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Markus Mehr: « Dyschronia »

L’Allemand Markus Mehr publie ici son 7ème album studio sur toujours la même structure australienne. Il y affirme un style sans concessions puisque cette nouvelle production est certainement la plus expérimentale qu’il ait pu sortir.

Markus Mehr joue avec les contrastes. Il est capable d’aligner sur un même titre des ambiances poétiques et des textures bruitistes, des atmosphères changeantes et surprenantes, pas faciles à suivre et qui peuvent facilement rebuter. L’auditeur est tout de suite mis dans le bain sur « Dyschronia 1 » avec son quasi silence en guise d’ouverture, ses envolées de cordes probablement samplées d’un disque de musique classique, puis sa basse nasillarde qui finit par tout emporter avec son lot de cassures, déchirures, improvisations métalliques et chuintements divers. Tellement déconcertant que s’il s’agissait d’un live on pourrait penser que l’ordinateur de l’artiste est en train de bugger. Pourtant ici tout est normal puisqu’un peu plus tard ce sont des chœurs religieux qui font leur apparition, accompagnés de cordes éraillées…

Si on parvient à passer le cap du premier titre, on pourra continuer et apprécier les subtiles incursions mélodiques dans des amas de textures et glitchs noisy. Boucles d’orgues virevoltants et chant d’opéra croisent ainsi grésillements et claquements rythmiques de machines sur le très abstrait « Dyschronia 2 », une ambient piratée par des samples vocaux et cliquetis perdus sur « Dyschronia 3 », ou encore des pulsations rythmiques et drones nasillards sur « Dyschronia 5 ».

C’est peut-être bien sur « Dyschronia 6 » que les contrastes sont les plus violents, avec ces samples de chœurs religieux déchirés par des textures crépitantes et granuleuses, tandis que le dernier titre fait une synthèse des éléments croisés jusque là.
Si on peut faire l’impasse sur « Dyschronia 4 », c’est qu’il se distingue de part sa réussite que l’on attribue à un équilibre mieux maîtrisé entre le bruit et une mélodie qui parvient par moment à s’imposer. Les éléments se frôlent, flirtent, prennent le dessus chacun leur tour, les textures grésillantes se font menaçantes alors que les mélodies de guitare, bien que cabossées, offrent de superbes moments de répit.

Dyschronia est donc un album difficile auquel on aura un peu de mal à accrocher, surtout lorsqu’on le met au regard des précédents albums de l’Allemand. Les amateurs de productions plus expérimentales, abstraites, aux tendances bruitistes pourrant, quant à eux, y trouver néanmoins leur compte.

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24 août 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter | , ,

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