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The Mystery Lights: « Too Much Tension »

Une petite pépite garage pré-punk (« Traces ») est le morceau-phare de cet opus . La voix de Mike Brandon est rageuse et adolescente à souhait, le son bien rugueux et les morceaux ont la brièveté adéquate, celle de l’énergie, du rien-à-foutre et des glaviots crachés par terre dès que l’autorité a le dos tourné.
C’est évidemment totalement daté et donc décalé ; comme si on découvrait soudain qu’on était passé à côté d’un séminal premier album en 1979. On peut râler contre le procédé, mais pas longtemps. Titre après titre, sur ce deuxième album, la qualité des compositions et la justesse de l’interprétation séduisent. On se pâme de plaisir au son sautillant de « Can’t get through to my Head ». L’album est conçu avec audace, enchaînant sans temps morts, créant des tubes immédiats (« Wish that she’d Come Back », « Watching the News gives Me the Blues », « It’s Allright ») qu’on jurerait avoir entendus dans les années 1960, 1970, 1980 ou même l’an passé, convoquant cette fougue présente dans le premier B52’s (« Someone Else is in Contro » ».

C’est rock, funky, ils empruntent à de la mauvaise surf music (celle qui ne se prend pas la tête et en appelle au farniente et à l’abandon) ou des chutes de démo des White Stripes revitalisées par le psychédélisme de plusieurs parties qui se mettent à délirer et à sentir le live de fin de nuit (« Thick Skin »). Quand on s’est fait à leur guitare et au dynamisme des parties rythmiques (basse dachitique, batterie réduite au minimum), c’est le synthé qui crache ses drôles de notules science-fiction.
C’est frais, juvénile,mal foutu mais, en en même temps, très professionnel : voilà un combo de Brooklyn qui sait déjà où il veut aller et comment s’y prendre pour le faire.

***1/2

23 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Chemtrail: « Collider »

Chemtrail est un combo post-rock formé en 2006 et originaire du New Jersey. Comme beaucoup, ses membres ont une palette d’influences assez large et essaient tant bien que mal de faire cohabiter les idées d’autant que l’absence de vocaux libère forcément est espace libre.

Ainsi, « Void Crawler » sera une longue suite aux riffs lancinants, à l’ambiance pesante et menaçante, très cinématographique. Excellente entrée en matière en tout cas mais qui peut mettre sur une mauvaise piste. « Young Warrior » avance, en effet, sous des cieux plus cléments, mais s’avère beaucoup plus classique et moins marquant  ce qui est dommage car c’est en un des titres les plus longs de l’album.

« Frozen Dream » sera une bulle, une parenthèse très ambient  et « Safe passage » jouera avec la lumière en la cherchant, la reflètant, la glorifiant. « Tiger cage », en revanche, nous fera redescendre sur terre : il s’agit d’un titre ambient, gothique, rampant et sombre comme on peut les aimer. On arrivera ensuite au morceau-titre, épopée claire-obscure puissante et épique conçue comme un voyage. « Parameters » se la joue eighties et ambient et, enfin, « Thrasher » ne porte pas vraiment bien son titre, jouant dans la même catégorie que « Safe Passage ». Au final, Collider est un disque varié et assez riche, mais sa versatilité joue contre lui.

***

23 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire