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2 8 1 4: « Lost Fragments »

Il a fallu deux albums – coup sur coup Birth of a New Day (2015) et Rain Temple, (2016) pour propulser le duo anglo-américain 2 8 1 4 au firmament du courant vaporwave, ce fourre-tout pléthorique où le génie frôle l’imposture de producteurs plus obscurs les uns que les autres, alignant au km tous les gimmicks du genre : percussions tranchantes, ralentissement de voix et de mélodies donnant à toutes sortes de morceaux oubliés, easy-listening, jingles publicitaires, tubes mainstream, une tonalité sirupeuse et une allure méconnaissable.

La musique de 2 8 1 4 n’a peut-être pas grand chose à voir avec la critique du capitalisme et de l’hyper-consommation qui sert de caution intellectuelle au genre. Ce duo a trouvé une nouvelle alchimie, à la fois profonde, accrocheuse, et livré des pépites ambient d’une formidable beauté. S’ils recyclent la vidéo-culture des années 80, l’esthétique futuriste (aujourd’hui rétro) du cultissime Blade Runner, à coups de typos et noms sous influence asiate, images glauques, néons mauves fluorescents dégoulinant de pluie toxique (« Eyes Of The Temple »), c’est leur univers qui l’emporte sur les évocations et références : quelque chose de fusionnel, sensuel et mystérieux, nostalgique.

Voici à nouveau leur son intact dès le premier titre, « 2 8 1 4 Love Affair », en forme de « résumé des épisodes précédents » : une ligne de synthé répétitive, simple, sombre, dramatique. Le suivant « Arcadia », ample et mélodieux, étonne agréablement par ses castagnettes électroniques. Le troisième revient aux sources de leur style, avec des percussions métalliques sur une belle nappe ondoyante. Petite baisse de régime au milieu, avec un « Before Contact » à la coloration dub entendue ailleurs. En pièce maitresse, le final « End And Beginning, » qui fait subir à un rythme loungesque et chaloupé les traitements magiques dont le duo a le secret.

2 8 1 4 se réinvente par endroits mais l’impression est celle d’une grand marque qui – pour ne pas trop brusquer ses fans – ne modifie qu’à la marge sa superbe identité sonore.

***1/2

6 juillet 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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