Roy Montgomery: « Suffuse »

En 2016, Roy Montgomery avait effectué son grand retour avec son album R.M.H.Q: Headquarters qui prouvait qu’il n’avait rien perdu de son talent. Continuant sur cette lancée, le musicien néo-zélandais récidive quelques années avec Suffuse.

Si son album précédent mettait sa propre voix au premier plan, pour Suffuse, il préfère reléguer celle-ci à des invités de marque et qu’il tente de nous captiveravec ses compositions drone-folk dont seul lui a le secret. Il ne sera donc pas incongru de croiser des talents extérieures qui prêtent leur voix notamment Haley Fohr de Circuit des Yeux qui ouvre le bal sur le magnétique « Apparition » ou encore She Keeps Bees qui prend le relais avec « Rain Bird ».

Les voix féminines seront l’atout principal de cet opus. Onnotera ainsi Katie Von Schleicher sur « Outsider » et on se laissea emporter par ces compositions venues d’ailleurs qui nous transporteront loin très loin. Il ne manquera plus que la patte si spéciale de Liz Harris de Grouper pour clôturer ce voyage si spécial avec un « Landfall » en guise de conclusion pour que Roy Montgomery montre qu’il est un musicien possèdant toujours son talent infaillible.

***1/2

Adam Remnant: « Sourwood »

Adam Remnant est la voix du groupe Southeast Engine, une formation indie folk-rock d’Athens qui a connu une petite renommée et publié quelques disques passé, pour l’eesentiel, inaperçus. Son leader qui décide de se lancer en solo avec son premier album Sourwood paru deux ans après un « debut » EP.

Remnant y balance tout ce qu’il a sur le cœur depuis toutes ces années mais en le faisant avec grâce et béatitude. Moins philosophique au niveau des textes et plus personnel, il continue son ascension avec des compositions indie folk envoûtantes comme la sublime introduction nommée « She Has A Way Of Finding Out ».

Dès lors, un voyage paisible se poursuivra avec des titres agréables à l’ecoute comme « Somewhere Else Tonight », « Cross You Bear » et autres « Carpenter’s Daughter » où notre auteur se porte témoin de ces cette décennie aprouvante.

On aura, ainsi, l’impression de revivre les épisodes qu’a vécu Adam Remnant notamment sur les poignants et personnels « Giver of Life » et « Ohio » sans oublier la pièce maîtresse de 7 minutes 30 qui donne son titre à l’album. Sourwood est un très beau premier opus où le membre de Southeast Engine arrive à ouvrir à son auditoire sans pudeur mais avec distinction.

***1/2

Magna Pia: « Daiauna »

Moitié du duo techno Cassegrain, au cotés d’Alex Tsiridis, le compositeur turc Hüseyin Evirgen alias Magna Pia combine les sonorités du piano à une électronique instable et mouvante, faisant le pont entre mélodies hypnotiques et décharges énergétiques souterraines.

Daiauna trouve son origine dans la connection entre les diverses religions, où le Dieu de la fertilité, de la nature, de la sexualité, mais aussi de la vie et de la mort, est unique. Force toute puissante dont on ressent chaque mouvement, chaque pulsation tout au long de l’album.

Magna Pia dispose les éléments en couches superposées, excavant dans les profondeurs pour y dissimuler des motifs chargés d’écho et de réverbérations, de frottements et de notes à la suspension flottante. Le temps se contracte pour unir des dimensions à priori opposées, qui trouvent leur équilibre au contact les unes des autres, imposant leur force intrinsèque à travers des vagues tachées de noirceur et d’obscurité menaçante. Paganisme et/pu animisme très fortement conseillés.

***1/2