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Frank Turner: « No Man’s Land »

A peine un an et demi après son dernier disque Be More Kind, Frank Turner sort on huitième album studio. Derrière le nom de No Man’s Land se cache un projet qui permet au chanteur anglais d’allier deux de ses passions : la musique et l’histoire.En effet, ce nouveau disque est un album-concept ayant pour objectif de mettre à l’honneur treize femmes dont les vies et histoires valent la peine d’être racontées aux yeux de Frank Turner. Plus concrètement, il s’agit de douze personnalités historiques, plus ou moins connues, et sa propre mère.
Par le passé, Frank Turner s’est toujours démarqué par sa volonté de se renouveler et de ne jamais rester enfermé dans un style ou une thématique prédéfinis. Ainsi, sur Be More Kind, il avait expérimenté avec des sonorités plus électroniques et des mélodies plus pop, s’éloignant du folk inspiré de punk auquel on s’était habitué. Ce nouvel album nous surprend de nouveau avec un style plus doux et épuré que ses précédentes œuvres.
No Man’s Land débute par deux titres qui ont tout ce qu’il faut pour attiser la curiosité. « Jenny Bingham’s Ghost » est une chanson folk entrainante et accrocheuse, suivie de « Sister Rosetta, » premier « single » sorti de cet album. C’est la chanson qui, musicalement, se rapproche le plus du Frank Turner qu’on connaît. Au niveau des paroles, on appréciera l’histoire de Sister Rosetta Tharpe qui, dès les années 1930, a joué un rôle prépondérant dans la création du genre du rock’n’roll et qui, après avoir été longtemps oubliée, a récemment été admise au Rock and Roll Hall of Fame pour ses mérites.
Après ce un début prometteur, l’album s’essouffle peu à peu, même si son hétérogénéité musicaled emeure assez remarquable. En effet, le style de chaque chanson s’adapte en fonction de l’histoire racontée. « The Death Of Dora Hand », par exemple adoptera un style country en adéquation avec la thématique Western que le titre abord ; quant à « Nic »a, titre faisant référence à la mécène de musique jazz Pannonica de Koenigswarter, Turner a opté pour un style jazz doux qu’on ne lui connaissait pas encore.


Les moceaux posés et calmes posés et calmes représentent, toutefois, des moments de répit bienvenus sur ses précédents albums, et ils constituent la majorité de No Man’s Land. Cela ppourrait s’avérer décevant pour ceux quin’ont d’yeux que pour l’énergie qui se dégageait d’albums comme Positive Songs For Negative People et England Keep My Bones.
Parmi les moments les plus forts de l’album, en revanche, on se devra de noter « The Graveyard Of The Outcast Death, » titre acoustique qui puise toute son énergie dans une montée en puissance progressive et l’ajout d’instruments et chœurs au fur et à mesure, comme pour mieux souligner le message de la chanson. « A Perfect Wife » se distinguera par une pop douce avec un riff accrocheur et une mélodie qui reste dans la tête, tandis que « Silent Key » sera une reprise de la chanson du même nom publiée initialement sur Positive Songs For Negative People.
Au niveau des paroles, cet album est de loin le plus ambitieux de la discographie de Frank Turner qui souhaite à la fois divertir et informer avec ces treize histoires. Pourtant, en trois minutes, on ne peut pas raconter la vie d’une personne. Même un parolier doué comme Frank Turner doit l’admettre. C’est pour cela qu’il accompagne la sortie de son nouvel album d’un podcast intitulé « Tales from No Man’s Land » qui lui donne l’occasion d’approfondir ses recherches sur les personnalités présentées dans ses chansons et d’échanger avec des spécialistes en la matière. Un nouvel épisode du podcast est dévoilé chaque semaine précédant la sortie de l’album. Une initiative originale et qui enrichit cet album-concept d’une autre dimension.
No Man’s Land va donc bien plus loin qu’un simple disque de musique. Il s’agit d’un projet ambitieux qui a pour objectif d’informer et de rendre hommage à des personnalités féminines fortes et souvent oubliées de l’histoire. Rien que pour cette idée originale et le message que Turner souhaite faire passer, ce nouvel album mérite toute notre attention, même si musicalement il a tendance à s’éloigner trop de ce qu’on apprécie chez Turner.
L’album ravira donc certainement ceux qui ne se contentent pas de la musique seule, mais qui ont envie d’aller plus loin et d’en savoir plus sur ces treize femmes qui sont aussi des icônes.

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17 août 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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