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Maxband: « Perfect Strangers »

Maxband est un jeune et mystérieux quatuor indie rock new-yorkais dont Perfect Strangers est le premier album. Composé de huit titres, le groupe y fait montre d’exubérance et d’une énergie propres à son âge et à sa verdeur.

Du titre introductif nommé « Means To An End » à l’incisif « Depraved » en passant par les percutants « Underground », « Baggage Claim » et « Servant », le quatuor composé de Max Savage (chant, guitare), Patrick J Smith (basse, chant, production), Tim Nelson (chant, guitare) et Eric Read (batterie) fait preuve de maestria et conclut un opus réjouissant sur un « End Of An Era » qui ne peut que ravir des tympans affutés.

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8 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ty Segall: « First Taste »

Dans la vie, il y a des choses immuables et la parution annuelle d’un album (ou deux, ou trois) de Ty Segall en fait partie. L’année dernière, le bon Ty nous a ensevelis de quatre disques, rien de moins, incluant entre autres un enregistrement « live » (Deforming Lobes) et l’excellent Freedom Goblin qui s’est détaché du lot : une sorte de « best of », résolument rock, de ce que peut créer Segall.

La semaine dernière, le productif et talentueux musicien revenait à la charge avec une nouvelle création intitulée First Taste; titre qui laisse peut-être présager une certaine métamorphose sonore.

Pour la première fois de sa carrière, le Californien d’origine remise sa guitare électrique « fuzzée », s’installe à la batterie en compagnie de son dévoué comparse Charlie Moothart (Segall est à la gauche dans le mix, Moothart à droite) et ajoute à son arsenal sonore de nouveaux instruments : koto, bouzouki, claviers dégoulinants, saxophone, « pitch shifter », etc.

Pour une énième fois, Segall, le musicien, nous étonne. En plus de jouer tous ces instruments avec une extraordinaire maîtrise, Segall, le chanteur, prend également du galon. Dans « Ice Plant », la voix de l’Américain, superposée en plusieurs couches, donne un magnifique résultat.

En contrepartie, le rockeur nous présente quelques chansons plus faibles qu’à l’accoutumée. « I Sing Them » nous a semblé quelque peu répétitive et « Whatever » malgré l’inventivité des arrangements, est mélodiquement moins intéressante. De plus, Segall recycle quelques idées issues de ses productions antérieures : le duo batterie-percussions dans « Taste » est en tout point calqué sur celui entendu dans « Feel; » pièce phare de l’album Manipulator. Le fanatique qui connaît bien Ty Segall ne sera pas berné par le procédé.

Néanmoins, on ne peut que saluer à la prise de risque de Segall. Refusant le surplace, le brillant instrumentiste s’impose des contraintes créatives, sort de sa zone de confort et amorce probablement une transformation… et l’artiste nous fera vivre cette mutation de création en création, comme il a l’habitude de le faire depuis plus de dix ans.

Dans le chapitre des réussites, « Taste » une entrée en matière percutante. L’échange percussif « gauche droite » entre Segall et Moothart dans « The Fall « est run bigou, les claviers psychédéliques dans « When I Met My Parents Pt. 3 » nous donnent envie de nous « stépéfier » et la mixture claviers/instruments traditionnels dans « Radio » insuffle une certaine cure de jouvence au son habituel de Segall.

Sans être un disque majeur dans sa discographie, ce First Taste fait la preuve qu’il est parfaitement en mesure de se lancer des défis créatifs qui favoriseront probablement la pérennité de sa musique. Quant à ceux qui estiment que le rock est mort ; ils devrontconvenir que Segall garde sa flamme vacillante bien en vie et sait lui faire honneur.

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8 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Stubbleman: « Mountains and Plains »

Producteur et ingénieur du son ayant notamment travaillé pour S’Express et Bomb The Bass à la fin des années 80, mai aussi avec The Wire ou Erasure, le Belge Pascal Gabriel compose désormais sous le nom de Stubbleman, pseudo sous lequel il sort un premier album fort séduisant.
Avec sa pochette évocatrice d’une certaine Amérique,
Mountains and Plains dévoile des musiques électroniques ambient avec quelques touches post-rock ici ou là.
On songe à
Tangerine Dream, Harold Budd ou Bian Eno avec ce mélange de minimalisme associé à de douces mélodies répétitives.


Un travail de composition inspiré par un long voyage de dix semaines à travers les Etats-Unis durant lequel le musicien a capté des images et surtout des sons divers qui resurgissent dans ses musiques… chaque titre renvoyant à un endroit spécial, à un souvenir précis de son périple.
Piano jouet, synthés modulaires, ARP 2600, Korg 700 et piano serviront également de matériau pour construire
un superbe album empli de nuances et de jolies réminiscences.

***1/2

8 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Erland Cooper: « Sule Skerry »

Après un premier album solo, Golan Goose, Erland Cooper revient une nouvelle fois en solo pour évoquer un endroit qui lui est cher, l’archipel écossais des Orcades, déjà évoqué dans un album du groupe, The Magnetic North dont il fait également partie.
Pour cette nouvelle réalisation, ce musicien par ailleurs rattaché au groupe
Erland and the Carnival propose un disque qui n’est plus totalement instrumental puisqu’on y entendra la soprano Lottie Greenhow. A ses côtés, Anna Phoebe (violon), Leo Abrahams (guitare ambient), Jacob Downs (alto), et la violoncelliste Klara Schumann viennent souligner la beauté d’une œuvre inspirée et inspirante.


Ce
Sule Skerry, qui constitue le second volet d’un triptyque consacré aux Orcades, est une véritable ode à la mer et aux grands espaces… un disque à la frontière entre ambient et modern classical souligné par une forme de lyrisme tout à fait saisissant.

***1/2

8 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Of Monsters And Men: « Fever Dream »

Ce groupe islandais sort ici son troisième album studio, Fever Dream, après un sympathique premier opus My Haed Is An Animal puis un, meilleur, Beneath The Skin. Cette la nouvelle proposition du groupe le voit, de l’indie-folk, passer à l’electro-pop, du moins à l’écoute d’« Alligator », la chanson d’ouverture de l’album. 

Passée la surprise, le tite s’avère assez entraînant et ne peut que donner envie de poursuivre plus loin. « Ahay », hélas, sera une chanson pop rêveuse très passe-partout, un peu mollassonne bien éloignée des cuivres épiques de « Little Talks » du précédent album. « Róróró » ou « Vulture »confirmeront la tendance ersatz Florance And The Machine sauf que, là, la machine est en panne.

« Sleepwalker » suscitera sommeil et seuls « Under ta Dome » et « Soothsayer » , ainsi qu’une section rythmique redevenue elle-même, sauveront la donne. Quitte à écouter de l’electro-pop autant revenir aux fondamentaux historiques et, cela Of Monsters And Men, en est encore éloigné.

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8 août 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire