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Bon Iver: « 1,1 »

Bon Iver est de retour avec i,i, son quatrième album. Ce qui frappe le plus est sa grande accessibilité. Contrairement à 22, A Million, on est ici en présence de mélodies plus faciles à digérer pour l’oreille. Ceci ne veut pas dire que Vernon laisse vomplètement de côté t les sonorités étranges et particulières, mais elles sont plus intégrées à son univers.

i,i offre plusieurs pièces mélodieuses qui trouvent facilement niche dans le tympan.  « Faith », avec sa douce guitare, ses sonorités qui rappellent le son des vagues, ses cordes douces et sa grosse basse pansue, frappe dans le mile. Ce n’est pas la seule composition à venir ainsi nous chercher ; « Hey, Ma » qui rappelle un peu « Holocene », viendra aussi conquérir l’aiditeur. La mélodie est simple, mais pas convenue, intelligente, mais intelligible.

« Marion » pour sa part nous ramènera un peu plus vers les jours de For Emma, Forever Ago avec sa guitare acoustique simple et ses cuivres chauds. Cet album est aussi certainement le plus lumineux de Bon Iver. « Salem » en est la preuve avec sa trame immense aux sonorités de musique du monde, un phénomène plutôt rare dans la discographie de Bon Iver.

« We » sortira du lot aussi avec sa mélodie efficace et son instrumentation atypique pour Bon Iver. Ce qui ne veut pas dire que les chansons intimes disparaissent pour autant. « iMi » (sur laquelle collabore James Blake) en est un excellent exemple.

i,i est un album complet, intelligent, mélodieux, plutôt lumineux pour Bon Iver. Il n’y a pas de doute, Justin Vernon ne fait pas les choses à la légère. Et à l’écoute de cet album, on se dit que si c’est ce qu’il peut faire de plus pop, il n’y a pas de grande crainte à avoir pour le futur.

***1/2

9 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sarah Davachi: « Pale Bloom »

La compositrice canadienne Sarah Davachi évolue dans le milieu électroacoustique depuis un peu plus de cinq ans, se spécialisant dans les trames en fondus enchaînés fabriqués à partir de synthétiseurs et d’instruments acoustiques. Elle avait attiré l’attention avec la sortie de Baron’s Court en 2015, un premier album qui démontrait sa capacité à nous transporter ailleurs avec ses longs accords étirés et ses atmosphères planantes.

Davachi a été très prolifique depuis, publiant sept autres albums, quelques « singles » et prestations sur scène qui, un après l’autre, explore le potentiel de la synthèse analogique en expérimentant sur une série de claviers vintage enfiévrés. Elle complète sa palette créative au piano et autres orgues avec des lignes mélodiques posées, inspirées du courant néo-classique. C’est justement ce qui se passe sur son neuvième album, Pale Bloom, disque comportant trois pistes composées au piano et une quatrième bien plus élancée qui propose un trio au violon, viole de gambe et harmonium.

« Perfumes I » commence doucement au piano, et se développe lentement jusqu’à ce que les notes inversées viennent occuper les espaces entre les notes du piano. La masse s’épaissit et crée une atmosphère mélangeant de la mélancolie avec une petite teinte de triomphe, sur une suite d’accords qui semble inspirée de la musique espagnole.

« Perfumes II » reprendra la séquence mélodique de la première partie, qui change légèrement par la suite pour s’enrichir avec la voix du contre-ténor Fausto Dayap Daos. Sa performance crée une proximité qui résonne avec la tendresse, et une sensation d’apesanteur qui rend la pièce planante.

Davachi ouvre « Perfumes III » sur de longs accords à l’orgue Hammond, laissant un peu d’espace pour que le piano puisse établir une pulsation harmonique. La combinaison des deux instruments est tout de même équilibrée, l’oscillation à l’orgue génère une sorte de filament élastique auquel le piano arrive à fixer ses accords.

Eric KM Clark (violon) et Laura Steenberge (viole de gambe) débutent «  If It Pleased Me to Appear to You Wrapped in This Drapery » sur de longues notes frottées lentement. La respiration mise en place joue avec la consonance et la dissonance entre les harmoniques des deux instruments, qui se font passer pour un accordéon ou un harmonica selon le croisement généré. L’illusion est d’autant plus surprenante lorsque la masse se transforme en orgue, reprenant la mélodie en main, celle-ci accompagné par les cordes.    

L’univers sonore de Sarah Davachi continue de prendre de l’expansion avec un retour à la composition au piano inspirée par Bach et Artemiev. Les trois premières pièces créent une atmosphère en équilibre entre le vide spatial et la délicatesse humaine, tandis que la quatrième se rapproche davantage d’une trame abstraite qui s’adapte à la qualité d’écoute. Il y a une dimension psychoacoustique appréciable dans cette dernière, et dans le travail de Davachi en général, à savoir que les croisements de timbres sonores d’un instrument à l’autre peuvent sembler banals à la première écoute, mais deviennent très captivants une fois que l’on réalise le niveau de maîtrise de la matière première. Pale Bloom est fortement recommandé aux oreilles un peu plus curieuses qu’à l’ordinaire.

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9 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

F.S. Blumm: « Nice To Have You »

Figure tutélaire de la scène Folktronica allemande, F.S. Blumm propose un album aux tonalités légères et souriantes avec un disque de chansons pop folk aux influences latinos ou sud américaines.


Accompagnée de la chanteuse Suetszu et de quelques amis musiciens, Frank Schültge Blumm délivre une suite de titres langoureux et bien agréables.

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9 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Spheruleus: « Light Through Open Blinds »

Light Through Open Blinds est le sixième album de la série Fell To Shadow pour Spheruleus (Harry Towell. Il continue dans son entreprise de créer un journal sonique dont le cadre est fait des bruits environnementaux. Ici, c’est l’acquisition d’une nouvelle maison qui va servir de toile de fond.

Ce sont les bruits qui émanent d’une maisonnée, des accidents ou hasards sonores, des instruments acoustiques et de samples pris sur vinyle qui constituent le décor, les titres des morceaux sont comme une infusion dans cet espace iirant leur influence d’objets, de noms de rues et de chambres. En utilisant principalement un piano désaccordé sis dans le pub local et une guiatre vieille de trente ans qui a été remise à Towell par son père, Light Through Open Blinds possède une véritable chaleur et suscite n élan affectif qui ne peut être remplacé ou simule. Pour en être saisi, l’auditeur se doit de se plonger dans une certaine expérience, un atat d’esprit approprié.

Les compositions de Towell ne sont jamais trop chargées, elles se contenteront de, cà et là, un violon un harmonica ; une glockenspiel, un bugle, une cithare et des percussions exotiques.

Ces tonalités crèent un doux arc-en-ciel, un rai de lumière au travers de persiennes le tout se manifestant qu travers de musiques sowntempo, lo-fi, ambien ou jazz. Malgré cette adjonction quelque peu hétéroclite Light Through Open Blinds est un opus accessible où aucune sreucture ne semble être une pièce rapportée.

Cet opus est comme une résidence où chaque résidant y aura laissé ses empreintes digitales, une sorte d’ADN qui perdure au-dela des générations ; un folk expérimental qui réunit l’ancien et l’actuel dans un bien-être où le confort cosy est l’ingrédient fondamental.

***1/2

9 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mats Eilertsen: « Reveries & Revelations »

Contrebassiste de renom au CV bien garni dans la sphère jazz norvégienne, Mats Eilertsen s’éloigne ici de sa zone de confort en s’aventurant dans l’écriture d’une œuvre différente, dans le fond comme dans la forme. Rien ne préfigurait d’ailleurs un tel revirement à l’écoute de la plupart de ses précédents efforts, en solo comme en trio. En effet Reveries & Revelations tranche clairement avec le reste de sa discographie fraîche de seulement dix ans. Mieux : il fait basculer sa musique vers des formes abstraites difficilement identifiables tout en l’ouvrant à un intimisme à fleur de peau donnant à l’ensemble une intensité nouvelle, viscérale et plutôt remarquable.

Le musicien fait ici littéralement corps avec son instrument, cette contrebasse que l’on entend ici grincer (« Tundra »), vibrer, gronder. Celui-ci s’est comme d’habitude adjoint les services de figures majeures de la scène norvégienne pour parfaire son tableau, ainsi retrouve t-on le guitariste Geir Sundstøl (« Nightride », « Hardanger ») ou le trompettiste Arve Henriksen (« Supersilent ») sur la magnifique crtcvonclusive « Appreciate ». En donnant une impulsion quasi incantatoire voire obsessionnelle (« Endless) » à ses nouvelles compositions, Mats Eilertsen ouvre son jazz à un champ des possibles qui attise notre curiosité pour l’avenir. Nous nous contenterons pour l’instant de ces quelques percées nocturnes à la beauté saisissante et crépusculaire.

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9 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire