moments plus groovy, qui évoquaient parfois The Strokes et que l’on retrouvait sur Need To Feel Your Love, cèdent la place à des mélodies de guitares pleines de chorus ou harmonisées à la tierce, rappelant des textures sonores communes de la fin des années 1970.

L’album se clôt sur le morceau « Keep On Running »., sorte d’hymne à la fuite en avant face à ce qui est annoncé comme un pouvoir omnipotent. Une lueur d’espoir subsistera pourtant, la révolte reste vivante. Le titre de l’album réfère ainsi à cette lumière qui subsiste lorsque l’existence se fait sombre. La voix de Halladay est, tout au long du morceau, noyée peu à peu dans des effets, ceux-ci prennent graduellement plus d’espace, jusqu’à désarticuler la machine rock bien huilée qui s’agite depuis un bon moment déjà, comme si le groupe perdait soudainement ses repères.

A Distant Call est ainsi un objet singulier, qui mélange musique d’un autre âge, préoccupation sociale, douleur individuelle. On le constate, l’album est terriblement bien réfléchi, la performance des musiciens est impeccable, la production léchée s’avère néanmoins efficace. Le décalage entre le propos et la musique, si intéressant au niveau conceptuel, s’avère malheureusement moins efficace d’un point de vue émotif. Malgré toutes ses qualités, l’album s’avère au final un peu froid et souvent prévisible, l’exercice de style prenant au final le dessus sur le travail de réactualisation.

***1/2

Shannon Lay: « August »

En 2017, on avait eu l’agréable surprise d’apprendre que la personnalité de Shannon Lay possédait une autre facette avec un premier album, Living Water. La guitariste du groupe de garage-punk californien Feels qui avait été membre du Freedom Band de Ty Segall étonnait avec ce disque indie folk épuré et sensible.

Shannon Lay troque son garage-punk pour revenir à la folk somptueuse de son premier opus une fois de plus. Signée désormais sur le label Sub Pop, elle continue de nous envoûter avec des ballades en fingerpicking mais avec des arrangements plus luxueuses qu’à l’accoutumée. On en veut pour preuve des morceaux magnifiques à l’image du titre d’ouverture nommé « Death Up Close » conviant les cordes et les cuivres mais également « November » et « Shuffling Stoned » qui font passer le temps agréablement.

Sur August, Shannon Lay continue de baigner dans des influences dignes de Nick Drake, Karen Dalton ou encore de Vashti Bunyan avec un sens de songwriting digne d’Adrianne Lenker et de Jessica Pratt. Et cela donne des morceaux en fingerpicking acoustique (« Past Time », « Sea Come To Shore », « Sunday Showdown ») ou électrique (« Wild », « August ») et on se laisse emporter par cette douce poésie faisant parler sa vulnérabilité. Il ne manquera plus qu’un final plutôt touchant du nom de « The Dream » pour constater combien son onirisme vise juste.

Un peu plus étoffé que Living Water mais toujours aussi aérien et mystique, Shannon Lay fait de ce August un opus indie folk chaleureux nous invitant à lâcher prise quand le moment venu se présente.

***1/2

CRX: « Peek »

Outre Julian Casablancas et Albert Hammond Jr., il y a également eu Nick Valensi l’ancien guitariste des Strokes qui s’était lancé dans une carrière solo. La preuve en a été un side-project de new wave/stoner nommé CRX et un premier album New Skin paru il y a trois ans mais qui, bien que co-pduit avec Josh Homme, n’avait pas laissé un souvenir impérissable. Cette année, son groupe revient en fanfare avec son successeur nommé Peek.

Pour cette nouvelle livraison, Nick Valensi et sa bande ont décidé de puiser leur inspiration dans les années 1980. Ainsi, Peek (produit par Shane Stoneback) regroupe de titres énergiques comme « We’re All Alone » qui annonce la couleur avec son groove bien particulier tout comme sur « Love Me Again » ou les allures synthpop de « New Obsession » mettant les claviers en avant.

À la différence de son prédécesseur qui se voulait garant de riffs mémorables, on ne peut s’empêcher de penser que CRX se repose quelque peu sur d’autres lauriers. Hormis les urgents « Crash » et « Falling » rappelant que Nick Valensi est un sacré guitariste, le groupe cède quelque peu à la facilité lorsque l’on écoute des titres comme « Get Close », « Wet Paint » ou encore « Back & Forth ». Peek aurait mérité un peu plus de piquant comme son prédécesseur mais tout laisse penser que CRX a beaucoup écouté du Cars lors de ces sessions. La chose n’est pas rédhibitoire, certes et l’effort demeure louable donc mais encore quelque peu convenu.

***

Ra Ra Riot: « Superbloom »

Métaphore d’un monde qui part à la dérive, la pochette de l’album, ce bouquet de fleur qui se pixelise, qui devient  flou par endroit, est à l’image de la musique qu’il contient. Certaines fois, il s’écoute tout seul, un genre de ballet électro pop à peu près dans le spectre émotionnel normal. Et puis les autres fois, souvent, disons qu’on est plus dans le dur, à causer de guerre, de famine, de malheur divers sur l’échelle de la douleur. Globalement, il s’agit bien d’un disque triste, ce qui ne l’empêche pas d’avoir toute ses qualité intrinsèque.

On remarquera déjà à l’écoute que ce mélange de pop et d’électro fonctionne parfaitement, qu’aucune chanson ne pompe honteusement une autre, tout en ayant un disque d’une grande cohérence  musicale. C’est d’ailleur la diversité de sa musique qui en fait sa force, avec force d’éclectisme, avec cet esprit pop indéniable, celui qui vous fait bouger tout seul sur la chaise du bureau. Mention pour le chant, tout en énergie mais aussi en retenu,e ainsi que pour les chœurs, très réussis.

Peut être pas un album indispensable, mais, sans conteste, un disque à écouter.

***1/2

Lina Tullgren: « Free Cell »

À la fin de l’année 2017, une jeune prétendante venue du Maine en Nouvelle-Angleterre répondant au nom de Lina Tullgren avait fait ses premières preuves avec son premier album, Won. Depuis, elle est parvenue arrive tant bien que mal à s’immiscer dans le cercle de l’indie rock féminin. .Deux ans plus tard, elle décide de redoubler d’ambition avec son « sophomore album », Free Cell.

Afin de mieux se démarquer, Lina Tullgren a employé les grands moyens. À l’écoute de Free Cell, tout laisse à penser qu’elle a décidé d’emprunter la voie de la sagesse. C’est avec des arrangements baroques et romanesques menés aux cordes et aux cuivres qu’elle surprendra à l’écoute de perles telles que l’introduction mettant directement dans l’ambiance ou bien encore « Golden Babyland » et l’entêtant « Saiddone ».

Hormis les élans plus électriques de « 110717 » rappelant son premier album, Lina Tullgren impressionne par son ouverture d’esprit. Après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, la musicienne semble avoir eu une révélation. C’est à l’écoute de tendres ballades comme « Bad At Parties », « Wow, Lucky » et autres « Soft Again » que l’on plonge dans son univers bien particulier. Et on n’est jamais au bout de nos surprises que ce soit sur les deux parties de « Soft Glove » ou sur la sublime conclusion nommée « Piano » car elle a réussi à se réinventer afin de fasciner un peu plus. Chose dont beaucoup pourraient prendre de la graine.

***1/2