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Mårble: « Criminal Russia »

Nommer son album Criminal Russia tout en venant de Sibérie fleure bon une certaine ironie, pourtant l’univers Mårble n’a rien à voir avec celui du réalisme, soviétique ou pas. Au contraire, Anton Glebov alias Mårble va chercher son inspiration dans des racines plus immémorielles faites de contes de fées ou l’environnement est celui de faune et flore fantastiques, d’où le surréalisme n’est jamais loin.

Cette recherche poétique se traduit musicalement par des grooves jazzy et des espaces incertains à la lisière de l’apesanteur et de l’abstraction. Pour cela l’artsite manie avec subtilité les contrastes et les nuances, environnement sunraturel qui vise à, magiquement, nous capter. Spirituellement on sera loin de tout matérialisme ; l’onirisme n’est jamais loin, toujours présent dans sa ferveur animiste et païenne.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Metz: « Automat »

Toujours aussi cacophoniques, les trois enragés canadiens de Metz nous offrent un album de diverses pépites. La compilation de raretés qui ne sont plus trouvables, ou que personne ne cherchait vraiment explose de partout. Le trio brille dans le chaos. Ils continuent d’explorer les différentes manières de hurler, pour notre plus grand plaisir. C’est effréné. La batterie coupe le souffle comme un coup de coude dans les côtes, la guitare grafigne la peau, pendant que la voix pue la tequila et le sel. Attention à vos plaies apparentes.

Si c’est votre entrée en matière avec le groupe, vous aurez droit à un tour d’horizon assez complet de ce que le trio canadien à offrir. Ils prouvent qu’ils sont à leur place autant dans les bombes punk rock courtes (« Dirty Shirt ») que les moments plus en longueurs qui rappelle presque la lourdeur progressive du métal. L’influence lourde du métal se fait plus sentir d’ailleurs dans l’album en passant par moment par le drone. D’ailleurs, la finale massivement bruyante d’Eraser, après une introduction qui aurait pu être écrite par Ty Segall, me donnait l’envie d’en entendre plus. En utilisant judicieusement la distorsion, « Leave me Out » paraîtra plus longue qu’elle ne l’est. Les notes s’étirent à l’infini ou c’est peut-être le bruit résiduel de mes nouveaux acouphènes.

Ceux qui connaissent le groupe seulement avec leurs parutions sur Sub Pop seront contents de découvrir de leurs idées parues avant la signature avec la maison de disque légendaire. De vieilles idées, mais qui sonnent comme des nouvelles. Entre les deux, on pourra préférer les plages plus longues. « Ripped on the Fence » étonnera par les variations beaucoup plus complexes que ce qu’ils nous ont habitué. Ils s’essaient même à des rythmes franchement déconstruits (« Soft Whiteout, Lump Sums » et la chanson-titre,) qui donnent l’impression d’être des improvisations restructurées où la distorsion fait loi.

Au final, aucune déception, quelques beaux moments et plusieurs petits éclats de génie grinçants. Cet album intermède est diablement efficace, prend presque des allures de compilation « live » avec les qualités d’enregistrements à la qualité variable. Pour d’autres artistes, peut-être que cette inégalité technique dérangerait, mais pour Metz ça s’emboîte parfaitement à leur univers à cran.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Foreign Diplomats: « Monami »

Suite à la sortie de cette belle entrée en matière qu’es a été Princess Flash en 2015, Foreign Diplomats reviennent avec un album qui déborde d’énergie et d’assurance, impression qui démontre la chimie et l’enthousiasme d’un groupe qui a bien travaillé sur la structure du rythme et des textures pour concevoir Monami

C’est un album écrit, composé et joué par et pour des gens dans la vingtaine,; les mélodies invitent à faire les fous tout en portant attention à ce qui passe quand on grandit,et en se rappelant d’avoir les pieds sur terre même quand on rêve. Les textes parlent d’amour et de passions impulsives et le combo accentue l’envie de prendre le large à notre tour vers une destination à déterminer en chemin. Cette réalisation a une portée significative sur celui qui se trouve au début des plus grandes décisions à prendre dans sa vie et l’idée se maintient à merveille du début à la fin en passant par des chansons emblématiques comme « Frilu ».

Cette détermination par la quête est ce qui fait l’essence de l’album ne serait-ce que par sa pochette illustrant le apport qui existe entre l’incertitude du voyage et deux jeunes enfants qui font de la corde à danser les yeux masqués. S’en dégage l’idée de sauter à pied joint dans l’inconnu, de foncer vers l’avant, parfois aveuglés par l’amour ou par tout autre chose avec la peur de vieillir, l’innocence de la jeunesse au volant de nos inhibitions et sachant qu’à tout moment, on peut s’accrocher dans la corde et tomber.

On sent une évolution positive d’un jeune groupe qui prend des décisions musicales bien réfléchies. L’implication et l’expérience du producteur Jace Lasek a visiblement porté ses fruits à ce niveau, alors qu’on y sent plus de professionnalisme et de charisme que dans leur premier opus. C’est vrai, cet album épuré et bien texturé porte en lui des côtés moins bien polis que d’autres. L’équilibre qui existe dans les crescendos et dans les decrescendos des transitions et une belle variation des tonalités venant jouer en faveur du groupe sur toute la ligne.

L’album qui regorge d’un trop plein d’énergie aurait sans doute eu besoin d’une autre chanson comme « How Cool Is That ? » dans sa première moitié pour conserver cet équilibre même si on y retrouvera apaisement dans la tempête des percussions, des guitares vacillantes et des notes de claviers qui font submerger plusieurs époques. 

Le lyrisme poétique se fait ressentir et le groupe aura bien le temps dans le futur d’en rehausser ses saveurs. Ceci étant dit, cela amènera extrêmement de légèreté à l’album. Il existe un parfait mélange entre la fraîche brise estivale entendu dans « Adopted Hometown » et sur « Tender Night » ou dans une grande chaleur enveloppante dans « You Decide (The Return of) «  et « Amafula »

Tout compte fait, Monami de Foreign Diplomats prend son espace, c’est un album qui respire et on le ressent à merveille lorsque Élie Raymond, dans « Road Wage », chante à tue-tête «I need some air to fill my lungs».  Le groupe peint de haut en bas un portrait pop rock qui st très mélodieux, léger et rêveur. C’est un album qui s’écoute avec attention et sourire jusqu’aux oreilles dans un roadtrip de longue durée, donnant au passage l’énergie pour se lancer. Reste maintenant à savoir si le combo sera en mesure de maintenir la cadence pendante qu’on l’écoute et le réécoute à profusion.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Black Dresses: « Love And Affection For Stupid Little Bitches »

Black Dresses ne fait jamais dans la dentelle. Le duo électro-pop noisy et indus était venu mettre nos otympans en compote avec son album WASTEISOLATION, voici qu’il récidive avec un Love And Affection For Stupid Little Bitches à l’appelation provocatrice.

Les fans de Grimes des débuts ou de Gang Gang Dance pourront apprécier la pop expérimentale bien bruitiste du tandem canadien. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, Black Dresses se montre plus assagi par rapport à son prédécesseur. Ceci dit,on ne se fiera pas à l’introduction bien chaotique nommée « Static » ou l’interlude noisy quasi-inaudible intitulée « Drool » pour constater que cela reste du Black Dresses quand même.

Alternant hurlements rauques et chant mélodique sous fond d’instrus électroniques quasi-indus bien incisives tantôt 8-Bit tantôt glitch, le duo de Toronto nous en fait voir de toutes les couleurs. Et c’est à prendre ou à laisser avec « Hertz », « Mancrushed » ou bien encore le saccadé et agité « Cartoon Network », vous voilà prévenus. Love And Affection For Stupid Little Bitches continue son côté anticonformiste qui se fait valoir sur « Mutations » ou sur le final nommé « My Heart Beats Out Of Time ».

