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Dumb Things: « Dumb Things »

L’Australie est le berceau de la « jangle pop » et Dum Things, combo originaire de Brisbane, en est un de ses représentants. Ce quintet y ajoute un goût pour la twee-pop acidulée et ensoleillée comme on en fait de plus en plus rarement et le résultat, plus qu’équivoque, se retrouve sur un premier album éponyme.

En 10 titres et 28 minutes de musique, Dumb Things montre qu’il a maîtrisé la science du genre ; il suffira suffit d’écouter des titres à l’image de l’introductif « Drivin’ Home » tout comme s « Dead Leg » et « Need To Know » pour s’en convaincre. On y retrouvera avec plaisir les esprits de Pavement, Beat Happening et de The Feelies et nous ôter du doute qu’on aurait pu avoir sur l’alchimie du groupe à conjurer de telles mânes.

On prendra plaisir à taper du pied à l’écoute des morceaux comme « No One Comes Around » ou bien même « Walk It Off » et « Grow Up » où Dumb Things est parfaitement dans son élément. Pour un premier album qui comprend également « Before Too Long » et « Take Your Time », le quintet de Brisbane ira donc droit au but pour nous offrir une bande-son idéale pour les amoureux de la pop légère et lumineuse nourrie aux  arpèges de  six cordes qui, pour parfaire le eêve, gagneraient à être des Rickenbacker.

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4 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Earth: « Full Upon Her Burning Lips »

Earth n’a jamais suscité de consensus général et immédiat ; avec près de 30 années de carrière, le groupe emmené par Dylan Carlson, renforcé par la batteuse Adrienne Davies depuis 2005, a empilé des albums qui ont souvent déconcerté. En cause : un rock dépouillé, ralenti, réduit à sa plus simple expression, qui aboutit à de longues compositions sans réel début, ni fin, ni même apothéose. Inlassablement, chaque nouveau disque a participé à un exercice de dissection des codes du rock, creusant toujours plus profondément dans l’espoir d’en dégager l’essence primaire. Tout est recherché : le riff, l’accord, le son. Répétés à l’infini et soumis aux infimes variations du jeu de batterie, les accords de guitare de Dylan Carlson se chevauchent et mutent, créant un effet de transe, lente et saisissante. C’est ce qu’on a appelé le drone métal, qui ouvrira la porte dans laquelle se faufileront plus tard des Sunn O))), Boris ou Big Brave. Avec Earth, l’erreur classique consisterait à chercher un effet de manche familier auquel se raccrocher. Il n’y en a pas. C’est une musique qui se savoure en complète immersion, la mémoire purgée d’un demi-siècle de clichés rock’n’roll. Être à l’affût de ses repères dans un album de Earth ça ne sert à rien.

Full Upon Her Burning Lips constitue le dernier témoignage en date d’une démarche presque académique : la recherche d’un rock primitif pur. Le résultat est une telle réussite qu’on se demande s’il ne constitue pas l’aboutissement final d’un travail de laboratoire de longue haleine. Depuis 2005 déjà, et le formidable Hex; Or Printing in the Infernal Method, Earth avait délaissé les saturations de mammouth, les pédales fuzz qui vomissent leurs tripes et les murs d’amplis qui fracassent le crâne. Inspiré par les techniques des grands guitaristes country, Carlson a remplacé la distorsion par la compression, pour donner une saveur inédite à ses riffs : un son plus clair, des accords qui résonnent très très longtemps, pour encore mieux décortiquer l’ensemble des notes et des harmoniques qui les composent. Étalées de la sorte, les compositions de Earth respirent et profitent de l’espace nécessaire pour laisser dérouler toutes les petites variations qui viennent enrichir chaque morceau. C’est cette précision chirurgicale qui traverse Full Upon Her Burning Lips de part en part : un parcours guidé ambitieux, une carrière résumée en 10 morceaux ultimes, célébrant la répétition « « Datura’s Crimson Veils »), les silences (« The Colour of Poison »), la superposition des harmonies (« Cats on the Briar ») ou la réverbération naturelle (« Descending Belladonna »).

Survient alors la révélation : écoutée à plein volume, la musique de Earth n’aurait-elle pas atteint cette forme originelle, cette ligne de départ commune où se retrouvent dans une seule et même vibration heavy métal, country, blues et dub, avant de dévier vers leurs trajectoires respectives à coups de clichés éculés ? À ce titre, Earth vient certainement de réussir son meilleur album, le plus complet, le plus abouti et peut-être même le plus accessible. Le disque ferait presque figure de pierre angulaire. Il convie de multiples influences a priori contradictoires, les désape, et prouve que la musique, ce n’est pas donné aux exégètes mais à ceux qui en vibrent (nuance de rigueur).

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4 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Don’t Upset The Bear: « Don’t Upset The Bear »

Ces cinq Américains originaires de la Côte Est  ont décidé de ressortir les pédales fuzz et de ré écouter à outrance des artistes comme Ty Segall ou The Black Box Revelation . Imitant sans copier, Don’t Upset The Bear apporte cette petite note de soleil venant du Surf Rock monté sur un canevas garage et/ou presque grunge dans l’idée.

Une voix nasillarde accoupler à de solides et honnêtes instrumentations finirons sans doute de convaincre les plus récalcitrants que cet album est un digne successeur de ces groupes 70’s qui faisait de la côte leur territoire d’expression.

Sable chaud donc, océans, farniente, mais en un peu plus pulcéré quand même, et parfois même, l’envie de danser sur la vague. Mention spéciale à l’énorme « Ligtht Sets Down » », morceau final en forme d’explosion qui vaut, à lui tout seul, la peine qu’on écoute le reste, un incroyable finish de huit minutes en forme de quintessence du genre absolument incroyable.

***1/2

4 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tis Gift is a Curse: « A Throne of Aash »

C’est dans un mélange de deathcore, black et noise metal que s’illustre This Gift Is A Curse depuis ses débuts en 2008. Ce troisième album des Suédois continue dans la même veine « apocalyptique » avec huit titres d’une intensité rare, d’une cruauté infernale, d’une violence bestiale, genre aidant.

Bref, tout cela serait bien enecdotique qi le combo ne nous avait pas gratifié de charmantes attentions. Si l’intro martiale et flippante « Haeva » qui nous accueillecomme on est en droit de s’y attendre, « Blood is my harvest » a tôt fait de réduire toute velléité de rébellion à néant, terrassant son auditeur ; black, brutal, noisy et maléfique, il ne fait pas dans la dentelle jusqu’à son dénouement, avec des riffs plus lancinants et inquiétants. « Thresholds » repartira sur ces mêmesbases, avec un riff au côté hardcore plus prononcé., « Gate dweller » prolongera une simili alternance avec un titre beaucoup plus direct et , juste en fin de dicours un gimmick guitaristique superposé au riff principal qui lui donnera un côté plus « indie ».

« Monument for Dead Gods » ne démarrera non plus pas bille en tête, et prendra le temps d’installer une ambiance froide et noire ,avec petit break qu’on ne pourra qu’apprécier. « Wolvking » la suivra sur ce chemin et « i am katharsis », en revanche, déroulera un riff obsédant style rouleau-compresseur. « In your black halo (mass 317) » nous gratifiera de quelques larsens avant de sortir un riff un peu plus mid-tempo mais avec une voix tout aussi hargneuse et une ambiance revancharde. Enfin, « Wormwood Star » sera le titre le plus étonnamment mélodique du disque en entrecoupant son death / blackcore habituel de tranches de post rock ; superbe final. A Throne of Aash est un bon petit album sui réassort un genre qu’on aimerait plus subtil et qui démontre ce qu’on est en droit d’attendre de mieux d’un combo auand il prend la peine de faire montre d’évolution.

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4 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire