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Cave In: « Final Transmission »

Final Transmission est sans doute un titre adéquat pour ce dernier opus de Cabe In puisque, en, raison de la morte de son bassiste Caleb Scofield, ce sera l’ultime album du groupe sous sa forme originelle et même le tout dernier opus du combo.

Il sera donc Impossible découter l’album sans prêter attention à la tragédie qui l’a engendré d’autant que, à l’issue des sessions d’enregistrement, chaque ligne de basse et tous les matériaux bruts de l’album auront été conservés.

Assez court dans la durée (trente et une minute), mais sans aucun temps mort, les lignes de basse seront lourdes, trempées heavy, stoner, claqueront et résonneront comme pour s’ajouter à l’arsenal de violence contenue, presque silencieuse mais résolument triste. Le deuil s’ imprime dans chaque notes, chaque phrase ; souvenirs douloureux d’un ami tout autant qu’un musicien

Final Transmission est clairement cathartique et il doit s’écouter comme tel, une thérapiepar le biais de la musique, mais aussi un hommage brillant et vibrant dans un écrin musicale riche en émotion qui devrait faire date.

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29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Channelers: « Being »

Le musicien californien Sean Conrad, alias Channelers, propose, avec For Being ,un disque d’ambient lumineux et insitant à la méditation.Avec claviers, guitare à archet, flûte et voix, le musicien Sean Conrad nous présente un disque d’ambient composé à partir de ce qu’il appelle des « sons essentiels ».Il a d’abord enregistré les parties instrumentales avant de les découper, les assembler, les mettre en boucle et les associer à des fields recordings sans doute enregistrés dans sa ville de Oakland, en Californie.

Il résulte de ce travail d’artisanat d’art, un disque solaire, ouvert sur de vastes horizons, dans lequel on se perdra avec bonheur grâce aux boucles lumineuses qui évoluent sensiblement tout au long des morceaux.
Une très belle production ambient, propice à la rêverie : à découvrir.

***1/2

29 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jay Som: « Anak Ko »

Ces dernières années, Jay Som était montée en puissance grâce à un premier album officieux en 2016 (Turn Into) et un autre, officiel celui-ci, l’année suivante nommé Everybody Works). Melina Duterte, de son vrai nom, est devenue un autre nom à retenir sur la scène bedroom-pop américaine et elle confirme son statut avec son nouvel album intitulé Anak Ko, ( « mon enfant »).

Pour cette nouvelle livraison, Jay Som repousse les limites de la bedroom-pop un peu plus loin et il faudra s’attendre à du professionnalisme et de la profondeur sur ce Anak Ko et ces compositions dream-pop/indie rock lumineuses qui l’entourent comme l’atmosphérique « If You Want It » en guise d’ouverture mais également « Peace Out » qui rappelle toute la fragilité de Mitski.

Fortement influencé par les actes des années 1980 tels que The Cure et Prefab Sprout mais aussi d’autres plus modernes comme The Pains Of Being Pure At Heart et Silversun Pickups, Jay Som nous entraîne dans un voyage somptueux et doucement acidulé. C’est avec l’aide de personnes extérieures (Lætitia Tamko, Annie Truscott de Chastity Belt, Justus Proffitt, Taylor Vicks de Boy Scout…) qu’elle réussit à nous envoûter que ce soit sur des titres captivants comme le shoegaze explosif « Superbike » à mi-chemin entre Cocteau Twins et Alanis Morrissette et les reposants « Nighttime Drive » qui porte bien son nom avec son crescendo bien accentué par les cordes.

Et que dire du bien-nommé « Tenderness » qui étonne pour ses accents smooth et jazzy mais toujours aussi planants ou bien encore « Crown » et la conclusion de haute volée nommée « Get Well » qui vient clore les aventures de Melina Duterte sur la route de l’autonomisation et de l’optimisme pour trouver la sérénité dont elle a besoin. Cela fera montre de la grande force de cet album qui prouvera, une fois de plus, ses talents d’artiste et de productrice.

***1/2

29 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ceremony: « In The Spirit World Now »

Même si Ceremony ne fait pas partie des groupes que l’on référence en matière de post-punk et d’art-punk, personne ne pourra leur empêcher leur consistance. On avait laissé le quintet de Rohnert Park avec leur cinquième album The L-Shaped Man en 2015 qui était plutôt de bonne facture. Quatre années plus tard, le groupe californien se rappelle à notre bon souvenir avecl In The Spirit World Now.

On retouve une bonne dose d’art-punk bien furieux avec « Turn Away The Bad Thing » en guise d’introduction mais également « Further I Was » et « Presaging The End » rappelant toute la verve de The Clash et Devo. Entrecoupés d’interludes en spoken-word, le quintet californien envoie la sauce en mettant en valeur les synthés et les voix féminines notamment sur le morceau-titre qui se singularise par sa montée en puissance.

On remarquera également sur ce sixième disque que les membres de Ceremony ont redoublé d’énergie notamment la section rythmique qui se fera par moments agressive comme sur « We Can Be Free », « Never Gonna Die Now » ou bien encore sur « I Want More ». Les riffs stridents et la basse démoniaque sont les leitmotivs d’In The Spirit World Now et le quintet de Rohnert Park arrivera à l’exploiter avec succès ; une bonne évolution qui augure de choses prometteusespour la suite.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Jason Lytle: « NYLONANDJUNO »

Il arrive que des artistes s’imposent des contraintes en vue de l’élaboration de leur nouveau projet, parfois par manque de moyens, mais parfois aussi afin de repousser leurs propres limites. Avec Arthur King Presents Jason Lytle: NYLONANDJUNO, Jason Lytle (Grandaddy) propose un album enregistré avec une guitare classique aux cordes de nylon et un synthétiseur Juno.

Il va sans dire que ce nouveau projet n’a rien à voir ou presque avec le reste de l’œuvre de Jason Lytle, que ce soit en solo (il a lancé deux albums sous son véritable nom depuis 2009) ou avec Grandaddy, un des groupes-phares de la scène indie de la fin des années 90 et du début des années 2000. En fait, NYLONANDJUNO est le fruit d’une collaboration entre le musicien originaire de Californie et le collectif artistiqueArthur King, connu pour ses installations immersives combinant musique et arts visuels, en vue d’une exposition à la galerie 98 Orchard Street de New York. Le collectif originaire de Los Angeles a notamment travaillé dans le passé avec des noms tels que Beck, John Cale, Lou Reed, Elliott Smith ou encore Eels.

Au-delà de la particularité de son instrumentation, NYLONANDJUNO s’inscrit dans un registre de musique ambient, avec huit pièces entièrement instrumentales qui vont de la méditation sonore (la planante « Hitch Your Wagon to a Falling Star » en intro) au néo-classique rudimentaire (« Don’t Wanna Be There for all that Stuff », quasi-new age). On se surprend aussi à penser aux trames sonores de plusieurs films de David Lynch, surtout en raison des sonorités particulières du Juno, un synthé analogique conçu dans les années 80 par la compagnie Roland et célèbre pour ses sonorités de basses frottées et ses notes longues jouées en fondu qui imitent le son des vagues.

Il est toujours délicat de juger de ce type d’album sans tenir compte du support visuel censé l’accompagner (difficulté déjà souligner sur Tangerine Reef d’Animal Collective, conçu pour être écouté en même temps qu’un documentaire montrant des récifs coralliens). NYLONANDJUNO se distingue néanmoins par sa capacité à capter notre attention par des accroches mélodiques qui ponctuent la plupart des pièces et qui permettent à Jason Lytle de jouer sur les codes de la musique ambient, mais sans qu’on y perde sa signature sonore.

Cette médaille a deux côtés. D’une part, il est réconfortant de pouvoir s’appuyer sur quelque chose de connu en se retrouvant devant une proposition aussi différente, d’autant plus que Lytle demeure tout un mélodiste. Mais il y a aussi une « manière » Jason Lytle, quelque chose dans le ton dont il n’arrive jamais à se défaire et qui crée une forme de redondance dans son œuvre. C’est le cas sur ses propres albums, mais aussi lorsqu’il collabore à d’autres projets, comme sur l’album Volume 1 du groupe BNQT (incluant des membres de Midlake et Franz Ferdinand), pour lequel il a fourni deux titres qui sonnent exactement comme du… Grandaddy.

Sans être mémorable, NYLONANDJUNO s’avère quand même un ajout intéressant à la discographie de Jason Lytle, lui permettant de renouer avec certaines sonorités électroniques qui ont fait la marque de Grandaddy (par exemple les premiers albums du groupe, et, accessoirement, Last Place lancé en 2017). L’instrumentation minimale donne aussi une couleur particulière au projet, même si une certaine fatigue s’installe au fil des huit pièces, étant donné leur timbre similaire. Sans doute le disque prend-il tout son sens dans le contexte d’une expo, mais la musique arrive presque à se suffire à elle-même, pourvu qu’on accepte son côté uniforme et répétitif.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Redd Kross: « Beyond The Door »

En l’espace de six albums et en trois décennies, Redd Kross fait parti du panthéon des groupes légendaires sur la scène rock alternative américaine. On avait quitté le groupe d’Hawthorne en 2012 avec leur album Researching The Blues qui était à leur image. Les voici de retour cette année avecopus plutôt attendu nommé Beyond The Door.

Une fois n’est pas coutume, Redd Kross continue de nous balancer du gros son à mi-chemin entre power-pop, glam, surf et garage-rock. C’est à coup de gros riffs de guitare et de rythmes bien puissantes qui habitent ce Beyond The Door avec entre autres « The Party » en guise d’introduction mais également « Fighting », « There’s No One Like You » ou encore « The Party Underground ». Aucune raison pour les Californiens de s’adoucir après trois décennies à dominer la scène underground bien au contraire. Les papys font de la résistance et c’est beaucoup mieux comme ça.

Quoi de mieux que de bouger la tête à l’écoute des titres bien huilés comme « Fantastico Roberto » et « What’s A Boy To Do ? » ? Redd Kross connaît très bien son affaire et on ne pourra pas leur enlever cela. Il ne manquera plus que d’autres trouvailles comme la conclusion nommée « When Do I Get To Sing « My Way » » pour montrer que le groupe d’Hawthorne ne compte jamais s’arrête ; et c’est tant mieux.

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29 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Esther Rose: « You Made It This Far »

Esther Rose avait fait une entrée plutôt remarquable en 2017 avec son premier album This Time Last Night. La chanteuse et musicienne native de la Nouvelle-Orléans possède un goût particulier pour la country (contrairement à moi) et la folk rurale. Cette année, elle récidive chez Father/Daughter qui continue de diversifier sa marchandise avec un second disque intitulé You Made It This Way.

Voici donc venir dix nouvelles chansons qui nous mèneront tout droit dans les terres rustiques de l’Amérique. Il ne fait aucun doute qu’Esther Rose baigne dans ce milieu rural et le voyage débute avec l’acoustique « Always Changing ». Dès lors, les inspirations country sont poussées au paroxysme sur des morceaux comme « Handyman » avec la lap steel et son violon qui sont de sortie mais également « Only Loving You » et « Sex And Magic » marchant sur les traces des regrettés Hank Williams et Patsy Cline.

Tandis que les influences country se font ressentir sur « Lower 9 Valentine », « Three » et « Rio en Medio », Esther Rose se met en mode nostalgie tout au long de ce You Made It This Way. En prenant du recul sur ses années lycée à Columbiaville dans le Michigan, ses textes sentent parfaitement le vécu et c’est à cela qu’elle réussit à briller. Ce périple spirituel se clôture avec la ballade acoustique plus mélancolique nommée « Don’t Blame It On The Moon ». Quoi qu’il en soit, le second album d’Esther Rose trouvera sans doute son public auprès de ceux qui trouvent une alternative à Kacey Musgraves.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ghost Orchard: « Bunny »

Sam Hall officie sous le pseudonyme Ghost Orchard et fait partie de la scène bedroom-pop américaine actuelle aux côtés de (Sandy) Alex G, Car Seat Headrest, Cuco ou les autres projets de Sam Ray. Contrairement à ces autres noms, notre hôte n’a pas rencontré la popularité ; peut-être changera-t’il la donne avec son troisième album Bunny.

Inspiré par ses années lycée, Ghost Orchard nous raconte ses gros béguins amoureux et ses tentatives à faire des approches sauprès de ses objets de quête. C’est avec ces quatorze morceaux à mi-chemin entre bedroom-pop et influences R&B alternatif que l’on a affaire, que ce soit sur « witness » en guise d’introduction mais encore sur « swan », « only » ou « sheesh » où il fantasme sur sa muse sans jamais faire le premier pas.

Que ce soit sur les allures dignes de Hot Chip comme « guess » ou sur la conclusion digne de Rex Orange County aux sonorités R&B de « honeymoon », Ghost Orchard va au bout de ses idées. Muni de breakbeats ultra-complexes presque proches du drill’n’bass (« frog »), de sonorités glitch et des mélodies de guitare notamment sur « carousel », « balloon » ou encore sur « first time », Sam Hall avec sa voix facilement modulable expose ses fantasmes post-adolescentes à travers un troisième disque doucement nostalgique et inventif mais parfois un peu trop uni

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Rose Dorn: « Days You Were Leaving »

Dans les nouveaux venus de la scène indie pop californienne, on peut citer le groupe Rose Dorn. Bien que peu connuss, ils possèdent toutes les caractéristiques pour impressionner le public. Le trio composé de Jamie Coster, Joey Dalla Belta et de Scarlet Knight peut faire parler de luisi on tient compte, ici, de son premier album, Days You Were Leaving.

Sa particulité esr d’allier indie pop, surf, slowcore, shoegaze et dream-pop pour un résultat plutôt impressionnant. Dès les premières minutes lancinantes de l’introductive « Big Thunder, Rose Dorn lance la machine et nous envoûte comme il se doit lorsqu’ils nous apprennent à comment relativiser lorsque notre vie s’avère chaotique.

On appréciera également la fluidité de ce Days You Were Leaving où l’on passe du calme à la tempête selon les différents morceaux. Entre allures surf de « Shaking » et influences slowcore sur « Genius » et « Champ », Rose Dorn marque le pas avec ses reverbs de guitare et ses rythmiques bien tendues et complexes. Après l’enchaînement de « LRP » et de « HYC », les californiens font preuve d’une incroyable maîtrise et les derniers morceaux possèdent une allure plus rustique avec l’arrivée de l’harmonica sur « Heaven II » et « Wish » . Au total, ce « debut album », offre un voyage bien complexe et saisissant dans un univers où le chaos et l’harmonie cohabitent afin de ne former qu’un.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire