Generationals: « Reader As Detective »

Révélés en 2009 avec leur premier album Con-Law et leur titre « When They Fight They Fight », le duo de la Nouvelle-Orléans composé de Ted Joyner et de Grant Widmer n’a plus donné de signe de vie depuis quatre ans et demi et leur album Alix. Trêve de patience, les voici de retour avec leur cinquième album Reader As Detective.

On réentendra avec plaisir les recettes qui ont fait la réputation de Generationals ; à savoir cette approche rétro et DIY irréprochabl qui continue à mêler new wave et indie pop des années 1960 sur ces dix nouvelles compositions infectieuses. Mais cette fois-ci, tout nous laisse à penser sue le tandem Joyner/Widmer a placé le curseur du côté de la pop, comme l’attestent des titres comme les loops vocaux des très rythmés « I Turned My Back On The Written Word » et « Breaking Your Silence » aux synthés gras.

La tendance se confirmera sur des morceaux à l’image des allures surf-rock de « Gatekeeper » et « Society of Winners » mi-jangle pop mi-dub qui frôlent la superproduction digne de Danger Mouse. On sent que Generationals souhaite surfer sur la vague actuelle avec ses samples vocaux pitchés sur la pop psychédélique « Xeno Bobby » ou la synthpop très 80’s de « A List Of The Virtue ». À l’inverse, Reader As Detective regroupe de bonnes trouvailles comme l’introduction inquiétante nommée « I’ve Been Wrong Before » aux ambiances garage-pop grungy ou encore « Save This For Never » qui est la marque de fabrique du groupe.

S’achevant sur un « Closer Box » résolument 80’s et nostalgique, Generationals effectue un retour plutôt sympathique avec un Reader As Detective où on les voit à la croisée de la pop plus moderne et au travers des générations.

****1/2

Ecovillage: « Hold My Hand »

Après six albums, Ecovillage (Emil Holmstrom et Peter Wikstrom) considère,qu’aveHold My Hand, il enfin trouvé ce qu’il cherchait. Un voyage an Asie du Sud-Est aurait influencé le duo ce qui se manfeste sur la pochette du disque mais ce nouveau son s’avère, dès la première écoute, délicat à identifier.

Le titre d’ouverture commence sur une guitare douce et des chants d’oiseau comme si ces deux seuls éléments étaient suffisants pour se distinguer. Mais, au fur et à mesure que le décor se dévoile, de nombreux invités apportent leurs effluves au mix au point d’aboutir aux frontières de la compsotions moderne. Le piano ert les cordes de la chanson-titre sont les premiers signes de ce confort calculé, la phrase en leitmotiv reprenant le titre de l’album ayant alors une fonction protectrice et attendrissante.

Le timbre va devenir plus profond sur « Heaven In Your Eyes » quand un violoncelle et un piano interviennent subrepticement, donnant à l’auditeur l’impression qu’aucun danger ne le guette.  « Fields » va augmenter le volume et permettre depourquivre sa rêverie. C’est alors que la trompette de Kryshe va nous amner à un niveau encore plus élévé avec un « Sacrificial Love » où l’électronique le dispute à l’organique , le réel à l’imaginaire, le sacré au profane. Des carillons feront, par moments, retentir des tonalités asiaatique laint ainsi fond et forme, décor et émotion.

Avec « Novus Lux » l’album va prendre une nouvelle vie au moyen d’effets stéréo tet bruits de grillons envahissant le paysage sonore. Puis, une paix profonde va s’installer, comme un brouillard s’apesantissant sur l’auditeur et, pour rester dans le domaine asiatique, la répétition des carillons sear alors évocatrice de ce que peut être un templs personnel.

L’apparition de la harpe sur le dernier morceau ne pourra alors que suggérer le survol d’anges vêtus de leurs atours sur terre et se tenant les mains. «  Sometimes I Hear Your Voice » implique en effet la possisbilité d’une vie au-dalà de celle-ci, une existance où la paix déborde de son lit pour nous submerger. Si on en est suffisamment imprégné, ce surplus de tranquilité va mprégner notre monde ; Ecovillage suggère que nous ne devoans pas vivre avec la peur du trépas et que, même si nous avons fait nos adieus, ceux que nous avons quittés connaiessent notre coeur, notre âme, nos regrets et savent que le Paradis n’est pas, si on considère cette oeuvre, perdu.

***1/2

Mannequin Pussy: « Patience »

Il existe deux catégories de groupe de rock alternatifs : ceux qui alimentèrent longtemps les « College Radios » américaines –fort nombreux – et les autres, ceux qui ont quelque chose à dire et qui savent imposer leur identité dans ce sous-genre hyper balisé.

Brut de décoffrage, Mannequin Pussy fait partie de cette seconde catégorie. Avec des titres courts et puissants sur lesquels l’urgence est reine, le combo de Philadelphie nous livre un album féroce exécuté pied au plancher. Si vous avez aimé les premiers albums de Hole, ce disque sera fait pour vous.

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Brisa Roché: « Low Fidelity

Le précédent opus de Brisa Roché, Father, était sson album le plus intime et le plus dépouillé. Le choix de la simplicité semble lui avoir plu, puisqu’elle revient aujourd’hui avec un disque intitulé Low Fidelity, titre on ne peut plus judicieux tant car il sonne si il avait été fait à la maison.

Sans prétention mais inspiré, l’Américaine dévoile une collection de chansons charmantes, poétiques et volontairement imparfaites pour mettre en avant ce qui lui tient le plus à cœur : un art du songwriting qui se veut le plus authentique possible.

***

Rustin Man: « Drift Code »

Quand Beth Gibbons s’est émancipée pour la première fois de Portishead elle a sorti un album solo où elle s’éloignait du courant trip-hop de son groupe. Elle avait bénéficié de la participation d’un nommé Paul Webb plus connu sous le nom de Rustin Man et qui ‘avait emmenée dans des contrées folk et pop baroque. Dix-sept ans après les faits, le musicien britannique effectue son grand retour avec son nouvel album intitulé Drift Code.

L’ancien bassiste de Talk Talk reste dans son élément avec sa fusion entre folk britannique des années 1960-1970 et pop baroque des temps modernes. Dès le premier titre « Vanishing Heart », Drift Code annonce la couleur avec ses arrangements qui be peuvent que convoquer le spectre de David Bowie aussi bien vocalement que musicalement.

On pourra en dire autant des autres compositions aux couleurs jazzy que sont « Martian Garden » et « All Summer » qui, placées en fin d’albu, donneront un relief particulièrement lustré

Entre ces balises, Rustin Man montrra sa facilité à user d’arrangements prog inoubliables comme qur les douces saveurs intemporelles qui jalonnent « Judgement Train » ou bien même « Our Tomorrows » et « The World’s In Town ». Drif Code nous rappele qu’il est toujours bon de remettre à jour la musique des années 70 dans ce qu’elle a de cohérent et de fluide et nous faire revisiter un voyage sont on sortira , ici, transformé et revigoré.

***1/2

Emma Russack: « Winter Blues »

Beaucoup de questions sont posées par Emma Russack sur Winter Blues son cinquième album, un disque où elle passe beaucoup de temps à s’interroger sur ses motivations sans, pour autant, recueillir de réponses.

Mais c’est, au fond, le but ; Russack a trop de jugeote pour ne pas savoir qu’une interrogation telle que celle posée sur le titre « What Is Love » n’est inéressante que pour les raponses que chacun peut y donner.

En encadrant ces problématiques dans un support musical où domine une chamber pop au ralenti, Russell apporte à la fois ruminations et évite de s’emparer d’un processus de travail sur soi douloureux mais aussi fastidieux pour qui l’écoutera.

La chanteuse a choisi la crête fine qui est celle sise entre dramaturgie et facétie, une approche beaucoup plus organique que celle qui précédait sur son compagnon précédent, un Permanent Vacation ancré dans la quête extatique et idéalisée.

Ainsi, « Be Real » s’ancrera dans un schéma «  riot grrrl » agressif, du moins autant que la chanteuse peut l’être. Nul beaoin de faire démonqtration de dorce pour affirmer son point de vue. Chacun pourra, ici, y trouver sa propre identité ; ouvrer sur son passé ou ses vulnérabilités n’a de sens que si volume et textures ne sont pas mises en avant pour le plaisir de l’être. La chanson-titre est, à cet égard, faite de cette résignation endeuillée où l’artiste s’emploie à traiter avec humour et second degré notre humeur de découragement dans laquelle il est si facile de se complaire en blâmant le temps qu’il fait , ou une chose aussi bien qu’une autre.

Ce disque est, au contraire, une réussite pour cet artiste idiosyncratique et atypique d’explorer ses frustrations et colères sans en faire étalage. Cette approche minimaliste est saisissante tant elle permet de créer une fragilité de toute beauté au sein de cette manière qu’a Russack de s’ouvrir en toute sincérité comme si Winter Blues était un acte de confiance.

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Rosali: « Trouble Anyway »

Les aficionados de la scène indie rock de Philadelphie ont suivi les péripéties musicales du groupe Long Hots. Rosai est une des membres de ce combo, une des figures de proue de la scène indie de Philadelphie. Elle est également guitariste d’un trio au sein duquel elle a décidé de se lancer dans une carrière solo. Celle-ci se manifester aujourd’hui avec un second disque intitulé Trouble Anyway.

A travers ces neuf nouveaux titres, Rosali nous embarque dans un univers indie folk aux relents Americana fortement marqués.. L’entrée en matière nommée « I Wanna Know » nous confirmera cette donne et on pourra en dire autant d’autres perles doucement mélancoliques comme « Dead And Gone », « Who’s To Say » et autres « Silver Eyes ».

Sur Trouble Anyway, Rosali sait émouvoir son auditeur en se mettant à nu. On remarquera des des titres profondément humanistes tels que « Lie To Me » et « If I Was Your Heart » qui nous captivent tandis que la pièce maîtresse de huit minutes nommée « Rise To Fall » emportera le morceau d’un second album qui prouve que la membre de Long Hots peut envisager une belle carrière solo.

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Heron: « Sun Release »

Originaires des régions sauvages de Pennsylvanie, ce quartet instrumental a apporté une bouffée d’air à la scène post-rock avec une musique aux atmopshères fraiches et montagneuses sur son premier album, You Are Here Now. Dès le début, on y a, en effet, discerné un penchant pour l’invention mélodique, une énergie infectieuse et des arrangements exaltants ; une somme de travail qui s’est manifestée par une tatention admirable aux notions de nuances, d’espaces, de tonalités et de textures.

Sur ce nouvel opus, les musiciens se sont appuyés sur ces solides fondations pour établir de nouvelles dynamique dans une structure compositionnelle encore plus solide, raffinée et démonstrative

Sun Release est un collection de superbes compositions post-rock, dont chaque composant peut se singulariser des autres tout en maintenant un flux narratif qui les englobe tous et fournit une merveilleuse synhèse d’écoute.

***1/2

The Maes: « The Maes »

Maggie et Elsie Rigby connaissent bien le folk : elles sont carrément nées dans ses jupes. Ce premier album des deux soeurs australiennes en tant que The Maes, un duo forcé par le départ du troisième membre de leur groupe The Mae Trio l’an dernier, est celui d’une liberté inattendue ; un calme nouveau apparaît en effet dans les mélodies, une solidité. Enregistré spontanément pendant une tournée en duo entre le Canada, l’Écosse, l’Irlande et leur ville natale de Melbourne, ce joli exercice de folk minimaliste — parfois plus étoffé, comme sur la belle « Head Over Heels » — entremêle avec adresse violon, mandoline, guitare, violoncelle et banjo.

Qu’elles soient en harmonie ou non, les voix des Rigby — l’une plus mature, l’autre plus perchée — maîtrisent l’art de la nuance, de l’amplitude et du trémolo, surtout sur la lente « February Bride ». Si The Maes ne révolutionne pas le grand bassin du folk, l’entrain et l’expressivité du duo sont, en revanche, de très beaux atouts dans sa manche.

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Thomas William Hill: « Grains Of Space »

Thomas William Hill n’est pas un complet inconnu puisque, avec cet opus sous son patronyme, il était le leader du projet Origamibiro.Cette formation semblant en sommeil depuis 2014, c’est donc en solo que l’acteur central de ce qui était devenu un trio se trouve à œuvrer, dans un registre quelque peu différent de son précédent.

En effet, alors que l’electronica-folk du groupe était principalement sous-tendue par des guitares acoustiques, dont les boucles étaient agrémentées d’électronique, on se trouve ici face à des partitions plus orchestrées et plus riches, convoquant des cordes (violon, contrebasse, harpe), une trompette et des métallophones joués à l’archet pour dialoguer avec plusieurs types de percussions.

Ces dernières, tantôt sèches (kalimba, gong, bol chantant), tantôt électroniques, intentent une conversation avec les autres instruments, générant un résultat à la fois ouvragé et peu chargé. On pourrait craindre un exercice un peu forel et dépourvu d’émoution pourtant, celle-ci n’est pas totalement écartée, par exemple dans les enchaînements de cordes de « Willow » qui, heureusement contenus, nous épargnent toute démonstration ostentatoire.

Avec plusieurs invités Thomas William Hill parvient à varier les plaisirs, faisant, par exemple alterner boucles acoustiques et électroniques tandis. Ce dialogue tempéré se double d’une belle ampleur des arrangements, d’un mix équilibré et d’une ambition certaine ; bref, nous sommes définitivement en face d’un disque plus que convaincant en matière d’expérimentation.

***1/2