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Sarathy Korwar : « More Arriving »

Ce deuxième album de Sarathy Korwar se veut le reflet de la vie de Korwar en tant qu’indien dans une Grande-Bretagne divisée. En incorporant des rappeurs de Mumbai et New Delhi avec du spoken word, sa propre vision de la musique indienne classique et des instrumentations jazz, le disque rend compte des confrontations d’aujourd’hui. More Arriving est un mélange envoûtant des percussions ondulantes de Korwar avec, entre autres, les synthétiseurs de Danalogue de The Comet Is Coming, le saxophone baryton de Tamar Osborn et le piano du spécialiste de l’indo-jazz Al MacSween, ainsi que les voix de la diaspora indienne. Enregistré sur plus de deux ans et demi entre l’Inde et le Royaume Uni, cet album s’inspire des scènes rap naissantes de Mumbai et New Delhi qui ont fasciné Korwar lors de ses voyages en Inde en 2016. Le premier morceau, « Mumbay » avec MC Mawali joue sur les associations politiques, entre le nom colonialiste Bombay et celui que lui donne les indiens, Mumbai.

Mawali y applique les rythmes carnatiques (musique traditionnelle du sud de l’Inde) classiques à son flow hindi / marathi, dansant sans effort sur les rythmes d’Osborn et Korwar. On retrouve sur « Coolie « le MC Prabh Deep et le rappeur indo- jamaïcain Delhi Sultanate, qui raconte en patois une histoire de travailleurs indiens sous servitude, une nouvelle forme d’esclavage pour travailler dans les plantations britanniques en Jamaïque. Le poète londonien Zia Ahmed apparait sur « Mango » et la pièce centrale de l’album Bol, tandis que l’auteur Deepak Unnikrishnan décrypte la dialectique pour ‘immigrant’ dans « Pravasis ». Enfin, les acrobaties vocales de la chanteuse indienne Mirande sont au cœur de « Good ol’ Viayati ».

Sarathy Korwar offre ici une ode à la pluralité de notre monde, vision universaliste de cultures métissées dont le destin est de fusionner pour porte un message de fraternité.

***1/2

29 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Dave Keuning: « Prismism »

Le guitariste de The Killers, Dave Keuning, se lance en solo avec un premier album intitulé Prismism et il décide ici d’explorer de nouveaux territoires musicaux. Keuning va surprendre par sa versatilité musicale qui permet de le voir naviguer sur des terrains new-wave et autres inspirations 80’s avec des morceaux calibrés à l’image de « Boat Accident » en guise d’introduction mais également « The Queen’s Finest » et « I Ruined You ».

On est presque étonné d’entendre un Keuning à la hauteur de sa forme avec des titres diversifiés tels que « Ruptured », « If You Said So », « Restless Legs » qui voient le guitariste divertir son auditeur en diversifiant son répertoire.

Entre accents électro sur le morceau-titre et allures plus électriques avec « High Places » et « Broken Clock », il n’y a qu’un pas et il sait le franchir avec aisance. Pour un premier album, Keuning sait comment satisfaire sa fanbase et changer l’image qu’on a de son combo d’origine.

***

29 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mattson 2: « Paradise »

Les jumeaux californiens The Mattson 2 mettent de la psyché pop dans leur jazz pour un album estival, lumineux et radieux, comme s’il taillé pour les jours ensoleillés.

Lared et Jonathan Mattson sont, en effet, une fois encore réunis au sein de leur projet The Mattson 2. Si à leurs débuts, leur registre était plutôt le jazz classique, pour leurs dernières productions, ils ont décidé de mettre une bonne dose de pop rock dans leur style.

Concluants en compagnie de Chaz Bundick en 2017, les deux frères le sont encore plus avec ce nouvel album où les influences surf pop 60 ‘s se mêlent à d’autres plus orientées soft rock. L’ensemble est parfait frais et léger, avec des musiques easy listening délicieusement surannées qui n’ont sans doute comme seule ambition que ne nous faire passer un agréable moment.

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28 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Pere Ubu: « The Long Goodbye »

Formé en 1975 à Cleveland, Ohio, la formation « art-rock » expérimentale Pere Ubu roule sa bosse, pratiquement sans interruption, depuis toutes ses années. Mené par David Thomas, aujourd’hui âgé de 66 ans, le groupe s’est toujours démarqué par sa méthode de travail qui fonde ses assises sur le refus obstiné du succès populaire.

Au cours des dernières années, Pere Ubu a fait paraître Lady from Shanghai (2013), le bruyant et dérangeant Carnival of Souls (2014) et 20 Years in a Mountain Missile Silo (2017), disque racontant l’histoire fictive d’un groupe rock qui a été enfermé dans un hangar pendant deux décennies et qui revisite le monde extérieur, qui, lui, s’est complètement transformé pendant cette séquestration forcée.

Pour ce nouvel album, intitulé The Long Goodbye, Thomas s’est immergé dans la musique pop radiophonique. En plus de s’inspirer directement d’un roman de l’écrivain de littérature policière, Raymond Chandler, titré lui aussi The Long Goodbye, l’artiste propose une réflexion incisive sur l’incapacité des humains à faire la différence entre la réalité et la fiction.

Évidemment, la « pop » proposée par Pere Ubu, filtrée et malaxée par l’imagination de Thomas, donne des résultats situés à des années-lumière de la musique que l’on entend sur la vaste majorité des radios de la bande FM.  Dès la première pièce, « What I Heard on the Pop Radio », Thomas déverse son fiel en qualifiant ce qu’il a entendu d’ « emotional garbage » et de « baby voiced gangsta dreamboat ».

De plus, Thomas adopte une posture de prédicateur apocalyptique et condamne vigoureusement le subtil virage « post-humain » qu’emprunte actuellement l’humanité. La « vision post-humaine » trouve son inspiration dans la philosophie, la science-fiction, l’art contemporain et imagine l’être humain dans un autre état physique et intellectuel; une redéfinition complète de l’Homme, tel qu’on le connaît, et qui a un lien manifeste avec la révolution technologique en cours.

Musicalement, Pere Ubu s’amuse à triturer l’approche consensuelle de la pop mercantiliste avec l’aide de synthés et de boîtes à rythmes « cheap ». Et ça donne un mélange qui flirte avec l’industriel (« Flicking Cigarettes at the Sun »), le psychédélisme enfantin (« The World (As We « Can Know It) »), l’électro-jazz inspiré de l’œuvre de Angelo Badalamenti (« Fortunate Son », Marlowe) et la musique expérimentale à la Scott Walker (« The Road Ahead »).

Des rumeurs ont circulé indiquant que The Long Goodbye serait le dernier disque de Pere Ubu. Si c’était le cas, cet éventuel chant du cygne est une réussite absolue : le meilleur album parmi les parutions récentes du groupe. David Thomas est sans contredit l’un des plus importants artistes états-uniens de la musique dite « alternative ».

Si vous aimez des groupes comme Liars et Xiu Xiu ou un artiste singulier comme Scott Walker, vous serez conquis par The Long Goodbye. Du grand art !

****1/2

28 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Pretty Vicious: « Beauty of Youth »

Ce quatuor gallois sort enfin son premier album après avoir sillonné les routes depuis cinq ans et avoir été surnommés les nouveaux Oasis par le N.M.E.. Beauty Of Youth mérite donc une attention particulière pour qui est sensible au tempo du punk et à la distorsion abrasive.
Les musiciens ont accroché une autre influence à leur répertoire à savoir un garage-rock façon Foo Fighters, en conséquence la couleur sera annoncée d’emblée avec des guitares soniques (« These Four Walls ») et une énergie qui semble inébranlable. Le leader du combo, Brad Griffiths, semble vouloir se débarrasser de ses tourments à travers le cinglant « Are You Entertained ». Cependant Pretty Vicious sauront aussi se montrer plus modérés avec le bipolaire « Something Worthwile », où le pont calmera la tension accumulée.


Néanmoins, certains morceaux resteront animés par le teenage spirit. Que ce soit le simple riff de « Someone Like You » ou la ballade rock « No One Understands », on se laisse à penser que certains clichés ont la vie dure mais on ne pourra que reconnaître le talent des jeunes musiciens qui éclatent les tympans sur l’enchaînement « Force Of Nature/Lost In Lust » avec son solo de guitar hero des plus réussis

La conclusion du disque ne fera pas changer d’avis : Pretty Vicious a un futur prometteur et Beauty Of Youth ne fait pas mentir un patronyme qui gagnerait a être affiné par une production plus construite.

***1/2

28 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lloyd Cole: « Guesswork »

Lloyd Cole a décidé de laisser tomber les guitares acoustiques le temps d’un album de pop synthétique, chose promise mais enfin faite. Après quelques escapades électroniques avec Hans-Joachim Roedelius ou Wolfgang Seidel, le chant est également de rigueur ici et, connaissant le perfectionnisme de Cole, Guesswork ne pouvait pas être un truc bricolé à la vite mais un opus où la haute voltige était de rigueur.

Guesswork contient huit compositions de très haute tenue. ; débutant avec l’élégante « The Over Under » et son beat comparable à un battement de cœur, le disque nous entrainera ensuite dans une longue plage romantique les sept minutes qui la composent ersont subtiles et délicates. Le son ne sera pas toujours aussi raffiné au cours de ce treizième disque de l’artiste, mais on n’y perdra pas au change.
« Night Sweats » se montrera plus dansante ; un titre dans lequel Lloyd Cole se définit comme un « complicated motherfucker » ! Le wah-wah des guitares se conjuguera à merveille au rythme groovy de la mélodie adictive et très eighties et fera de ce titre une des plus belles réussites du disque.

A la différence de Don’t Get Weird On Me Babe, son second disque solo où l’Anglais flirtait avec un son plus électronique mais bien plus calibré FM, Guesswork pourrait constituer, à det égard, une forme de renaissance pour Cole. Ainsi, « Violins » et son intro ressemblant un peu à The Notwist sera une petite merveille pop synthétiqueaux accents Pet Shop Boys.
Bien entendu Guesswork ne contient pas uniquement des pop songs sautillantes. Lloyd Cole sait aussi nous séduire avec le son ambiant et posé de « Remains. The Afterlife », bien plus tragique et mélancolique que les autres compositions de l’album. Kraftwerk semble avoir été une belle inspiration pour le Britannique sur « Moments And Whatnot. When I Came Down From The Mountain » est un autre moment très réussi du disque avec son côté catchy et très pop avant que le majestueux « The Loudness Wars » ne cloture l’album de la plus belle des manières.
Guesswork est un disque atypique et très réussi ; magnifique vocalement et bien plus ingénieux musicalement qu’on pourrait l’imaginer, c’est sans doute le travail le plus abouti du chanteur depuis une quinzaine d’années, vraisemblablement un album-charnière pour Cole.

****

28 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Carcass: « Heartwork »

Carcass est un groupe majeur du death metal,et Heartwork pourra s’enorgueillir d’être son disque le plus polémique. En effet, iltourne le dos au death grind assez typique du genre pour s’orienter vers un style plus influencé par le heavy metal, le rock et plus chargé en mélodies. Il s’aliènera sans doute une bonne partie des fans de la première heure, mais il préfigure avant tout la vague de death mélodique qui a pris son essor.

Ce disque mal-aimé pourrait se trouver une autre fanbase et se hisser au statut d’album culte. Ce qui, musicalement, n’est pas étonnant au vu des pépites qu’il renferme. Le ralentissement global du tempo, le caractère plus articulé et death du chant permettent d’apprécier le jeu de chacun, et particulièrement des guitaristes, qui s’en donnent à coeur joie ; riffs hachés, techniques et d’une efficacité vicieuse, soli magnifiques dans tous les coins, chorus à deux guitares de toute beauté. La batterie n’est pas en reste et le mixage de Colin Richardson est précis et puissant.

Justice devra donc être rendu à un combo qui aligne des titres aussi étonnants que « Heartwork », « No Love Lost », « Death Certificate » ou « Buried Dreams » et qui nous donne d’autres raisons d’être impressionnés.

***1/2

27 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Goon: « Heaven Is Humming »

Pour écouter Goon, il suffit de prêter oreille à ce qui se passe du côté de Los Angeles avec  ce jeune quatuor de scuzz-rock qui monte en puissance depuis des mois. Mené par le chanteur et guitariste Kenny Becker, le groupe nous propose un premier album ttripes bien à l’air, Heaven Is Humming.

Après Fontaines D.C. il y a quelques mois de cela, Goon sort l’artillerie lourde. Heaven Is Humming est partagé entre brûlots grungy et heavy et ballades pop lo-fi et le compromis est bien trouvé lorsque l’on écoute les expéditifs « F Jam » qui ouvre le bal avec ce son poisseux bien à souhait et chant aussi bien chanté qu’hurlé de Kenny Becker. Il en sera de même pour « Northern Saturn », « Deny » et autres « Datura » qui viendront cenfoncer le clou.

À travers ces onze titres, Goon réussit à dévoiler son univers protéiforme derrière un son lo-fi. On prend plaisir à accompagnerc des titres plus mélodiques avec « Black Finch », « Cammie At Night » et « Mem » ou à planer avec des moments mélancoliques comme les ballades acoustiques nommée « Snoqualmie » et « CCLL ». Au milieu des moments bouillants tels que « Check Engine Light » pourra surgir un brin d’originalité avec les dernières minutes plus synthétiques de « Critter » sans que cela ne paraisse incongru.

Goon frappe plutôt fort avec ce Heaven Is Humming . C’est un disque hétérogène mais qui demeure cohérent derrière les ambiances lo-fi et orageuses se mêlent chaos et harmonie vecteurs, ici, de cohabitation heureuse et bienvenue.

***1/2

27 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Thanks For Coming: « no problem »

Derrière ce projet se cache une jeune musicienne native de Brooklyn nommée Rachel Brown. Depuis des années, elle a écumé sorties sur sorties sur son Bandcamp et cette année, elle se lance enfin dans l’aventure du premier album solo intitulé no problem.

Pour ce « debut album », Thanks For Coming a préféré voir les choses en grand. Vingt-quatre morceaux d’une durée allant de 01:30 à 04:47 mettant en valeur le songwriting toujours aussi impeccable et teinté de sarcasme de la part de la chanteuse et guitariste accompagnée de Nate Amos à la batterie, Charlie Dore-Young à la guitare et de Mike Kolb à la basse.

Sa musique à mi-chemin entre bedroom-pop et indie rock continue de nous bercer tout en ouvrant grand les portes de son jardin secret de « friends forever » à « bully » en passant par « decisions (and the aftermath) », « don’t wanna be the only one left », « i have time to be forgotten » , liste non exhaustive.

no problem retracera donc tout le talent de Thanks For Coming et se sent très vite habité par la chanteuse lorsqu’elle parle de son cercle social et de ses problèmes personnels sans pudeur. Cela donne des titres alternant douce mélancolie et énergie infectieuse tels que « stephen hawking’s goldfish analogy », « heroes don’t run away (but i sure as hell am) » ou bien même « in my system » qui ont de quoi faire à du Frankie Cosmos des débuts. Pour un premier et double album, la brooklynite nous offre un repas bien trop copieux dont les écoutes en une traite en appelleront d’autres, plus posées et attentives.

***1/2

27 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Pet Fox: « Rare Occasion »

Ce supertrio composé des membres d’Ovlov et de Palehound avait réussi, l’an dernier, à fusionner ses styles respectifs pour offrir un disque bien musclé et virulent. Et cette formule s’applique également pour son successeur intitulé Rare Occasion.

Theo Hartlett (chant, guitare, stylophone), Morgan Luzzi (basse, piano, wurlitzer) et Jesse Weiss (batterie, percussions) reprennent là où ils se sont arrêtés l’année dernière. Voici donc dix nouveaux morceaux bien rythmés à mi-chemin entre indie rock, post-hardcore et garage-pop que Pet Fox arrive à cohabiter avec harmonie du titre introductif à l’explosif « Motive » en passant par les implacables « Case In Point », « Find Me » et autres « Made Time ».

Pet Fox nous offre un condensé d’émotions tout au long de ce second album. Entre riffs frénétiques et rythmiques bien musclées avec « Swercing » et moments plus détendus avec les allures slacker et surf de « Good Guy », Rare Occasion continue de montrer le combo de Boston au sommet de son art. S’achevant avec un « You Should’ve Known » complètement fougueux, la bande continue de s’émanciper de ses formations originales et de faire sonner à merveille l’alchimie qui le compose.

***1/2

27 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire