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Tant qu'il y aura du Rock!

Plague Vendor: « By Night »

Les énervés  de Plague Vendor sont de retour avec un troisième album toujours chargé d’attitude punk, de riffs noisy et d’énergie alternative. Ce By Night est une jolie petite claque dans les tympan mais, malin, il ne se contente pas de ça. Le quatuor y injecte quelques effets mémorables (« Let me High / Low » et son delay en sont un bon exemple), des influences post punk (une certaine rigidité d’exécution), des traces grunge, et… du groove. Et tout ça fonctionne parfaitement bien ensemble, aboutissant à un album très court, mais qui réussit à donner à l’auditeur l’envie de remettre le couvert.

Plague Vendor donne à ses titres la chance de respirer, ne se cantonnant pas à un schéma couplet-refrain classique. Et son air désinvolte est un faux-semblant ; pour produire une musique aussi brouillonne en apparence que percutante à chaque assaut, ces gars-là en ont sous le cerveau et ont travaillé d’arrache-pied pour un album qui fait mieux que tenir la route.

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1 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Harmaleighs: « She Won’t Make Sense »

Ce rio de Nashville avait su frapper fort dès ses débuts en 2013, avec People Line Up, un premier EP Indie Folk baigné d’influences telles que Mumford & Sons et Fleet Foxes. Réduit peu de temps après à un duo féminin composé de Haley Grant et Kaylee Jasperson, le groupe sortait en 2015 son premier album Pretty Picture, Dirty Brush qui poursuivait cette aventure sur la même palette sonore avec , en outre,une pointe de Country.

Elles sont aujourd’hui de retour avec un disque diamétralement différent, She Won’t Make Sense, où les guitares électriques saturées prennent une bien plus grande importance, notamment sur le premier extrait ravageur et angoissé « Sorry, I’m Busy » qui aborde le sujet de l’anxiété sociale et ses conséquences. Mais le sujet de la maladie mentale (obessions, dépression, anxiété) dont a souffert Haley Grant est surtout traité avec poésie. D’un point de vue musical, elles n’ont pas oublié d’où elles viennent et si ce disque s’aventure dans des contrées bien plus Indie Rock que par le passé, le mariage de leur voix lui offre une touche de douceur et d’émotion qui ont fait leurs preuves depuis longtemps chez certains de leur pairs comme Big Thief.

Du coup ce disque est à la fois leur plus Pop et leur plus personnel. On ne s’y trompe pas en entendant le titre d’ouverture, le beau et dramatique « Anthem For The Weak », dans une ambiance très intime qui contraste fortement avec l’explosion de guitares qui lui succède. L’album alterne ainsi passages calmes et plus rythmés, parmi lesquels on retiendra notamment un « Mannequin » au refrain particulièrement 70’s, toute comme la ballade affectée « Don’t Panic », avant de clôturer l’album sur « I Don’t Know Myself », une chanson qui retrouve des sonorités plus folk maisdont le sentiment d’anxiété toujours aussi palpable.

Aborder un thème fort et personnel a forcément pesé dans la balance, mais le choix de se démarquer de leurs anciennes compositions aussi. En conclusion She Won’t Make Sense est plus aventureux : il n’hésite pas à nous faire faire un grand écart au milieu des angoisses du duo, et son parti-pris plus rock fait de l’album un vrai tourbillon émotionnel.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dude York: « Falling »

On ne le pense pas souvent mais Dude York fait parti d’un des groupes les plus importants de la scène power-pop américaine de cette décennie. On avait laissé le trio de Seattle avec l’explosif et sombre Sincerely il y a trois années de cela et, cette fois-ci, le groupe est de retour avec un Falling qui est placé paraît-il, sous le signe de la sagesse.

Peter Richards (chant, guitare) et Claire England (chant, basse) ainsi qu’Andrew Hall (batterie) ont décidé d’entreprendre un virage plus pop et plus émotionnel tout en conservant leur base rock sur cetnouveau disque soulignée par une production ambitieuse signée Patrick Brown. lI est question de ruptures et de douleurs sentimentales tout au long de ce Falling avec la bassiste qui a décidé d’ouvrir son cœur brisé au monde entier sur un « Longest Time » qui ouvrira le bal et sera suivi des allures post-punk 80’s de « Box ».

Pour la première fois, les deux têtes pensantes se partagent les prestations vocales afin de nous plonger dans un tourbillon d’émotions. C’est avec des refrains qui rentrent facilement dans la tête comme « I’m the 1 4 U » et « Should’ve » en passant par « Doesn’t Matter » et « :15 » que l’on a affaire et montrant un relifting musical plutôt audacieux de la part de Dude York. Mais le trio de Seattle ne renieea pas ses origines plus énervées et saturées avec les allures punk de « Only Wish » ou frôlant les accents psychédéliques sur « Unexpected » et « How It Goes » avec des solos de guitare à la clé.

Avec Falling, Dude York effectue un virage musical hardi mais pleinement assumé. Le trio de Seattle étonne pour ses textures émouvantes mais n’oublie pas de revenir aux racines plus rêches comme bon lui semble, ce qui semble être un sacrément bon compromis.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Strange Ranger: « Remembering The Rockets »

Petit à petit, Strange Ranger fait son nid. Ce groupe de Philadelphie, avait fait parler de lui lors de la sortie de Daymoon il y a deux ans et sur ce nouvel album intitulé Remembering The Rockets il essaie de prouver que sa marge de progression n’est aucunement mise sous l’éteignoir.

Le combova rester dans son domaine mais saura aussi le dominer, et ce, sans prétention. Ce sera donc au moyen de des compositions étrangement radieuses et ensoleillées à l’image du titre d’introduction, « Leona », mais également sur d’autres belles trouvailles comme « Sunday » qui suit et « Nothing Else To Think About It ».

Le groupe mené par le duo de choc Fred Nixon et Isaac Eiger laisse place au décontracté avec ces influences jangle-pop et college rock qui baignent en son long.

En faisant place à la claviériste Fiona Woodman aux chants notamment sur le délicieusement synthétique « Message Me », le groupe de Philadelphie possède plus d’un tour dans son sac et ce ne sont pas les accents slowcore de « Beneath The Lights » ou le downtempo de « Living Free » et « Ranch Style Home » qui démentiront cette réalisation. Somptueux et doux-amer, l’opus sera idéal pour les virées nocturnes sous climats émollients.

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1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mini Mansions: « Guy Walks Into A Bar… »

Ce trio californien mené par Zach Dawes a publié deux albums au succès critique mais plutôt timide au niveau du public. Cela ne l’empêchera de baisser les bras et de formuler une nouvelle entative avec un successeur intitulé Guy Walks Into A Bar…

Les trois musiciens qui ont officié dans diverses formations comme Queens Of The Stone Age et The Last Shadow Puppets retroussent leurs manches et nous font entrer dans de nouvelles qui détaillent l’évolution d’une relation amoureuse. Ici, il s’agit tout simplement à conclure avec la fille de leurs rêves et ils le font avec des titres pop plutôt efficaces allant de l’introductif « Should Be Dancing » à « Living In The Future » en passant par d’autres passages diversifiés comme « Don’t Even Know You », « Forgot Your Name » conviant des chœurs féminins complètement kitsch et autres « Works Every Time ».

Tout peut laisser à penser que Mini Mansions s’est beaucoup inspiré du dernier album d’Arctic Monkeys tandis que Tyler Parkford et Michael Schuman se partagent, eux, le chant frôlant tantôt Josh Homme tantôt Alex Turner pour le côté crooner.

Guy Walks Into A Bar… est une autre démonstation de cette facilité à traverser les époques avec des titres aux allures 80’s comme « Hey Lover » et « Tears In Her Eyes » qui ont de quoi faire penser à du T-Rex ou à The Smiths par moments. Mentionnons également la participation bien remarquée d’Alison Mosshart sur le quasi-slow intitulé « Hey Lover » qui traduit parfaitement les intentions de départ du trio.

Avec ce troisième album teinté d’humour et d’autodérision, Mini Mansions continue à élargir sa palette musicale sans pour autant se perdre dans lsa singularité. Il suffira de cela aux Californiens pour demeurer convaincants.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | Laisser un commentaire

8 Boys: « Dudu »

En 2017, B Boys avait fait une entrée fracassante avec leur premier album Dada. Depuis, le groupe new-yorkais a su, de suite, imposer son style rugueux et implacable qui est devenu une véritable marque de fabrique pour lui. Ainsi, après le Dada vient le Dudu puisque ainsi est nommé son opus suivant.

Une fois de plus, B Boys reste dans sa zone de confort avec leur post-punk bien nerveux et incisif. Et le trio de Brooklyn ne perd pas le nord à travers des titres claustrophobiques allant de l’introductif « Cognitive Dissonance » à « Can’t Stand It » en passant par l’urgence digne de Parquet Courts ou de Preoccupations sur « Closer » et « Ceremonies of Waste » ou bien encore « Another Anthem » et « On Repeat ».

Entre épopées dignes de The Clash de la belle époque sur « Automaton » ou d’autres plus sombres avec « Instant Pace » et « Asleep/Awake », B Boys fait parler ses frustrations et angoisses perpétuelles. Dudu atteinda son sommet sur « I Want » qui convie Veronica Torres de Pill mais ne s’éloigne jamais de sa trame habituelle. De la détermination au niveau des compositions bien explosives de ce second album, tel est le dada du trio de Brooklyn.

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1 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Luke Sanger: « Ancient Pathways »

Avec un dispositif uniquement constitué d’un synthétiseur modulaire, on craignait que cet album de Luke Sanger ne verse dans quelque chose d’assez épais, marqué par des sonorités à la limite du psyché. Mais cet Ancient Pathways ne pouvait décemment s’orienter vers de tels rivages et, en réalité, c’est une approche beaucoup plus délicate que nous offre le Britannique pour ce disque avec lequel on le découvre. En effet, les notes du musicien sont douces et délicates, simplement posées sur un tapis sonore d’arrière-plan telles des gouttelettes d’eau.

Pour ne pas rester trop en surface, quelques micro-ritournelles de quatre ou cinq notes viennent accompagner ces propos perlés ou, plus loin, des incursions hindoues font leur apparition, soulignant la richesse des potentialités de l’instrument de Luke Sanger (« Meditate Or Medicate »). Si l’ensemble manque peut-être un peu de basse et de profondeur, se positionnant souvent à la limite de l’évanescence, on saluera, de manière générale, la bonne exploration de la variété du synthétiseur modulaire, à l’image de la boucle mélodique de « Office Or Position » ou bien, à l’autre bout du spectre, les plages quasi-atonales du caudal « Seasons Plateau ».

Ces différentes directions rejoignent, d’ailleurs, le visuel de pochette, œuvre du Norvégien Ole Ødegaard, entre tracés chromatiques de rivières et surimpression sur une vieille carte topographique. Esthétique (dans tous les sens du terme), le travail de Luke Sanger marque donc par son toucher soyeux et agréable, et nous donne même sacrément envie de le croiser en concert, afin d’apprécier la traduction scénique de ce beau disque.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Emily A. Sprague: « Water Memory / Mount Vision »

Publiés respectivement fin 2017 et fin 2018 en cassette et en format digital, de manière autoproduite, deux albums d’Emily A. Sprague connaissent une déclinaison plus large, avec cette sortie regroupée sur des formats CD ou vinyle ; il est donc possible de faire connaissance avec cette Américaine qui est autant musicienne que poétesse.

Du reste, il n’est pas rare, sur ces treize morceaux, de l’entendre réciter quelques-uns de ses écrits, mécanisme qui s’accorde parfaitement avec son ambient aquatique et un peu tremblotante, parfaitement à même d’accueillir des recueils de textes. Cette ambient se fait très souvent discrète et peu ouvragée, travaillant par infusion progressive chez l’auditeur, entre nappes ondoyantes, accords de synthé pénétrants et réitération des mêmes petites séquences mélodiques. Toutefois, à certains moments, une légère saturation vient garnir ces éléments (« Water Memory 2 ») tandis que, plus loin, c’est un piano hésitant qui prendra le relai (« Piano 1 » et « Piano 2 (Mount Vision) »).

Extrêmement homogène, ce double album / compilation marque donc par son onirisme certain (outre l’aspect aquatique, convoqué dès l’intitulé du premier volet, des bruissements de feuilles, des souffles venteux et des pépiements d’oiseaux se donnent à entendre) et sa belle délicatesse. Jamais surchargés, les morceaux d’Emily A. Sprague emmènent l’auditeur dans un beau et profond voyage, parfois situé aux confins du psychédélisme (« Synth 3 ») mais conservant toujours cette part poétique résultant de la double casquette de la compositrice.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Her Name Is Calla: « Animal Choir »

Si on savait que Her Name Is Calla cessait ses activités, on ignorait qu’ils préparaient un album. On ne se doutait donc pas de l’impact immense qu’il pourrait avoir. Ne vous laissez pas berner par le ton très humble de cette note liminaire, il y a une énorme ambition à l’oeuvre ici. Et d’emblée ça pousse fort, très fort, reprend son souffle pour mieux rugir encore. C’est plus chaleureux bien évidemment, mais la densité peut rappeler Swans Oui, rien que ça, même le nom du morceau y ramène.

Ils n’ont cependant pas encore tout livré et le prouvent dès « The Dead Rift « qui a une force communicative qu’on leur avait finalement peu connu. Il y a aussi des violons dans le son, qui apportent une indispensable dose de mélancolie et de langueur, tout comme les choeurs qui confèrent une dimension d’hymne. Pour que l’énergie ne se transforme pas en bruit, il faut cet engagement total qui fait qu’on y croit, tout simplement.

Il faut évidemment aérer tout ça et des morceaux comme Kaleidoscoping sont là à cette fin. Cet album n’est donc pas exigeant ni crevant sur la longueur, usant d’un orgue par exemple sur le beau court instrumental « A Rush of Blood ». Mais un morceau non abordé bille en tête comme « To The Other » peut réserver des surprises parce que son ton introspectif (et un rien plaintif il faut l’avouer) se tourne résolument vers l’extérieur. Dans le même genre on retiendra Robert and Gerda pour sa montée en mode collaboratif, roulement de batterie compris.

La voix particulière de Tim Morris évoquera au choix Nick Urata ou même Thom Yorke. C’est un autre versant de ce riche album. La guitare distordue, la basse en avant et le chant rapprochent Bleach de Radiohead. Et ce morceau se fend d’une fin assez destroy. Vanguard ressemble aussi à ces ballades éthérées et un peu désespérées du groupe d’Oxford, ici très rehaussée en cordes.

Du courant post-rock auquel ils ont pu être associés, il reste peu de traces littérales, mais ils y ont appris le sens de la progression dramatique et un son plus organique. « A Moment Of Clarity » en est une belle preuve, vibrant et intense, avec un sens du climax comparable à celui de leurs amis d’iliketrains. Mais au contraire de ces derniers, ils usent pas trop des sons de guitare typique de ce genre de niche. Par contre, on retrouve bien des progressions plus classiques comme sur le mélancolique et ma foi fort prenant Frontier. Quand des guitares cristallines viennent appuyer les progressions d’accords, on est dans une qualité de lyrisme qu’on aime tant chez le Mono des grands jours.

Ils ont tout mis dedans, même de gros beats sur « A Modern Vesper ». Mais ce n’est pas un glissement vers le dancefloor, c’est plus inquiétant que ça, plus sinueux aussi.

Un des albums de l’année est donc dû à un groupe qui vient de tirer sa révérence. Ultime pirouette d’une formation qui a atteint son apogée ? On en sait pas. Ce qui est flagrant par contre c’est qu’on tient là un des albums qui servira deréférence pour le futur.

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1 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Earthen Sea: « Grass And Trees »

Un peu plus de deux ans après l’intéressant An Act Of Love, Earthen Sea est de retour pour une nouvelle déclinaison de son électronique teintée de dub. Tandis que son précédent effort croisait ce registre avec de l’ambient, le New-Yorkais mêle ici davantage d’electronica à son propos, avec notamment la présence de rythmiques plus fines et d’autres éléments caractéristiques.

Les pulsations sourdes et les notes grevées de réverbération sont naturellement toujours convoquées, dans une atmosphère générale minimaliste et joliment insidieuse, travaillant sur la stéréo pour accompagner intelligemment l’auditeur (mini-roulements passant d’une oreille à l’autre, matériaux plus aigus réservés à un seul canal, etc…).

 

Ces composantes typiquement dub peuvent aussi intervenir de manière plus marquée, comme dans « A Blank Slate » avec ce croisement entre sonorité un peu métallique des pulsations et frappes presque sèches sur des percussions.

Les souffles qu’on peut entendre sur le disque continuent, pour leur part, de filer l’accointance avec la dimension maritime, propre à de nombreuses formes dub. A la différence d’An Act Of Love, Jacob Long offre ici des pistes s’étirant un peu plus sur la durée, dont une (« Living Space ») frise même les neuf minutes, schéma tout à fait pertinent eu égard au registre musical considéré. Au total, et bien que, stylistiquement, le sillon tracé soit globalement peu modifié, la discographie d’Earthen Sea se voit ici ajouter une nouvelle et convaincante pierre.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire