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Jill Tracy: « Diabolical Streak »

Jill Tracy est une artiste américaine oeuvrant dans un genre nommé neo-cabaret. Autant dire qu’on se situe ici dans une niche de niche, quelque part entre entre la pop baroque, le dark jazz et la country gothique. Piano, voix et cordes se partagent la vedette. c’est peu mais c’est largement assez pour installer une ambiance unique, noire et décadente. C’est la plusieurs fois récompensée « Evil night together » qui entame la marche (funèbre), mais l’ordre ne revêt ici que peu d’importance ; chaque titre est bon.

Diabolical Streak aurait très bien pu constituer la bande son de la série Twin Peaks, ou celle d’un film noir mêlant empoisonnement, trahison et meurtre crapuleux. Jill Tracy est un peu une Tori Amos née du mauvais côté de la barrière ; celle qui sépare les chanteuses pop un peu déjantées des amantes de la nuit s’abreuvant d’histoires macabres. Pour la première fois sur ce disque accompagnée de son Malcontent Orchestra, elle signe une œuvre homogène, belle et vénéneuse, à l’élégance inspirée des années 30 imparable. Bref, une curiosité à découvrir.

****1/2

8 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bastard Disco: « China Shipping »

Bastard Disco est un combo polonais qui, malgré son patronyme, est bien éloigné dudit disco. Si on pousse bien fort le volume de ce China Shipping on aura droit à un «  Clear! » qui cognera avec son rock agité, tapageur alors que, juste avant, « Sophia » auré présenté un groupe entre retenue et giclée, massif et riffant.

Attiré par une entrée en matière, on se dit déjà qu’il faudra ne pas sous estimer, nos gaillards. « FutureCcrimes », noisy, leste et mélodieux mais avec une certaine débauche sonore, nous le confirme. Tumultueux, il précèdeea « Time Traveller » qui mènera sa barque entre mélopée soignée, allant incoercible et dérapages sonores. Bastard Disco fait ses preuves et signe pour le coup un début magistral. Passé le « Clear! », «  Shining Confidence » brillera par sa subtilité ; une sagesse qui s’encanaillera très vite tout en conservant des aspects mélodiques.

Les influences sont multiples mais jamais criantes. « Ministry of Self-Defence » sera noisy à tout-va, « Game of Patriots » haussera la cadence, et malmènera les ritournelles. On peut faire, aussi, dans le sensible saccadé (« Sink or Swim ») et, si Bastard Disco se montre agité, il proposera des mélodies qu’on retiendra.

Sur « B-side On », l’attaque sera encore plus proche et elle imposera un rythme galopant. La conclusion est bonne, comme le reste. Elle fait du bruit, elle te renvoie en terres 90’s, elle bousille les mélodies sans les abîmer, les préserve en les déchirant. Ce faisant, Yuri Kasianenko et sa troupe laissent derrière eux un disque à écouter en poussant les curseurs plus haut dans l’intensif et le mélodieux sans pour autant céder à la facilité.

***

8 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Eko & Vinda Folio: « Therapy »

Avec Eko & Vinda Folio, surprise viennent de Géorgie, de Tbilissi plus exactement et leur Therapy est faite de noirceur mesurée et de finesse portant à l’ivresse. Appuyée comme le sont les morceaux de Motorama, la cold-wave de Temo Ezugbaia et Erekle Deisadze bénéficie de plus d’un exotisme notoire résultant du recours à leur langue. Therapy l’illustre bien par une pochette stylée qui attirera l’auditeur potentiel. « Endlessly » confirme ensuite l’attraction froide et poppy exercée par les 2 hommes. S’ils considèrent la musique comme un vecteur d’émancipation sociale, il nous font dans le même temps le plus grand bien. « Ramble Around » et ses sons en vagues faisant du trio introductif une amorce à la belle écorce, magnifiée ici par un saxo. Le charme glacé opère déjà.On succombera tout autant aux notes d’  «OutTthere », à un « Nislian »i porté par les mêmes atouts que les morceaux qui l’entourent.

Avec simplicité, en répétant des sons et climats qui nous possèdent, Eko & Vinda Folio plaît grandement. Il se fera plus lent sur «Emotionally Captive » sans y perdre en séduction. « Me as a Sound » renouera avec un format cold alerte, sombre, oui, mais fin dans ses penchants « hivernaux ». Ce groupe est une révélation, son « Lucid Thoughts » est lui aussi plus modéré mais porteur et significatif.

Sur la fin, « He was all of Them » portera plus haut encore l’étendard cold. Rude, truffé de sons qui fusent et fuzzent, il élève un disque d’ores et déjà excellent et les guitares, mordantes, feront merveille. Enfin, « Holding a Brick II » mettra en scène ces mêmes six cordes bavardes, alliées avec brio à un chant grave. La messe cold est dite et Therapy, illuminera si l’on peut dire, au vu de sa coloration à dominante grise, la rentrée musicale d’ici et d’ailleurs.

***1/2

8 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire