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Pony Bradshaw: « Sudden Opera »

LAmericana est un genre particulièrement captivant quand elle va puiser son inspiration du côté torturé de l’âme humaine. Pony Bradshaw, alias James Bradshaw dans la vraie vie, semble traîner avec lui un certain nombre de casseroles et de cadavres dans le placard qui ont besoin d’être exorcisés. Bradshaw a, en outre, tourné avec Social Distortion et Mike Ness. Tout cela fait pas mal de points dans la balance pour l’écoute et l’adoption de ce premier album de l’Américain et cela c’est avant même de prêter oreille à ce disque.

C’est « Van Gogh » qui nous accueillera et on y trouvera tout de suite tous les ingrédients qui vont faire de ce Sudden Opera un très bon disque du genre ; une musicalité blues / americana / pop / folk qui prend le meilleur des mondes, une voix touchante, une élégance de tous les instants, une sobriété groovy.

Des 12 titres de ce premier opus on aura du mal à en écarter un ou en changer une note, un arrangement, tant tout a été fait dans les règles de l’art. Des choeurs country / soul viennent appuyer des titres où la mélancolie, le groove et les aspects pop cohabitent sans mal. C’est beau, c’est sensible, et ça ne souffre d’aucun défaut. Une raison de plus pour se délecter de cet excellent album.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Drab Majesty: « Modern Mirror »

Présenté comme une réinterprétation moderne du mythe de Narcisse selon Ovide, le nouvel album de Drab Majesty avait de quoi intriguer. Le duo formé par Deb DeMure et Mona D souhaitait partir de cette histoire, aussi célèbre que tragique explorer la problématique de l’identité et les manières dont celle-ci peut se retrouver déformée notamment par l’influence des nouvelles technologies.
L’idée pouvait paraître risquée, mais la première écoute est immédiatement rassurante : loin d’être un concept album pompeux,
Modern Mirror est la fusion parfaite entre la mélancolie de Careless (2015) et la froideur de The Demonstration (2017). On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la renommée de Drab Majesty : les lignes de guitares mélodiques, une bonne dose de réverb et des plages de synthés 80’s bien senties. Ces éléments se retrouvent distillés de manière très équilibrée pour aboutir à un disque cohérent de bout en bout, à la production impeccable.


Cet équilibre se retrouve aussi dans l’alternance entre des titres très dansants (« The other Side », « Dolls in the Dar
k ») et d’autres qui sont plus dans l’émotion. Le premier « single » « Ellipsis » est un véritable tube avec un refrain hyper accrocheur et un final en apothéose alors que la chanson d’après, « Noise of the Void », est une sublime ballade dotée d’une magnifique mélodie où tous les éléments viennent parfaitement se combiner. On peut aussi évoquer le diablement efficace « Oxytocin »sur lequel Mona D pose sa voix qui contrebalancera celle de « Long Division », très beau titre où Deb évoque une relation dans laquelle l’un des protagonistes s’est perdu à trop vouloir s’accommoder avec l’autre.
En huit titres et un peu plus de quarante minutes, le groupe de Los Angeles arrive a capté l’auditeur du début à la fin et à l’entraîner dans son univers si particulier qui le distingue du reste de la mouvance darkwave. Grâce à un sens inné de la mélodie et à un romantisme noir qui transparaît dans chaque titre, Drab Majesty présente son album le plus abouti à ce jour.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ava: « Waves »

Ava est un jeune duo féminin basé à mi-chemin entre l’Irlande et l’Allemagne. Composé de l’Allemande Anna Phoebe (violon) et de l’Irlandaise Aisling Brouwer (piano), elles sont du genre à captiver l’auditeur avec leur musique néo-classique instrumentale comme le prouve leur premier album nommé Waves.

Composé de 10 titres, Ava puise leurs forces vers des influences cinématographiques. Sans aucune fioriture et aucun artifice, le duo européen arrive à fournir un panel d’émotions à travers ces arrangements qui ont de quoi rappeler les bandes-originales de Hans Zimmer (d’une part parce que la pianiste Aisling a composé des bandes sons pour BBC et Channel 4).

Le jeu entre piano et violon sera à son apogée avec des morceaux allant de « In Motion » à « Deep Blue » en passant par les touchants « Voyager », « Resistance » et « Into The Deep » où l’on voit défiler une multitude de paysages. Ava se fait une place sur la scène néo-classique avec un premier album résolument cinématographique et fort en sensations auditives.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wand: « Laughing Matter »

Laughing Matter est le cinquième album de ce groupe plutôt prolifique (cinq albums depuis 2013), qui à commencé en officiant dans la mouvance du rock garage. Rien à voir ici ou presque avec les début donc, et une simple écoute le confirmera. L’album, malgré quelques moments de bravoures gavé de distorstion, fait la belle part à une musique presque pop, rafraîchissante, aux accents digne de Radiohead, parfois. Ici et là, un violon introductif, ou encore une chanson uniquement en guitare sèche.

Un opus qui est un bonheur à écouter, avec un diamant comme « Airplane » ou la voix de Cory Hanson, touchante de sensibilité et transpirant l’émotion. Un bel ajout à une discographie déjà conséquente.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ahio: « Outlands »

Ahio est un intéressant duo de compositeurs/musiciens venu de Finlnde qui s’amuse  à mélanger la musique électronique de chez eux (entendez par là, quelques chose d’assez froid, lent et contemplatif) avec des sonorité venue d’Afrique , mixés à des bruits de machines, dans des boucles obsédantes. Mais le résumé ne rend pas honneur  à un disque qui est une curiosité musicale.

Une rythmique machinique étrange semble soutenir l’album, comme les ronflement d’un moteur, ou le cadencement d’une machine outil. Pourtant, derrière, c’est bien de longue plages de synthé, organique, qui façonne le reste des morceaux.  Cette dualité est présente durant tout l’album ou presque, obligeant l’auditeur à prendre son mal en patience, à écouter attentivement la musique pour y déceler tout ce qui s’y cache, à savoir un univers. Alors simple album ? musique de film ? De jeu vidéo ? C’est un peu tout à la fois, et plus encore.

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12 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Tim Hecker: « Anoyo »

Huit mois après Konoyo, ce sont des mêmes sessions d’enregistrement que provient Anoyo, nouvel album de Tim Hecker, à nouveau conçu avec le même quatuor de musique traditionnelle japonaise, donc. Cet opus se fait plus épuré et plus gracieux que son prédécesseur. En effet, les nappes d’arrière-plan s’y font moins présentes et moins enveloppantes, si bien qu’on distingue très précisément ryūteki (sorte de flûte traversière) et hichiriki (forme de hautbois court) sur l’introductif « That World » ou bien l’uchimono, cette percussion assez sourde sur « Is But A Simulated Blur » et « Not Alone. »

Avec leur aspect assez aigu, les instruments à vent japonais permettent d’entraîner certaines compositions vers des rivages un peu psyché, propres à susciter une forme de méditation transcendantale, positionnement auquel répond alors l’électronique de Tim Hecker et son jeu de synthé « (Into The Void »). Cette électronique prend, en fin de disque, le dessus sur les instruments japonais pour un « You Never Were » plus expérimental, dans lequel affleurent tout juste quelques interventions d’un des instruments à vent.

Au total, l’écoute d’Anoyo réconcilie avec Tim Hecker et, en même temps, fait vraiment regretter qu’il ait choisi d’opérer dans un registre de pure ambient, très dense et homogène précédemment.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Deaf Wish: « Lithium Zion »

Deaf Wish a fait ses premiers pas il y a une dizaine d’annés et, depuis, le groupe domine la scène indie australienne. On avait laissé le quatuor de Melbourne avec un Pain paru en 2015 à la hauteur de nos attentes et les voici donc de retour avec un nouvel opus intitulé Lithium Zion.

Et c’est reparti pour une bonne dose de rock’n’roll avec un quatuor qui semble ne pas navoir perdu la main. Dès le premier titre « Easy », Deaf Wish remet les pendules à l’heure et compte nous assommer comme auparavant avec leur noise-rock digne de Sonic Youth et Sebadoh à l’écoute d’autres trouvailles à l’image de « Metal Carnage », « The Rat Is Back » et autres « Deep Blue Cheated ».

A l’écoute de Lithium Zion, il est clair que la comparaison avec Sonic Youth est plus que palpable. Entre riffs grésillants entre fuzz, larsens et pédale wah-wah, chant féminin enragé alternant avec chant masculin plus contrôlé et cette ambiance bien tendue, il n’y a qu’un pas mais Deaf Wish fait part de son originalité à l’écoute de « Ox » et de « Afraid For You ». Il ne manque plus qu’un « Smoke » en guise de clôture où l’urgence reste présente du début à la fin.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mike Pace and The Child Actors: « Smooth Sailing »

En 2015, Mike Pace avait publié son album Best Boy qui fut un cocktail de « feelgood pop ». Depuis, l’auteur-compositeur-interprète new-yorkais a tracé sa route avec d’autres sorties et, cette fois-ci, il revient avec son groupe The Child Actors et un nouvel album intitulé Smooth Sailing.

Pour cet opus, Mike Pace and The Child Actors a décidé d’entreprendre un virage musical plutôt intéressant. On y croisera l’ombre de Todd Rundgren et des influences rock progressif digne des années 1970 à l’image du titre d’ouverture intitulé « Everyone Out Of The Car » qui a de quoi faire penser à The Psychedelic Furs mais également « Senior Statesman » et « Escape The Noise ».

Le groupe new-yorkais nous embarque dans un univers psychédélique bien cotonneux et avec classe et distinction. Que ce soit sur la synthpop de « Service Merchandise » qui nous transporte vers la prochaine décennie ou des plus traditionnels « Troubleshooting » et « Business In Bermuda », Mike Pace and The Child Actors nous embarque dans un voyage vers le passé sans tomber dans le suranné. Avec un Smooth Sailing qui porte bien son nom, les années 1970 n’ont jamais sonné aussi actuelle.

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12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Richard Reed Parry: « Quiet River of Dust Vol. 2 : That Side of the River »

Les œuvres en deux volets peuvent s’avérer une arme à double tranchant. Parfois, le premier tome crée des attentes que le second n’arrive pas à combler. Les deux doivent aussi pouvoir vivre l’un sans l’autre tout en formant un tout. C’est ainsi que Richard Reed Parry lançait récemment la suite de son album Quiet River of Dust, paru en septembre dernier. Comment allait-elle se comparer au chapitre initial?

D’abord, sur le plan de la cohérence, Parry peut dire mission accomplie. Le multi-instrumentiste et membre d’Arcade Fire signe ici un album qui s’avère une suite tout à fait logique au premier volume. On reste dans le même registre planant et atmosphérique, quelque part entre le psychédélisme ambiant et un petit côté nouvel-âge qui ne plaira pas nécessairement à tout le monde. C’est de la musique qui prend son temps et qui invite à l’introspection, comme sur la longue « Where Did I Go », où les sonorités semblent nous provenir des fonds marins, tandis que Parry se remémore son enfance et la mort de son père alors qu’il n’était âgé que de 17 ans.

La thématique aquatique est encore présente sur ce deuxième chapitre, auquel Parry a donné le sous-titre That Side of the River. D’abord dans les textures et le traitement des instruments, mais aussi dans les textes qui jouent sur les métaphores comme les vagues, le courant ou les marées. La musique elle-même semble se mouvoir à la manière d’une rivière. C’est le cas sur la délicate « Heaeven for Meg », où les arpèges de guitare s’écoulent doucement. À d’autres moments, c’est le traitement électronique des sons qui renvoie au thème de l’eau, comme sur « Lost in the Waves ».

Si Quiet River of Dust Vol. 1 se caractérisait par une influence marquée des grands noms de la chanson folk britannique comme Bert Jansch ou Nick Drake, on sent que Parry a voulu s’abreuver à d’autres sources ici. En fait, s’il y a un aspect sur lequel ce deuxième tome se démarque du premier, c’est dans la puissance des orchestrations et les montées d’intensité. Le côté folk est encore très présent bien sûr, sauf qu’il est apprêté de façon à rappeler le travail d’un Sufjan Stevens, par exemple. La chanson « In a Momen »t en fournit une illustration particulièrement éloquente, elle qui commence à la manière d’une complainte intimiste, avec de délicates harmonies vocales fournies par Dallas Good des Sadies, pour se terminer en un puissant crescendo.

Ce deuxième volume semble aussi très influencé, consciemment ou non, par le travail de Mike Oldfield, et en particulier son album Ommadawn, paru en 1975. Sur ce disque, le créateur de Tubular Bells avait opté pour une instrumentation différente, intégrant notamment des éléments de musique celtique et des percussions africaines pour une facture beaucoup plus folk que rock, finalement.Difficile de savoir si Parry est familier avec cet album, mais des morceaux comme « The Fiddlers Play », « Throw a Cup of Water « ou « Long Way Back » laissent présager une certaine filiation dans cette symbiose réussie entre folk, musique du monde et rock symphonique.

Plus direct, plus concis aussi dans les idées et plus ambitieux dans ses climax, ce deuxième volume de Quiet River of Dust pourrait rallier ceux et celles qui avaient trouvé le premier tome un brin trop ésotérique à leur goût. Cela ne veut pas dire que Parry évite tous les écueils sur sa route. Il y a encore des longueurs, particulièrement en milieu d’album, et certains passages s’avèrent encore un peu trop vaporeux. Mais rien qui ne vienne gâcher l’expérience d’écoute.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Amanda Shires: « To The Sunset »

Amanda Shires est, au même titre que Kacey Musgraves, dans les circuits country-folk depuis un certain temps et elle revient ici avec un septième album nommé To The Sunset. Le disque est produit par Jason Isbell, soit le mari de la principale concernée. Amanda Shires a décid, cette fois-ci, de monter un peu son niveau avec ses compositions country teintées d’Americana.

On en sentira tout de suite la différence à l’écoute des morceaux comme « Parking Lot Pirouette » qui ouvre le bal mais encore les riffs dignes du college rock des années 1980 de « Leave It Alone » ou le plus rock’n’roll « Break Out The Champagne ».

Sa récente maternité lui a fait ouvrir les yeux et de nouvelles perspectives sur To The Sunset et Amanda Shires s’y sent plus revigorée que jamais. Cela s’entendra sur le méditatif « Charms » joué au ukulélé mais encore « Take On The Dark » et « White Feather ». Ce septième disque est celui d’une transition qui lui ouvre d’autres d’horizons sur son avenir.

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12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire