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Moses: « New Mood »

Ce disques de 2017 était injustement passé sous les radars. New Mood est un opus de tradition rock et post rock, d’honnête facture, et tout emprunt de cette mélancolie qui colle à la peau des groupes du genre.

Chansons un peu triste sans être larmoyantes, gimmicks dignes de Foals, ceux de la bonne période, et indubitablement, une envie certaine, qu’on retrouve sur toute la longueur de l’album.

Celui-ci n’est, certes pas, l’étendard du renouveau de genre, mais il n’en ai pas moins un disque de bonne facture porté qu’il est par des musiciens inspirés. Très voisin de l’ambient, il prodiguera une pause de tranquillité tout aussi nécessaire que bienvenue.

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10 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Pouya Pour-Amin: « Prison Episodes »

Collaborateur aux cotés de Sara Bigdeli Shamloo et Nima Aghiani ( 9T Antiope) au sein de la formation Migrain Sq., l’artiste multi-instrumentiste iranien Pouya Pour-Amin nous met face à l’horreur de la prison, avec ses moments de trouble, de torture, de douleur, d’espoir et de cassure.

Prison Episodes est une plongée viscérale dans un monde qui parait inimaginable pour ceux qui n’ont pas vécu l’incarcération, monde à part où tout semble se dérober sous nos pieds, avec ses quatre murs pour toute forme de compagnie.

Pouya Pour-Amin met en musique l’impensable, comblant le vide par des litanies à l’intériorité pleine d’humanité, l’écho n’étant que le son du souffle que l’on attend de l’autre, source de communication et d’interaction. Les sept titres résonnent sur des débris de chair enroulés dans un amas de pierre, avec ses instants suspendus et ses spasmes emplis de tragédie et de peur, de douleur infectieuse et de beauté menaçante.

Les instruments déversent dans le vide des mélodies cherchant à éveiller ce quelque chose qui échapperait à la folie des hommes, monde tragique aux destinées prises entre les maillons de forces obscures. Prison Episodes ne sombre jamais dans le cliché, flirtant avec l’abstraction et la poésie, la méditation et le divin. Sublime.

***1/2

10 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Holy Similaun: « Hegenrax »

De son passé punk, Alberto Bertelli alias Holy Similaun a gardé l’attitude, celle de faire comme bon lui semble et de créer un univers loin des standards.

Avec Hegenrax, il allie percussions déstructurées sur « Expell » pour bifurquer par la suite vers des contrées nues, où le classicisme de « R-E-S » vient clore en beauté son quatre titres.

Adoubé par Aphex Twin qui a intégré ses tracks dans ses DJ sets, Holy Similaun n’est pas sans évoquer un mélange de Lotic et de Arca, dont les atmosphères abstraites s’élèvent de terre, pour s’enfoncer dans des suaires maculés du rêve de machines, cherchant à se muer en être de chair et de sang.

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10 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Nodding God: « Play Wooden Child »

Nodding God est un projet dark-folk, celui de David Tibet, conjugué à une langueur cosmique telle qu’elle est véhiculée parJim G. Thirlwell. Entre outre espace et étiolement un brin érotique l’unié du disque restera néanmoins palpable.

Les nappes et notes rétro faisant l’ossature de chacun des titres, sans réel décollage dans le rythme. Des boucles à vocation semihypnotiques, les voix traitées avec échos et saturations, des sortes de couplets/breaks en tonalités plus élevées. Des mélodies « Bontempi » valables pour des émulations de retro-gaming cradingues, ça peut rebuter.

Bizarrement, alors que ça pourrait être vain, on se plaît à voyager dans cette touffeur décalée, second degré et de troisième zone sur le plan de l’histoire des musiques sombres. Le disque a été intégralement joué, agrémenté de projections vidéo et de lasers (voir la vidéo postée par Nodding God ci-dessous) le 11 mai dernier à Islington. Quelques passages mélancoliques aux harmonies étranges sèment leurs notes aux confins du cerveau reptilien ; les moments les plus longs sont ceux qui installent et déploient cet univers, le rendent tangible (« Salamander Candy »). Un troisième larron, fils de Satan, est évoqué, mais la pression policière rend sa présence incertaine… La liberté créatrice est aussi dans une expression foutraque à la limite de la folie douce.

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10 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Grace Lightman: « Silver Eater »

Grace Lightman pourrait s’inscrire, au même titre que d’autres (Self Esteem, Pixx, SOAK, Rosie Lowe, She Drew The Gun…) dans ce qu’on nomme la « British Girl Invasion ». Son premier album, Silver Eater, en porte, en effet, toutes les marques dans cette démarche qui constitue à casser tous les codes et de caser sur son disque rock, électro, hip-hop ou pop.

Grace Lightman nous offre quand même un petit plus ; des claviers vintages, tout droit sortis de Stranger Things et une mélodie légèrement dissonante qui peut rappeler Kate Bush.

Plus loin, « Zero Impact » et « Aztec Level » s’avèrent des « singles » dansants, efficaces et avec un zeste de bizarrerie suffisant pour garder le tout intéressant. Quant aux ballades, les très réussies « An Ordinary Life », « Silver Eater » ou « Faultless » viennent également cueillir l’auditeur par leurs arabesques mélodiques et leurs arrangements aventureux.

Proposer une musique immédiatement accessible mais artistiquement ambitieuse. Elle mêlera sans complexe des mélodies pop et soul à des sonorités modernes et expérimentales : synthés, boucles rythmiques, percussions à gogo… De l’efficacité à défaut d’avoir une âme.

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10 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire