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Delany: « Mission Creep »

On va éviter l’exégèse historique (celle de Fields Of The Nephilim puis de Rubicon et Carl McCoy) qui a abouti à Mission Creep de Delany. Tout au plus peut-elle nous indiquer la direction prise par le chanteur dans le genre gothique dur cet opus qui repreds dans son line-up beacoup des musiciens impliqué dans ces péripéties musicales.
Mission Creep est un disque cohérent. La forme, les structures sont de facture classique. Le groupe est bien mis en place et l’écriture assez resserrée. Le léger éraillement de la voix ramène forcément au souvenir de Rubicon, quoique le chant paraisse plus géré aujourd’hui, maîtrisé. Ce constat posé, Delany n’essaie pas frontalement de reproduire les ambiances propres à What Starts, Ends. Du temps de Rubicon, il n’avait pas ce recul, n’était pas dans cette gestion-là. La foudre parlait, au risque du débordement : la voix en faisait parfois trop, à manger l’espace plutôt qu’à toujours se cadrer. Delany, faut-il le rappeler, avait les cheveux longs en 1992. Depuis, le sel a mis son grain.
De débordement, il n’est point question sur
Mission Creep : l’énergie est là, contenue. La voix est à sa place, et ses mélodies impactent sensiblement plus qu’au début des années 1990. Flagrant, notamment en comparaison d’un Room 101, second opus de Rubicon (1995) où Delany semblait chercher sa place autant que le groupe se cherchait lui-même. Au bilan, artistiquement, la métallisation aura davantage réussi à McCoy.


Mais la qualité du chant sur
Mission Creep doit aussi et sans aucun doute quelque chose à d’autres choix : celui notamment de baisser la tonalité de la plupart des titres par rapport aux prises originelles, ce qui obligea Andy à refaire. L’histoire de l’enregistrement est dans le livret – une histoire de désir et d’ambition à méditer et surtout, à respecter.
Mission Creep, au bilan, est un disque tout sauf extrême. On a le coup de cœur pour les mid-tempi aux relents héroïques (« Mission Cree », « Oceans Rise », « Hide ») »par préférence à quelques ballades crooneuses : « All Change » » par exemple, qui un brin académique, garde au moins le mérite d’instaurer une pause dans cette collection. La respiration est d’ailleurs ce qui caractérisera sa globalité. Ne s’installe jamais le sentiment qu’il y aurait trop de choses. Le son, en outre, est assez brillant pour une production assurée en autonomie. Un son plus classique que celui du premier Rubicon, resté finalement assez spécifique, mais une force intérieure et propre à Mission Creep demeure.
Ne jamais renoncer à exister, c’est la leçon. Voici le fruit d’un nouveau combat, comme un acte de survie. Un acte d’une accessibilité supérieure mais d’une nature et d’une symbolique similaires, finalement, à celles de
What Starts, Ends, le premier album de Rubicon.

***1/2

20 juillet 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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