No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Júníus Meyvant: « Rearview Paradise »

Un inédit inattendu de Júníus Meyvant ne peut causer qu’un soupir d’aise. Six mois seulement après Across the Borders, l’artiste et musicien islandais flamboyant vient de laisser tomber quelques morceaux conçus pour la majorité l’hiver, avec en plus une version retravaillée de « Carry On With Me », plus raffinée, sans ses pulsations originelles. Ce microalbum n’est ni tout à fait folk, ni tout à fait pop, ni seulement soul : Rearview Paradise est tout cela, une ravissante exécution qui renoue avec le côté minimaliste de Júníus Meyvant — ses constructions aérées, sa voix rude couchée sur des vagues — sans pour autant oublier son récent basculement dans la foison instrumentale.

Comment fait-il pour suinter autant d’extravagance et de simplicité mêlées ? Son caméléonisme est encore une fois l’essentiel du spectacle. Du puissant gospel-soul d’ »Ain’t Gonna Let You Drown », avec cuivres et piano, à la pop insulaire d’U »nder Violent Snow », introduite au clavecin, c’est de nouveau de la prestidigitation. Du vrai Meyvant.

***1/2

16 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

King Gizzard and the Lizard Wizard: « Infest the Nest’ Rats »

Avec cette bande de fous furieux, on ne sait jamais à quoi s’attendre, En avril dernier, on aurait pu faire part de certaines inquiétudes quant à la direction artistique plus « pop » entendue dans Fishing For Fishies ; disque alliant le boogie rock à des incursions dans le jazz qui évoquait à la fois les formations Steely Dan, The Doobie Brothers, T. Rex et Status Quo.

Mais c’était mal connaître la bande menée par Stu Mackenzie… la voilà de retour avec un quinzième album studio en sept ans intitulé Infest the Rats’ Nest. Enregistré avec seulement trois des sept membres originaux de la formation, King Gizzard and the Lizard Wizard plonge dans les origines du thrash metal. En effet, Stu Mackenzie et Joey Walker alternent entre la basse et la guitare et c’est le deuxième batteur de la formation, Michael Cavanagh, qui s’agite derrière les fûts.

Inspiré parSlayer, Metallica, Exodus Motörhead et consorts de cette bonne vieille époque, le trio ne perd rien de son ADN habituel. Sans conteste, Infest the Nests’ Nest est un album métal, mais à la King Gizzard and the Lizard Wizard… ce qui donne une parfaite mixture de thrash metal, de psychédélisme et de garage rock.

Les riffs sont d’une efficacité redoutable (le changement dans « Organ Farmer » est carrément jouissif !) et la voix de Mackenzie remémore James Hetfield (Metallica) et Denis « Snake » Bélanger (Voivod) à leur apogée. De plus, le penchant heavy rock de certaines pièces, comme « Mars for the Rich » et « Superbug », vient admirablement contrebalancer la frénésie thrash de chansons comme « Planet B » et « Self-Immolate ».

King Gizard and the Lizard Wizard se sert du métal pour passer un message écologique percutant : l’imminence de la destruction de notre planète. Manifestant un mépris et un dégoût sans équivoque pour le consumérisme, Mackenzie met en vedette des personnages en perdition (zombies, cannibales, etc.) dans des scènes apocalyptiques qui s’alignent parfaitement avec l’univers métal.

Les puristes de ce genre musical pourraient rechigner à l’écoute de cette relecture, mais ceux qui suivent les Australiens depuis leurs débuts seront subjugués par la maîtrise musicale incontestable dont ils font preuve. Actuellement, il y a peu de groupes qui peuvent rivaliser avec eux.

Bien au fait que la réinvention du rock est impossible – et pour toutes sortes de raisons qui seraient trop longues à expliciter dans cette critique – King Gizzard and the Lizard Wizard s’efforce tout simplement d’approfondir ses connaissances du rock et de toutes ses déclinaisons, sans aucune exception. Les Aussies nous refont le coup du changement de cap inattendu. Encore une fois, c’est un pari hautement réussi !

****1/2

16 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Lena Andersson: « Söder Mälarstrand »

Lena Andersson est un personnage de fiction créé par Kyoka une artiste japonaise et Eomac, pricteur irlandais. S’étant rencontrés à Stockholm au sudio EMS, il décidèrent très vite de travailler ensamble sur le système audio Buchla dudit studio.

Par la suite, ils se sont mis à travailler sur de nouvelles sources sonores instrumentales au studio Etopia basé à Saragosse.
Pendant ces improvisations une base de travail marquée par le principe de suestions/réponses a été établi entre les deux artistes, chacaun s’appuyant sur ses propres ressources et se nourissant du talent de l’autre.

L’approche expérimentale de Kyoka est libre et elle contraste habilement avec les montages habiles de Eomac, ces réflections non conventionnelles devenant la force motrice du tandem. Kyoka se délecte de « field recordins » une arabesque de fragments vocaux viennent perurber les apports rythmiques charpentés de Eomac comme sur « Das Tier » par exemple. « 39 Years Later » ou « Mystic » s’épanouissent sur une texture vive qui aura été condensée sur la console de mixage de manière à amplifier ls dramaturgie du moment évoqué.

L’immédiateté de cette collaboration sera à la base d’une synergie des techniques de production de chacun des artistes ; une stratégie sans faille à laquelle ne manque ni la liberté créative absolue ni la conscience professionnelle de la fonction musicale.

Söder Mälarstrand capture ainsi la collaboration intuitive entre les deux producteurs au travers de leur dialogue et de leurs origines géographiques, le titre de l’album étant un hommage de ce Stockholm qui aura réuni les musiciens.

***1/2

16 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire