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The Regrettes: « How Do You Love? »

L’attente est forte autour du quatuor qui s’est fait connaître d’un public plus large après avoir ouvert pour Twenty One Pilots. Depuis ; la pression ne s’est pas démentie et c’est sous climat que le combo californien sort, ici, don premier opus, How Do You Love ?  Au vu de ses influences rock californien il n’est pas étonnant que le groupe cherche à divertir et rafraîchir tout en gardant son franc-parler.

The Regrettes a beau être encore jeune, il fait déjà preuve d’une maturité impressionnante malgré une atmosphère fun, colorée et parfois insouciante. Ainsi, alors que le précédent disque prônait l’indépendance et la confiance en soi, un nouveau thème est mis en avant avec celui-ci : l’amour. « How Do You Love? »aborde les hauts et les bas de ce sentiment : même s’il est vu et revu, Lydia Night va chanter ici ses expériences avec la pointe de girl power et de femme forte qui la caractérise.

L’ensemble pourrait être décrit comme cathartique. Apprendre de ses erreurs, apprendre sur soi : voici les messages finaux transmis. Ce que souligne le groupe à travers ses titres est l’importance de trouver la force de surmonter les épreuves.

Tout commence avec « Are You In Love? (Intro) » un morceau parlé, décrivant le sentiment amoureux. Un discours idéal pour une bonne entrée en matière. « California Friend » est un morceau joyeux et entraînant, tout comme « I Dare You » l’un des « singles » dont la frénésie ne peut qu’inciter à danser tout comme  « Coloring Book» qui débutera plus calmement mais se terminera sur la même énergie.

« Go Love You » fera montre de la force de caractère de la chanteuse et son assurance à devenir une vraie femme alors que « Has It Hit You ? » sera un autr des ces titres à l’énergie contagieuse; de plus, son refrain fun est une véritable invitation à chanter avec. Pour bien finir l’album, un dernier morceau en reprend le titre et résume parfaitement bien l’ensemble dans sa folie et son harmonie.

How Do You Love ? est un disque entrainant, coloré et rafraîchissant ; il ménage parfaitement ce mélange entre harmonie et folie, bons et mauvais moments avec force et optimisme. The Regrettes ne devrait pas regretter de se faire entendre.

***1/2

10 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Feeder: « Tallulah »

Depuis leur retour en 2016, Feeder continuent d’alimenter régulièrement les bacs des disquaires. En effet deux ans après la sortie d’Arrow, l’album neuf titres spécialement conçu pour accompagner l’édition trois disques du Best Of du groupe de 2017, les Anglais reviennent avec ce qu’on peut donc considérer comme leur onzième disque : Tallulah qui regroupe cette fois douze nouvelles compositions.
Enregistrées à Londres dans le studio de Grant Nicholas, ces chansons, on peut le dire d’emblée, ne constituent pas un changement radical dans la musique produite par le groupe. C’est d’ailleurs le principal reproche qu’on peut faire à ce disque. » Fear Of flying », le premier extrait dévoilé de cet album, contient les ingrédients qu’y ont contribué au succès de Feeder ces dernières années. Des guitares qui rugissent, une mélodie power-pop, la voix de Grant remplie parfois de mélancolie, tous ces éléments qui au final donnent naissance à une chanson plaisante mais malheureusement sans grande originalité.
Youth qui lui succède est la plage d’ouverture de
Tallulah. Plus pêchu que son prédécesseur, le morceau est une fois encore très conforme à ce que Feeder ont pu déjà sortir par le passé. Efficace, rapide et dans un format proche des trois minutes trente, le single peut être comparé à une chanson classique du groupe.


Au-delà des « singles, » Feeder vont plutôt bander les muscles pendant les quarante-six minutes de
Tallulah. Souvent dans un esprit très conforme à l’univers musical du groupe, les mélodies de « Blue Sky Blue », « Daily Habbit » ou encore « Shapes And Sounds » ne dépareilleront pas avec le son Feeder, même si on ne retrouve pas ce petit plus qui les rendait passionnants et qui a pu faire la différence sur certains albums.
Parfois le groupe renoue même avec le son limite métal (« Kyoto ») mais c’est dans les moments plus posés voire osés que Feeder se montrent bien plus icaptivant ; sur « Rodeo, » par exemple, où le tempo est plus lent, la chanson malgré son côté classique s’avère être un véritable bonus, mais c’est vraiment l’inattendue « Lonely Hollow Days » qui nous enchantera par-dessus tout. Digne de figurer sur un disque solo de Grant Nicholas, le morceau acoustique est la véritable preuve que Feeder est capables- de sortir de sa routine.
Malgré un bilan mitigé, ce nouveau disque de Feeder ne dénote pas avec les disques précédents. Sans grande surprise,
Tallulah figure ni plus ni moins dans la continuité de la discographie du groupe alors qu’on aurait voir d’avantage d’audace de la part du trio.

***

10 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sam Fender: « Hypersonic Missiles »

Un départ brut à la guitare avant que la batterie ne vienne dynamiter l’introduction sur une rythmique simple et efficace ; c’est sur la chanson-titre éponyme que s’ouvre « Hypersonic Missiles ». Une amorce rock tout à fait classique qui sait donner le ton d’un disque chargé de définir le style du jeune Britannique avec plus d’acuité. Certains arrangements nous rappellent ici la touche d’un Brandon Flowers (The Killers), parenté que son entourage promotionnel a cherché à lui coller à ses débuts, sans que le constat se répète dans la suite du disque. Plus tard, le break résonne comme un hymne de stade, une opportunité pour Fender de s’assurer qu’il pourra être scandé en concert.

Très vite emballé par le tempo soutenu qu’imprime « The Borders » avec son riff teinté façon vintage – ambiance affirmée par l’insert d’un saxophone kitsch à souhait en plein cœur de la chanson – on reste finalement un peu en retrait lors des couplets de ce titre d’abord entraînant qui avait tout pour nous embarquer avec lui. C’est ce même manque de matière et de variations sonores que l’on peut regretter dans la première moitié de l’opus où « White Privilege » – malgré ses paroles sociales engagées – ou bien « You’re Not the Only One », et ses sonorités très synthétiques dictées par une boîte à rythmes se substituant sans raison à la batterie, ne permettent guère de se projeter dans un univers propre à son auteur.

Dead Boys, l’EP sorti par Sam Fender fin 2018, faisait déjà sentir cette quête d’identité musicale en cours. Si le rock était le dénominateur commun des six titres, toutes les pistes ne subsistaient pas à notre oreille. L’artiste a toutefois décidé d’extraire deux morceaux de cette première production pour leur faire une place dans son premier LP. Si l’on aurait aimé entendre à nouveau « Spice » et sa rage grisante, Fender a préféré l’efficace basse-batterie de « That Sound » mais aussi l’exploration plus convaincante en voix de tête qu’est « Dead Boys », où les doux échos de guitare rappellent d’abord l’atmosphère d’un Half Moon Run qui céderait progressivement à l’appel du rock.

Passés ces rappels au passé, « Play God » s’impose comme l’un des plus convaincants inédits et amorce un chemin bien plus intéressant dans notre découverte de l’univers de Fender. L’interprète installe ici une plus grande proximité avec son auditeur dès l’introduction en voix nue sur un léger riff de cordes sautées. Son chant semble s’ouvrir et s’affirmer de plus en plus. Ce sera également le cas sur « Will We Talk in The Morning », dans un style assez léger où les désirs intérieurs se libèrent.

Mais c’est « Call Me Lover » qui s’apparente à l’expression la plus parfaite du for intérieur. Extrêmement bien produit, le titre laisse une large place au chant incantatoire de Sam Fender, sans cesse rehaussé par un arrière-plan instrumental à la fois varié et soigné. Pendant que chaque couplet questionne les sentiments, chaque refrain y succède pour les affirmer au fil d’une grosse caisse qui résonne comme des battements de cœur. Placée en toute fin de disque, on aurait aimé entendre la piste plus tôt tant elle semble constituer la clé de voûte de cet album.

Avant d’en arriver là, on se plaît également à s’attarder sur la basse profonde de « Saturday », hymne à une fin de semaine salvatrice dont le tempo s’apparente au long cheminement vers un week-end tant attendu. Les inserts de piano et de chœurs à l’approche du final confèrent même au titre une dimension blues-soul qui mériterait d’être explorée davantage.

Côté balades, on préfèrera « Two People » et ses cordes aigües caressées à « Leave Fast », sur laquelle manque une partition vocale moins lisse, plus éraillée ; avant de basculer vers un exode original.  Sam Fender a en effet fait le choix de conclure autour d’une version live de « Use » interprétée à Londres. Plus qu’un simple bonus, ce superbe inédit permet de valoriser les élégantes variations vocales dont l’artiste – auréolé du Critic’s Choice au Brit Awards 2019 –  est capable. Tantôt pleine et affirmée, tantôt plus fluette et perchée ou calme et profonde, sa voix explore dans ce titre un prisme mélodique bien plus large que dans plusieurs compositions précédentes, et laisse présager des performances en concert prometteuses.

Après ces 48 minutes en compagnie de Sam Fender, on ressort intrigué sans pouvoir céder à l’emballement. Le Britannique n’est pas la figure la plus underground ou originale du rock outre-Manche, et n’a pas à l’être nécessairement, mais certaines compositions manquent de variations, laissant la patte musicale de l’artiste encore difficile à saisir, tout comme le message social qu’il cherche parfois à passer. Frustrant lorsque l’on sait de quoi le chanteur est capable sur plusieurs compositions de l’album qui nous gratifie de belles inspirations.

***1/2

 

10 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Magna Pia: « Daiauna »

À l’image d’autres musiciens, Hüseyin Evirgen opte pour un pseudonyme lorsqu’il propose des sorties dans un registre différent. Ainsi, celui qui officie d’habitude dans une veine techno conserve le nom de Magna Pia pour ses publications électroacoustiques, à l’image de cet album, paraissant en vinyle et version numérique, dans lequel des composantes synthétiques, aux teintes minérales, croisent un piano.

Mais le clavier intervient, en réalité, aux côtés des souffles, frottements, grondements et mini-explosions qui occupent une bonne partie du terrain. Mettant en place une atmosphère un peu inquiétante et tourmentée, ces éléments trouvent alors, dans le piano, un compagnon capable de proposer aussi bien des notes graves et tenues, utiles relais des sons caverneux (« Dionysus », « Tocharian Love »), que des interventions plus syncopées, à même de rebondir sur les rythmiques installées précédemment (« Sacred Ibis »).

Si le propos peut sembler alors un peu tautologique, se déployant trop « ton sur ton », il faut néanmoins saluer la belle cohérence d’ensemble du disque et relever qu’avec le long Ianna (près de huit minutes), Hüseyin Evirgen sait aussi livrer un titre sur lequel les notes de piano se font plus claires, apportant lumière et sérénité au tapis opaque et granuleux. Enfin, sur le caudal « And So We Crumble », le musicien turc superpose deux lignes mélodiques de clavier, l’une au piano, l’autre avec un clavier sonnant comme un clavecin ; naturellement, le tout est enrobé d’une texture un peu sombre, bien dans la lignée d’un disque vraiment intéressant.

***1/2

10 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Zahn | Hatami | McClure: « Ypsilon »

Au-delà de leur travail en duo, pour lequel ils sortent un album tous les ans depuis trois ans, Uwe Zähn et Porya Hatami ont également monté un trio, en collaborant avec Darren McClure. Après un premier album, publié en 2016, les musiciens livrent un second disque. À l’instar des albums d’Arovane et Porya Hatami, dont on a relevé qu’ils évoluent stylistiquement à chaque fois, cet Ypsilon permet au trio de changer de registre, en intégrant rythmiques et mélodies et en laissant de côté l’aspect plus ambient qu’il développait précédemment.

Ce nouveau paradigme souligne aussi la pertinence de la rencontre manifestée par la présente formation, puisque chaque musicien se trouve plus à même d’apporter son écot à un ensemble (on imagine aisément que l’un a fourni les textures, l’autre une couche rythmique et le troisième les apports plus abrasifs) où les pulsations sont toutefois assez appuyées, à la limite de la techno minimaliste.

Plus encore, certains titres déploient des couches granuleuses qui vont et viennent d’un canal à l’autre, dans un mouvement plaisant et entraînant (« Absyrb », « Byte ») ou bien des tapotements semi-métalliques, semi-boisés qui prennent joliment le relais des rythmiques synthétiques (le morceau-titre).

Avec ses intitulés courts (un simple mot, inférieur ou égal à sept lettres, dans une langue possiblement inventée), Ypsilon ne cherche pas la surenchère, qualité qu’on retrouve dans les huit compositions du trio, dans lesquelles les matériaux se succèdent ou s’additionnent mais sans forcer le passage. Uwe Zähn, Porya Hatami et Darren McClure touchent ainsi à une belle efficacité et offrent alors un disque tout à fait intéressant.

***1/2

10 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire