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Loscil : « Equivalents »

Après avoir lancé Monument Builders, Scott Morgan, l’homme derrière le projet Loscil, est de retour avec Equilavents un opus où les textures abstraites et riches foisonnent dans ce projet d’électro/ambient expérimental et les huit compositions deviennent un ancrage solide à nos vies frénétiques.

Ce qui frappe d’abord: tous les morceaux sont nommés « Equivalent », et sont suivis d’un chiffre aléatoire. On ne peut faire plus mystique et dépouillé. La pochette représentant un ciel gris sied d’ailleurs parfaitement à l’ambiance sonore de l’album. Des pièces entre 3 et 8 minutes, qui s’étirent presque nonchalamment. On se sent aspiré par le vide, appelé vers l’infini. Le piano velouté dans « Equivalent 3 » évoque la tranquillité de la nuit qui se prolonge. Les vagues sur « Equivalent 2 « auraient pu constituer totalement un cliché, mais c’est au contraire pertinent. Le fondu bien placé à la fin de l’album nous ramène presque brutalement à la réalité…

Le titre de l’album est inspiré d’une série de photographies du début du 20e siècle d’Alfred Stieglitz, qui peuvent être considérées comme les premières photos véritablement abstraites de l’histoire. Elles représentent les « équivalents de moments philosophiques ou d’états émotionnels », et Scott Morgan s’en est inspiré dans son processus créatif.

On peut rapidement dénoter l’influence de Marconi Union, groupe phare de l’ambiant expérimental et on y ressent beaucoup de similarités, surtout par rapport à l’album A lost connection. Par ailleurs, on pourrait également avancer que si Bonobo avait l’esprit plus contemplatif, il aurait pu créer ce genre d’album, que Loscil lance à la face d’un monde qui carbure à la vitesse.

Si les espaces sonores peuvent se ressembler d’un titre à l’autre, il suffira de quelques écoutes pour dénoter quelques petits éléments différents. En fait, l’ensemble crée un « drone » continu, propice à créer une sorte de bulle, une zone ouateuse où on se sent protégé. Un paysage sonore composé de sons graves, comme un vent chaud et lourd. Ce bruit continu et bourdonnant évoque un vaisseau spatial, pourvu des parois certes grises, mais qui permettent de voir des choses grandioses comme la naissance des supernovas ou la destruction d’empires. Nous voilà emmurés dans un espace-temps vaguement mécanique, où l’absence de pulsations est parfois sidérante mais quil améliore l’expérience de la contemplation et offre une thérapie sonore qui met en transe par l’absence totale de rythmes. Un papier peint onirique très foncé et opaque dans lequel on ne peut que se glisser.

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23 août 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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