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cross Record: « Cross Record »

Loma est un super trio formé par des membres de Shearwater et de Cross Record qui avait su insuffler une dose de trip-hop mystique dans leur slowcore hypnotique et cinématique. Ces influences, on les retrouve plus chez Cross Record qui s’apprête à publier son nouvel album.

À mi-chemin entre drone-ambient inquiétant, indie folk et slowcore, nous voilà plongés dans un univers solennel. Celui-ci débute par un « What Is Your Wish ? » fantomatique tout comme les autres titres aux ambiances de film d’horreur tels que « Licorice » et « PYSOL My Castle » qui habillent le chant habité d’Emily Cross.

Et ce n’est que le début car Cross Record nous entraîne dans les bas fonds. Que ce soit sur des morceaux mystiques comme « I Release You », « Y/O Dragon » ou encore avec « An Angel, A Dove », le groupe arrive à nous frissonner comme jamais. Et réussit également à nous tirer une larmichette sur l’interprétation somptueuse de la demoiselle sur l’envoûtant « Sing The Song » avant de repartir dans des contrées bizarres avec la conclusion en chopped and screwed nommée « I Am Painting ». Ce troisième album significativement éponyme nous invite à voguer vers l’inconnu, un inconnu mystérieux, vaquement inquiétant mais qdonte le trouble qu’il génère est omptuesement addicti.

****

15 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Francis Lung : »A Dream Is U »

La séparation de WU LYF aura été plus que douloureuse pour les fans qui ont été conquis par leur unique album. On avait vu le meneur du groupe Ellery Roberts se renouveler avec son nouveau groupe LUH. en donnant naissance à deux albums. Aujourd’hui, c’est un autre membre qui se lance ; il s’agit du bassiste et guitariste Francis Lung qui présente enfin son premier album intitulé A Dream Is U.

À mille lieues du côté torturé de Lost Under Heaven, Francis Lung nous montre combien il a été inspit-ré la pop psychédélique et baroque des années 1960-1970 .Ce premier album, en effet, ne déroge pas à la règle avec ses compositions en Technicolor qui ont de quoi rappeler les travaux de Phil Spector avec notamment le titre d’ouverture intitulé « I Wanna Live In My Dreams » digne de The Ronettes.

Nous voilà plongés en plein rêve comme l’indique le titre de l’album. Francis Lung passionne son auditeur avec ces arrangements somptueux conviant les cordes et les cuivres avec « 2 Real », « Comedown » et autres « Unnecessary Love » où ses textes pas toujours gais font communion avec la musique baroque qu’il accompagne. C’est un peu comme si Big Star, Beach Boys et Apples In Stereo se retrouvaient pour une explosion de saveurs sur les rafraîchissants « I Believe U » et « Up & Down ». Avec A Dream Is U l’ex-WU LYF sait se réinventer et même si il ne réinvente pas les codes de la pop baroque, il saura relever le niveau aisément.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Arovane & Mike Lazarev: « Aeon »

Arovane est un personnage très occupé de la scène électronique; tout en maintenant un blog musical, ayant un travail à plein temps et en jouant du piano et du violoncelle, il est devenu, grâce à ses diverses collaborations musicales, un des personnages les plus influents de la shère electro-ambient.

Sur Aeon, il est associé avec Mike Laravev pour un album ou les claviers, l’acoustisme et l’electronica converge avec un produit fini oùs nous sommes servis en abondance de solos de piano.

Cette démarche aurait ou s’avérer fastidieuse si ces pièges n’avaient pas été évités par une habile combinaison qui consiste à y mêler électronica abstraite et plaisantes mélodies où pointe une mélancolie qui déconstruit les sons brutistes.

C’est en cela que se situe la profondeur de l’album; un disque qui nous surprend et nous entraîne à chaque variation inattendue d’où tout rituel est exclu.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire