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Fangclub: « Vulture Culture »

Deux ans après un remarqué premier album sis dans une mouvance grunge alternatif nineties , les Irlandais de Fangclub sont de retour sous la même configuration (power trio, et surtout, composition inchangée) pour un disque dont la dure tâche est de confirmer le potentiel du précédent sans en être la copie conforme. « Last Time » nous accueillera façon ballade avant d’exploser en vol et revenir à des paysages plus connus. Le morceau-titre a, alors ,le champ libre pour se lancer à l’assaut des oreilles sans défense. Ensuite, ce sera rebelote et dix de der ; Fangclub pratique toujours ce mélange entre grunge, rock alternatif et punk rock qui prend aux tripes et sonne délicieusement régressif avec un bon gros mur de guitares très actuel. Impossible de ne pas succomber à un titre comme « Hesitations ».

Ce ne sera pas le seul candidat à l’adhésion immédiate, d’ailleurs ; Vulture Culture a toutes les qualités de son prédécesseur, et a capitalisé sur celles-ci pour maximiser son potentiel.

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26 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ed Harcourt: « Beyond The End »

 

En 2016, Ed Harcourt avait offert un album intitulé Furnace qui inaugurait quelque chose d’inédit dans la trajectoire musicale du bonhomme. Et ce quelque chose se confirme quelques temps plus tard lorsqu’il délaisse le micro pour faire parler ses talents de compositeur sur son nouvel album 100% instrumental intitulé Beyond The End.

Cela peut paraître surprenant au premier abord mais Ed Harcourt nous offre une bande-son plutôt mélancolique et méditative où il met en avant son don de pianiste. Il en résulte un opus qui prend des couleurs de musique néo-classique où le Britannique a énormément écouté du Debussy, Satie et autres Grieg par des morceaux somptueux allant de l’introductif « Diving Bell » à « Beneath The Brine » en passant par « Empress of the Lake » et « Faded Photographs ».

A travers ses notes joués sur un Hopkinson Baby Grand de 1910 et accompagné d’un violon et d’un violoncelle, Beyond The End a de quoi rappeler les travaux de Steve Reich, Philip Glass ou même Nils Frahm dans sa démarche. Il y a de quoi être ébahi par le travail d’Ed Harcourt à l’écoute de « For My Father » et « For My Mother » qui ont de quoi tirer son épingle du jeu. Ce sera par conséquent la synthèse générale de ce Beyond The End qui permettra de montrer le musicien sous un nouveau jour.

***1/2

 

25 juillet 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Chain Wallet: « No Ritual »

Chain Wallet est un groupe venu du Bergen en Norvège qui redonne ses lettres de noblesse au shoegaze et à la dream-pop des années 1980 comme l’atteste ce second album, un No Ritual composé de dix morceaux, dans lequel le trio norvégien marche sur les pas de son précédent et éponyme opus. Il sera impossible de ne pas penser à du Depeche Mode ou du Echo & The Bunnymen à l’écoute de titres doucement planants allant de l’introductif « Lost Somewhere » à « Knowing Eyes » en passant par les rêveurs « Ride », « Closer » et autres « Liminal ».

Il ne fait aucun doute que Chain Wallet est du genre à vouloir se démarquer de la concurrence dominée par des groupes comme Wild Nothing et Motorama. No Ritual arrivera à se singulariser comme il se doit avec un disque qui sent bon les années 1980 et la nostalgie à plein nez.

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25 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sarah Louise: « Nighttime Birds and Morning Stars »

Sarah Louise continue son petit bonhomme de chemin tranquille et impressionne à chaque disque. La chanteuse et guitariste originaire de l’Asheville nous propose une musique toujours aussi spirituelle et intense et c’est dans cette optique qu’elle surfe de nouveau avec son nouvel album intitulé Nighttime Birds and Morning Stars résolument envoûtant.

A mi-chemin entre folk psychédélique, new-age et ascensions jazz spirituelles, Sarah Louise nous déconnecte du monde réel avec ces huit nouvelles perles venues d’ailleurs. Le voyage débute par une introduction nommée « Daybreak » et suivi de très près par un « R Mountain » presque extra-terrestre où la guitare acoustique de 12 cordes laisse place à une guitare électrique et de quelques bruitages bien extérieures. Quoi qu’il en soit, ce Nighttime Birds and Morning Stars nous réserve une multitude de surprises.

Toujours en surfant sur la vague des Appalaches, la native d’Asheville sait concilier l’harmonieux et le dissonant. Que ce soit sur « Rime » où l’on croit entendre le son du gamelan ou encore sur des bidouillages électroniques quelque peu dérangeantes sur « Ancient Intelligence », Sarah Louise arrive à nous étonner par son flot d’intensité. On n’est jamais au bout de nos surprises surtout à l’écoute des ambitieux « Swarming At The Threshold » et « Chitin Flight » sans oublier son final mémorable pour placer notre hôtesse dans le rang des musiciennes les plus prometteuses et talentueuses de ces derniers temps.

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24 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

The Dandy Warhols: « Why You so Crazy »

Cette année, The Dandy Warhols fêtent leurs 25 ans d’existence. Et une fois n’est pas coutume, le légendaire groupe de Portland continue sur sa lancée avec une grosse discographie plutôt détonnante. On les avait laissé en 2016 avec Distortland et la bande de Courtney Taylor-Taylor revient cette année avec lune dixième album intitulé Why You So Crazy.

On avait découvert une personnalité assagie de The Dandy Warhols il y a trois ans ;maintenant on renoue ici avec leur facette qui, comme le prouve le titre de l’album, se veut provocatrice et hétérodoxe. Selon les dires de Courtney Taylor-Taylor, il est naturel de s’attendre à un contenu de ce genre tant l’environnement marche sur la tête et on en aura la preuve vivante et sonore lorsque l’on écoute des titres fantasques et aventureux comme « Terraform » ou l’efficace « Be Alright » avec sa progression de guitares bien appuyée.

Comme d’habitude chez eux, The Dandy Warhols ne rougira toujours pas de sa liberté artistique. On est surpris d’entendre la voix de Zia McCabe qui prend les devants sur « Higlife » ou d’entendre le groupe aller vers des contrées électro atmosphériques avec un « Next Thing I Know » lvéritable florilège d’imprévisibilité. Entre passages cocasses avec « Motor City Steel » et « Sins Are Forgiven » ou d’autres plus dansants sur « Thee Elegant Bum », la bande de Portland ne s’autorise aucun interdit, pas même une sonate au piano située en fin d’album nommée « Forever ». Durant cette période sombre, quoi de mieux que de perdre la tête avec ce qui pourrait être une nouvelle profession de foi ; Why You So Crazy ?

***1/2

24 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ada Lea: « what we say in private »

Ada Lea qui est une jeune auteure-compositrice-interprète originaire de Montréal qui semble prête à débarquer de façon explosive si on en croit un tout premier album, what we say in private, particulièrement marquant.

Même si ses influences indie rock peuvent paraître basiques d’emblée, ce qui fait la richesse d’Ada Lea est son caractère bien trempé. On sent que la Montréalaise a également plongé dans les univers de grandes dames comme Sylvia Plath, Frida Kahlo, Nina Silone et Karen Dalton peut-être pas musicalement mais artistiquement où l’expressivité est de rigueur.

what we say in private ira plutôt se mesurer du côté de Julia Jacklin, Wolf Alice et Marika Hackman et Ada Lea n’a pas peur de vider son sac sur des morceaux résolument attachants comme « mercury » qui ouvre le bal mais également « the party », « for real now (not pretend) » et d’autres.

La jeune femme détaille la fin d’une relation amoureuse qui s’était avérée chaotique et elle arrive à concilier chagrin et espoir que ce soit sur les touchants « what makes me sad » et « 180 days » et les plus percutants « the dancer » et la conclusion rock nommée « easy » avec tune incroyable aisance.

Ajoutez ces compositions accrocheuses et consistantes à des bruitages d’extérieur (brouhaha de l’extérieur, gazouillis d’oiseaux etc…) pour créer une certaine proximité avec l’auditeur, what we say in private met les points sur les i et permet de placer Ada Lea parmi les futurs espoirs de la scène indie féminine.

***1/2

24 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Mystery Lights: « Too Much Tension »

Une petite pépite garage pré-punk (« Traces ») est le morceau-phare de cet opus . La voix de Mike Brandon est rageuse et adolescente à souhait, le son bien rugueux et les morceaux ont la brièveté adéquate, celle de l’énergie, du rien-à-foutre et des glaviots crachés par terre dès que l’autorité a le dos tourné.
C’est évidemment totalement daté et donc décalé ; comme si on découvrait soudain qu’on était passé à côté d’un séminal premier album en 1979. On peut râler contre le procédé, mais pas longtemps. Titre après titre, sur ce deuxième album, la qualité des compositions et la justesse de l’interprétation séduisent. On se pâme de plaisir au son sautillant de « Can’t get through to my Head ». L’album est conçu avec audace, enchaînant sans temps morts, créant des tubes immédiats (« Wish that she’d Come Back », « Watching the News gives Me the Blues », « It’s Allright ») qu’on jurerait avoir entendus dans les années 1960, 1970, 1980 ou même l’an passé, convoquant cette fougue présente dans le premier B52’s (« Someone Else is in Contro » ».

C’est rock, funky, ils empruntent à de la mauvaise surf music (celle qui ne se prend pas la tête et en appelle au farniente et à l’abandon) ou des chutes de démo des White Stripes revitalisées par le psychédélisme de plusieurs parties qui se mettent à délirer et à sentir le live de fin de nuit (« Thick Skin »). Quand on s’est fait à leur guitare et au dynamisme des parties rythmiques (basse dachitique, batterie réduite au minimum), c’est le synthé qui crache ses drôles de notules science-fiction.
C’est frais, juvénile,mal foutu mais, en en même temps, très professionnel : voilà un combo de Brooklyn qui sait déjà où il veut aller et comment s’y prendre pour le faire.

***1/2

23 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Chemtrail: « Collider »

Chemtrail est un combo post-rock formé en 2006 et originaire du New Jersey. Comme beaucoup, ses membres ont une palette d’influences assez large et essaient tant bien que mal de faire cohabiter les idées d’autant que l’absence de vocaux libère forcément est espace libre.

Ainsi, « Void Crawler » sera une longue suite aux riffs lancinants, à l’ambiance pesante et menaçante, très cinématographique. Excellente entrée en matière en tout cas mais qui peut mettre sur une mauvaise piste. « Young Warrior » avance, en effet, sous des cieux plus cléments, mais s’avère beaucoup plus classique et moins marquant  ce qui est dommage car c’est en un des titres les plus longs de l’album.

« Frozen Dream » sera une bulle, une parenthèse très ambient  et « Safe passage » jouera avec la lumière en la cherchant, la reflètant, la glorifiant. « Tiger cage », en revanche, nous fera redescendre sur terre : il s’agit d’un titre ambient, gothique, rampant et sombre comme on peut les aimer. On arrivera ensuite au morceau-titre, épopée claire-obscure puissante et épique conçue comme un voyage. « Parameters » se la joue eighties et ambient et, enfin, « Thrasher » ne porte pas vraiment bien son titre, jouant dans la même catégorie que « Safe Passage ». Au final, Collider est un disque varié et assez riche, mais sa versatilité joue contre lui.

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23 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Christopher Willits: « Sunset »

Christopher Willits est un artiste, musicien, guitariste et professeur vivant à San Francisco. Depuis 25 ans, sa production a été très diverse et il a travaillé avec des noms aussi illustres que Ryuichi Sakamoto, Taylor Deupree et Tycho.

De Sunset, on poourrait dire que, s’appuyant sur le titre donné à ce nouvel album, l’opus explore les nombreuses phases du crépuscule avec des teintes qui sont sereines et luxuriantes, des drones qui seraient comme des discrets coups de pinceaux où le spectre des couleurs serait fait de jaune ou oranges incandescents en cette heure dorée où le climat se fait plus frais et où les des tonalités bleuâtres et mauves se diffusent à l’approche du soir. Ces repères formeront un environnement qui servira de toile de fond pour compléter ce sens d’immersion.


Qu’on écoute Sunset avec un esprit analytique ou, qu’au contraire, on accepte de s’y noyer, ces paysages sonores joliment ciselés permettent de capturer ces moments magiques où l’on se sent comme ne faisant qu’un avec ces miroitements lustrés

***1/2.

22 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sontag Shogun: « It Billows Up »

Pour son dernier album nommé It Billows Up, ce tio d’avant-garde basé à Brooklyn dit avoir tenté de capturer sur disque l’essence de ses performances en public au travers de tecchniques collaboratives et de compositions modulaires dévloppées tout au long de leurs tournées en Eurpe, au Japon et aux USA.

Le produit fini en est un astiche kaléidoscopique de musiques et de sons et un panorama d’élements improvisés en matière de composition, le tout englobé de théâtre vivant et de procédés qui visent à altérer nos perceptions.

Ses trois membres, Ian Temple (piano), Jesse Perlstein (vocaux électroniques) et Jeremy Young (oscillateurs, bandes en loop, persussions) parviennent à faire de cet album un opus fascinant dans la façon dont le réel et l’abstrait se juxtaposent et se confondent.

Ainsi, ce qui va rendre si convaincant le disque seront des atmopshères véritablement magnifiques (« Medewi, After the Rain », « Aveyron »), des interludes intrspectifs à vous couper le souffle (« Song No. 5 ») et des moments où l’exaltation est purement vertigineuse (« Cages », « It Billows Up ») et où s’enchevêtrent des montages cinématographiquee, des sons éclectiques et des parsonnages pleins de couleurs.

Combiné à ce sens de l’immédiateté deviendra, sur It Billows Up un outil puissant et multi-sensoriel, une manière de distiller les êprceptions comme elles sont et comment on peut les imaginer ; la traduction de cse que peut véhiculer une performance en direct avec la richessse de cette diversité qui nous interpelle tous.

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22 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire