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The Night Café: « 1051 »

The Night Café n’est peut-être pas un nom familier pour beaucoup en dehors du Royaume-Uni, mais le quatuor de Liverpool s’est lentement taillé une niche dans la scène indépendante britannique pourtant bien fournie. Après avoir sorti leur premier titre en 2015, ce quatuor s’est construit au fil des ans une solide base de fans grâce à une foule de « singles » bien accueillis, culminant avec la sortie très attendue de leur premier album, 0151. Le disque, qui regorge de joyaux de guitare rappelant le début des années’00, offre des mélodies percutantes et des mélodies plutôt accrocheuses sur un opus à la hauteur du battage médiatique. Noton, le tempêtueux « Felicity », le pop-rock tourbillonnante de « Turn » et le dernier « single », « Finders Keepers ».

Tous ces titres sont remarquables, mais ce sont la salve à mi-album « Endless Lovers » ainsi que le rocker mélodique « Strange Clothes » qui martèleront de la manière la plus précise le charme qui semble faire partie de l’ADN du groupe. La seule critique à émettre à popos de 0151 est sa longueur ; la majorité du public privilégie les « singles » ou morceaux courts plutôt que des albums complets, aussi 18 pistes,, ça peut s’avérer trop long d’autant que ses produits de remplissage tels que « 0151 Intro » et « Take Care Pt 1 » auraient facilement pu être édités de manière plus rationnelle. Cela dit, pour un premier effort, 0151 fait du Night Café une des « lieux de convivialité » les plus excitants du Royaume-Uni.

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25 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

David J with Asia Argento & Anton Newcombe: « Migena & the Frozen Roses »

L’ancien protagoniste du Bauhaus et de Love And Rockets, David J. Haskins, revient cette année pour compléter le troisième volet d’une trinité palpitante avant le très attendu Missive To An Angel From The Halls Of Infamy, un double album épique de nouveaux titres à paraître mais déjà disponible en précommande via Bandcamp.

Une série d’activités a débuté cette année avec la sortie de la version autonome de RSD, le poignant et malheureusement pertinent « Thoughts And Prayers ». Un morceau qui s’incruste dans votre cerveau avec une facilité déconcertante, un message sincère et un appel cinglant à lâcher des armes. Les motifs de guitare hypnotiques suintent lorsque les mots sortent de la langue d’un David J au phrasé venimeux.

dans une déclaration de venin. Vient ensuite la collaboration inattendue avec la militante #MeToo Rose McGowan sur « The Auteur (Redux / The Starlet’s Cut) », le chant de McGowan entrelacé aux côtés de celui de David J., et construit sur un fond de sons ambiants avec un bruit assourdissant semblable à celui des musiques gothiques originales de Haskins.

Aujourd’hui, on bénéficie d’une nouvelle collaboration avec Asia Argento (fille de Dario Argento) et Anton Newcombe (Le massacre de Brian Jonestown) pour le dernier thriller « Migena & the Frozen Roses ». Une lecture dramatique, sur une urgence ambiante, construite par Newcombe, qui rappelle un peu le maestro d’avant-garde John Cale. C’est l’appel et la réponse entre Argento et Haskins qui travaillent avec une suprématie qui confine au sublime mais aussi au sensuel. Voilà un opus effrayant et impressionnant, inspirant à d’une excellence artistique qui s’écoule avec une confiance sans effort. Migena & the Frozen Roses est recèle une fièvre l’excitation devient si palpable su’elle devrait se profiler vers un horizon s’étendant à perte de vue.

***1/2

25 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Winterbourne: « Echo Of Youth »

Le duo indie-pop Winterbourne a survécu à la renaissance de l’indie-folk et à son emprise sur le milieu des années 2010, avec deux excellents EP qui ont montré une volonté de fusionner leurs racines avec le dark et l’expérimental.

Leur premier album, Echo Of Youth, n’a, toutefois, pas le même punch ni la même excitation que les précédents. Tout en continuant à repousser les limites sonores – avec toutes sortes de touches, de cuivres et d’électronique superposées sur les mélodies.

Des morceaux comme « Better » et « Sunday Night » se traînent avec une certaine fluidité mais, s’ils sont certes accrocheurs, se sortent pas de leur zone de confort et demeurent prévisibles.

On aura, en revanche, de moments plus lustrés qui traversent ce disque comme une brise fraîche, à savoir un « Too Many » qui navigue sur un bon rythem de croisière et le tendre mais groovy « Puzzle ». De même, « The Actors » fournira un peu de bruits de pas joyeux et « Daylight »dont les synthés enlevés rappelleront ceson de chants au coin du feu qui leur a valu tant de fans au départ.

Il y a des diamants dans un disque mais, pour la plupart, loin d’être bruts, ils sont surpensés et surproduits. Des titres comme « Breaking Out » ou le coup d’envoi de l’album « Revolutionary, Man » montreront un groupe avec toutes sortes d’ idées, mais pas vraiment l’exécution ou l’imagination nécessaires pour les faire vraiment briller.

**1/2

25 août 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

WAAX: « Big Grief »

Angoisse et angoisse, encore de l ’angoisse ; WAAX s’est mis en colère, s’est énervé et s’est montré beaucoup plus catégorique dans sa toute nouvelle livraison, Big Grief. Bien que ces mots puissent vous faire vagabonde l’esprit vers un lieu de plainte, WAXX n’est pas un autre de ces groupes punk pleurnichards. Le combo affute griffes intelligemment et créativement et il parcoure ainsi les 12 titres d’une réalité implacable qui fait que, à la limite, il n’y a rien à ne pas aimer dans ce disque.

Maz DeVita, l’avant-gardiste de Maz DeVita, déchire quelques mélodies chantantes dans la chanson-titre, une offrande pensive mais punk qui semble être livrée sans effort. Même le sublime single « Labrador », qui était impressionnant lorsqu’il est sorti en « single », avec ses tendances « who-cares-what-what-you-think », semble encore plus tenace au milieu de ses frères et sœurs.

Bien que simples dans leur forme, les tentatives courageuses de complexité se retrouvent dans les mélodies vocales de chansons comme « History » et « Changing Face ». Dans leurs formes les plus dépouillées, voire vulnérables, WAAX permette à DeVita de tisser des mélodies complexes et de donner àchaque matériau sa couleur unique.

WAAX a redéfini ce que signifie être punk au 21ème siècle. C’est un album qui marque un point, qui se situe au sommet de la gamme des angoisses sans sacrifier l’ingéniosité mélodique du groupe.

***1/2

25 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Daniel W J Mackenzie & Richard A Ingram: « Half Death »

C’est quand il est au plus calme que Half Death est le plus impressionnant. L’album se veut une exploration du côté apaisé de la composition mélodique, avec des pianos, des synthés et des arpèges pétillants accompagnant le genre de lueurs réverbérantes qui semble omniprésent dans ce genre de choses. Quand on apprend que ses membres contiennent lichard A Ingram du groupe Oceansize, on comprendra l’environnement spatial et post-post-rock dans lequel Half Death se situe d’un point de vue technique, et ce du début à la fin. Chaque son, chaque subtile incursion auditive, est rendue avec une nuance remarquable, la différenciation tonale et le timbre entre ses éléments formant un paysage sonore riche et immersif. Bien que la musique elle-même soit souvent imprégnante, c’est la retenue incarnée par l’album dans son ensemble qui prime. Half Death ressemble beaucoup au genre de musique de scène qui s’ajoute et, comme c’est souvent le cas, améliore la composition propre des films de science-fiction hollywoodiens, avec des crescendos sans but cédant la place à des silences durs et frappants, tels une toile de tension inassouvie. Son penchant pour la subtilité est tel qu’il était parfois difficile de savoir si les sons perçu proviennent des écouteurs ou du monde qui entoure qui l’écoute, Mackenzie et Ingram placent ainsi leurs sons à la limite de la perception, et c’est quand l’album s’éloigne un peu plus du calme des moments post-rock que les choses souffrent le moins car ce sont qui sont le plus explicitement qui s’avèrent être les moins précieux.

Compte tenu de la force des deux premiers morceaux, les troisième et quatrième, « Victoria I (ruin) » et  « Creeping », beaucoup plus faibles, embrassent le sentiment de néant que le reste du travail, plus court, ne parvient pas à extraire. En revanche, « Jitter » est sans doute la piste qui se démarque. Un bourdon mince et nasal, qui évolue en 7 minutes environ, qui taquine de sa structure une variation presque infinie, pour laquelle le piano lointain et profond pourvoit un accompagnement parfait : il y a quelque chose de semblable à The Caretaker sur ce Half Death, tant son instrumentation et son traitement génèrent cette aura générale de mélancolie mémorable qui est propre à l’œuvre de Leyland Kirby. Parfois, l’équilibre entre quelque chose et rien semble un peu déroutant, et il y a de nombreux moments où, les arrangements déjà réduits auraient pu être appariés encore plus loin. Ceci dit, quand Half Death est une réussite elle l’est avec un aplomb qui produit une vision émotive et articulée qui mélange à la perfection les qualités tonales des instruments ainsi utilisés.

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25 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire